Jean-Jacques Bret :#"J'appartiens à cette filière"

(publié le 21 novembre 2013)

À la retraite, Jean-Jacques Bret compte consacrer un peu plus de temps au vélo, à la lecture et au chant (il connaît tout le répertoire de Barbara, Brel et Brassens)... Son autre engagement, en tant que président de l'ARIATT (Association Régional de l'Industrie Agroalimentaire et de Transfert de Technologies), lui permettra de garder un lien fort avec les entreprises franc-comtoises. (photo © CIGC/Petit)

Est-il donc si étonnant que la vie de Jean-Jacques Bret ait croisé celle de la filière Comté ?

Ses collègues de travail l'appellent « Dji-Dji ». Un surnom qui l'a suivi depuis son passage à la chambre régionale d'agriculture de Franche-Comté, où il a travaillé pendant 10 ans, d'abord au service départemental d'économie rurale, puis comme animateur du GIE lait-viande. « Un grand gaillard moustachu, plein d'entrain, qui savait mettre de l'animation... ». On s'en souvient encore dans les couloirs de la consulaire !

Puis il a fallu enfiler l'habit. Costard et cravate de rigueur. En 1983, Jean-Jacques Bret entre au CIGC comme directeur, presque comme on entre en religion, par conviction. « À l'âge de 8 ans, j'ai eu cette chance de rencontrer le scoutisme. Ce moment a illuminé toute mon enfance et je vis encoresur cette base-là. Je me souviens de la première sortie, chacun avait son sac de pique-nique, le chef a dit « Hop, on met tout au centre et on partage ». J'ai trouvé ça formidable. J'ai passé ensuite une dizaine d'années proche de la nature. ».

Après des études à l'Institut du développement économique et social à Paris, il part en coopération au Rwanda. Il y perçoit déjà l'importance de « l'appartenance ». Appartenir à une famille, à un village, à une chorale... «Ce sentiment d'appartenance est très fort dans la filière Comté, c'est une filière porteuse de valeurs, qui est extrêmement structurante et qui m'a façonné. Aujourd'hui, je mesure la chance que j'ai eue de travailler pour elle. »

Ce faux calme, qui explose facilement devant une photocopieuse en panne ou en réunion, se reconnaît le “défaut” d'être un bourreau de travail. Ceci explique peut-être cela. C'est cette énergie qu'il a mise au service de la filière Comté depuis 30 ans, faisant valoir ses principales qualités : un esprit visionnaire, et une grande rigueur intellectuelle. « L’opiniâtreté aussi, il en faut. » Et en retraite depuis quelques jours, il ne relâche pas la pression. « Je ne sais pas si je suis prêt. La retraite, c'est pour moi comme un saut dans l'inconnu. Ma vie professionnelle a débordé sur ma vie personnelle mais je n'aime pas cloisonner les deux. Dans la filière Comté, j'ai reçu beaucoup, j'ai donné beaucoup, et je me suis construit de sérieuses amitiés. »

Il admire le pouvoir de résistance de la filière Comté face à l'industrialisation, « ce peti tvillage gaulois » comme il l'appelle souvent. « C'est la volonté des hommes, une culture commune autour du Comté qui ont su sauver et construire cette filière magnifique ». Son message de départ ? Il pourrait se résumer à cette émotion partagée lors du cinquantenaire du CIGC avec les 600 personnes réunies à Déservillers, et à ces quelques mots adressés aux hommes et aux femmes qui font vivre le Comté : « Vous pouvez vous applaudir !... Vous êtes des gens merveilleux ! »

• Lire aussi le numéro spécial des Nouvelles du Comté que le CIGC a consacré à son emblématique directeur !