Sylvie Roy, affineur de père en fille

(publié le 01 février 2020)

Sylvie Roy, avec ses trois salariés, Jean-François et les deux Sébastien.

Chez les Roy, je demande la fille ! Après son grand-père et son grand-oncle en 1928, puis son père en 1968, Sylvie Roy dirige depuis 2002 la maison d’affinage de Brans.

Ici, c’est le nord Jura, les pelouses sèches, la forêt de la Serre. A Brans, petit village de quelque 200 habitants au coeur de la vallée doloise, la « fromagerie Roy » officie depuis près de 100 ans. Pas d’enseigne, une bâtisse anonyme et une voix qui lance : « Entrez, c’est ouvert ! » Un petit bout de femme aux yeux saphir vous accueille, surprise mais ravie que la filière Comté souhaite la mettre en avant dans son magazine. Souriante, la dame n’aime néanmoins pas beaucoup parler d’elle et préfère mettre les autres en avant : en premier lieu son père, Lucien Roy, pour qui elle ne tarit pas d’éloge. « J’ai repris la fromagerie en 2002, principalement par fierté pour le travail qu’il a accompli. Mon père a travaillé dur pour assurer la prospérité de son entreprise, tout comme ma mère, institutrice, qui effectuait la comptabilité de la société, en plus de son métier et de ses quatre enfants ! » L’affaire est si familiale que l’oncle maternel de Sylvie, Bernard Mamaury, a effectué toute sa carrière, dès ses 14 ans, dans les caves de Brans.

Au torchon et à la main

La Fromagerie Roy affine les fromages en blanc d’une coopérative, qu’elle vend ensuite en demi-gros. Elle effectue par ailleurs l’affinage des Comté de trois autres coopératives, dont celle voisine de Chevigny, en prestation de service.
Le Comté Roy, vendu dans le Jura, en Côte d’Or, dans le Doubs et en Meurthe-et-Moselle, est soigné comme autrefois. « J’ai trouvé mes perles rares », se réjouit Sylvie. En effet, Jean-François et les deux Sébastien frottent les meules au torchon, les retournent à la main (plus précisément au genou ou à l’épaule) et s’occupent aussi de la préparation des commandes. « Leur travail est très physique, ils sont particulièrement appliqués et consciencieux. Nous n’avons pas de robots de cave, dans notre petite structure de 5 000 places, ce ne serait pas rentable, ni possible dans les locaux actuels. » Alors, quand il s’agit d’illustrer l’article, Sylvie Roy tient absolument à ce que « les gars » soient présents sur la photo !
Dans son bureau bondé de piles de paperasse où cette titulaire d’une licence de biochimie s’occupe de la gestion administrative, une photo de son fils, Martin, 14 ans, trône au milieu des dossiers. Le week-end, quand elle en a fini avec la gestion administrative, le transport des meules et le volet commercial, elle aime aller l’encourager sur le terrain de football.