Focus Export : pour l’international, tout se décide à Poligny (mai 2019)

(publié le 15 mai 2019)

La commission Export avec les ambassadeurs anglais (MBA), allemands (WA. Schuster) et belges (Sopexa) du Comté.

18 % du budget du CIGC est utilisé pour promouvoir le Comté à l’international. Depuis le Jura, la commission « Export » articule cette communication.

Depuis Poligny, une quinzaine de producteurs et représentants de maisons d'affi nage pilotent les actions de communication de la filière Comté en Allemagne, en Belgique, en Angleterre, aux Etats-Unis et au Japon. Ces administrateurs, membres de la commission "Export" présidée par Thierry Pate, définissent ensemble les missions des cinq agences locales qui font la promotion du Comté à l'étranger. Récemment, les agences anglaise, belge et allemande sont venues présenter leurs actions 2018 et proposer de nouveaux événements pour 2019. Une rencontre sous le signe du brassage culturel et linguistique !
Les agences utilisent de nombreux vecteurs de communication pour diffuser des messages sur le Comté, adaptés à la culture de chaque pays : réseaux sociaux, publicités dans les magazines, relations avec la presse et les bloggeurs, actualisation du site internet et newsletters, participation à des salons et événements autour du Comté, promotion sur les lieux de vente, etc.
Comme en France, les idées de recettes adaptées à la gastronomie locale obtiennent un franc succès. Mais si les Allemands semblent très friands de la presse magazine, les Anglais sont définitivement adeptes des réseaux sociaux et des vidéos de chefs connus vantant les mérites du Comté ! Côté belge, l'accent est mis, tant sur la Flandre que la Wallonie, sur la rencontre avec les consommateurs autour "d'apéros Comté" et d'autres rendez-vous privilégiés. Pas de doute, le Comté plaît dans toutes les langues !

«Créer un pont entre la culture du pays et celle du Comté»

Aurélia Chimier.

Faire face aux enjeux économiques, sociaux et politiques de chaque pays est crucial pour communiquer à l’export. Zoom avec Aurélia Chimier.

> Chaque pays dispose de sa propre culture, de ses codes et vecteurs de communication. Comment gérez-vous cela ?
Nous nous appuyons sur des agences implantées dans chaque pays. L’approche locale favorise notre connaissance des marchés, des prescripteurs et facilite l'intégration du Comté dans la culture consommateurs. Le Japon, à la culture très éloignée de nos habitudes occidentales, est l'exemple frappant : l'agence crée un pont entre nos deux cultures. Nous débutons par une approche terrain, avant de définir un plan stratégique avec l'agence.

> Quelle est l’influence des bloggeurs sur l’image du Comté à l’export ?
Les influenceurs, qu'ils soient bloggeurs, "celibrity chefs" ou journalistes, animent une communauté de gens qui souhaitent, par la gastronomie et l'alimentation, vivre des expériences nouvelles. Ils sont donc un bon relais pour toucher une cible élargie, alors même que le budget consacré à l'export (1,5 million d’€ sur cinq pays) ne nous permet pas de communiquer sur les médias de masse. A nous de préserver des liens forts avec eux, grâce au travail des agences et à la qualité de notre accueil sur le massif du Jura.

> Comment sont utilisés les réseaux sociaux à l’export ?
Ils nous permettent d'établir une conversation suivie et dynamique avec les "foodies", ces gens de 25 à 40 ans soucieux de la qualité de ce qu'ils mangent. La diffusion d'infos courtes mais répétées s'accompagne de belles photos, d'idées recettes, etc. Les Anglais ont une culture des réseaux sociaux très affirmée, tout comme les Japonais qui apprécient les jeux-concours.

> Doit-on s’inquiéter des conséquences de certaines décisions politiques, notamment le Brexit ?
Les réglementations sanitaires ou douanières sont surveillées de près par nos agences qui ont une mission de veille. Pour l'heure, l'impact sur notre principale cible export - les foodies, issus de catégories sociales supérieures - n'est pas visible. Il faudra cependant du recul pour analyser d'éventuelles conséquences non immédiates.

> Et l’Espagne ?
C'est notre prochain pays cible ! Les ventes sont encourageantes avec 223 t écoulées en 2018. Lancer la communication sur ce pays sera l'une des premières missions de notre futur chargé de communication export.