Gouvernance : un an après la réforme du CIGC#(janvier 2016)

"Acteurs de cette filière"

(publié le 02 février 2016)

Au printemps 2015, suite à la réforme des statuts du CIGC qui s’est opérée en janvier de la même année, de nouveaux délégués issus de tous les stades de production de la filière Comté ont intégré le CIGC.

Moins d’un an après, quel est leur ressenti ? 6 d’entre eux témoignent, avec un point commun entre tous : le souci de préserver cette filière et son fonctionnement pérenne, légués par les anciennes générations.

François Bugnet : "J’apprécie ces débats en dehors de tout clivage politique ou syndical"

Producteur à Roche-lès-Clerval (Doubs), Collège «Producteurs de lait», membre des commissions Technique et Information. (Photo © CIGC / Petit)

« J’étais volontaire pour faire partie du nouveau « collège agrandi » des producteurs. C’est bien de maintenir et d’améliorer les 50 ans de boulot réalisés avant nous. Je me suis installé en 2008 et je n’ai connu qu’une chose : la hausse du prix du lait. Mon père n’a jamais bénéficié de ces prix-là ! Il faut se rendre compte de l’outil laissé par les anciennes générations. J’apprécie l’esprit qui règne en commissions ; les gens sont là pour faire avancer la filière, pas pour leur clocher. Les sensibilités sont différentes, mais on travaille ensemble en dehors des clivages politiques et syndicaux. En commission Technique, c’est parfois un peu compliqué, on ne maîtrise pas tous les sujets, j’apprends beaucoup ! En ce qui concerne la commission Information, on gagne toujours à communiquer aux producteurs. Une mesure bien expliquée, et donc bien comprise dès le départ, passe toujours mieux que des rumeurs jetées dans la nature. »

Baptiste Mivelle : "J’ai toujours voulu m’engager dans la filière"

Producteur à Mignovillard (Jura), Collège «Producteurs de lait», membre de la commission Technique. (Photo © CIGC / Petit)

« Je viens de reprendre l’affaire familiale au 1er janvier 2016 et pour moi, c’était important de m’engager au sein de la filière : c’est tout de même grâce au Comté que les installations de jeunes peuvent se faire. Mes responsabilités au CIGC sont toutes nouvelles, je n’ai fait qu’une commission Technique où j’apporte le point de vue des producteurs et des JA sur les sujets traités : l’aide à l’installation des jeunes, la non-utilisation du robot de traite, etc. En commission, l’ambiance est bonne. Il y a beaucoup de monde autour de la table, c’est parfois un peu difficile de donner son point de vue, mais les débats sont sains. »

Rachel Barbier : "Je découvre les coulisses de la publicité autour du Comté"

Productrice à Epenouse (Doubs), FDCL, Collège «Transformateurs issus de la coopération», membre des commissions Technique et Publicité. (Photo © CIGC / Petit)

« Franchement, la première réunion m’a paru assez impressionnante. Je me mélangeais avec les « huiles » du Comté ! Je ne connaissais personne et je sentais une complicité entre « les anciens ». J’ai écouté, tenté de repérer qui était qui. A-t-on vraiment notre place ? Je me suis posée la question. J’appréhendais, mais plus ça va, mieux je me sens. Ce n’est pas évident à gérer : nous avons 4 enfants et sommes en GAEC avec mon mari. Je ne m’ennuyais pas ! Mais on fait du Comté avec notre lait, alors je voulais savoir un peu mieux comment la filière fonctionnait. On a pas mal de travail dans nos petites coops, mais on ne connaît pas les montants colossaux investis dans la publicité pour qu’on se développe ! J’ai découvert ce monde, une agence est venue de Paris... Je ne pensais pas que la pub pour le Comté était si importante, si compliquée ! »

Philippe Jeannin : "L’endroit où apporter une vision à long terme"

Producteur à Cize (Ain), Collège «Producteurs de lait», membre de la commission Technique. (Photo © CIGC / Petit)

« La filière Comté est notre gagne-pain, on tient à ce qu’elle fonctionne bien et rémunère correctement les producteurs. Chaque producteur est responsable de la bonne marche de cette filière, globalement bien conduite. Je représente la Confédération paysanne et cette commission Technique est l’endroit où apporter des visions sur le long terme, des idées à défendre, notamment sur la cohérence nécessaire entre productivité et contraintes environnementales par exemple. Il faut voir les choses sur le long terme et se méfier des conjonctures ponctuelles de manière à ne pas tuer la « poule aux oeufs d’or » ! Nos pratiques doivent continuer à être rigoureuses et cohérentes. En commission, personne ne colle d’étiquettes syndicales sur les individus et chacun a la possibilité de s’exprimer très librement. »

Loïc Caron : "Etre acteur de la filière pour maintenir le prix du lait"

Producteur à Vieu d’Izenave (Ain), Collège «Transformateurs issus de la coopération», membre des commissions Economique et Suivi Qualité. (Photo © CIGC / Petit)

« J'ai été sollicité par le président de ma coopérative de Saint-Martin-du-Fresne pour représenter la FDCL de l’Ain au CIGC. Je suis en GAEC, je peux donc me libérer car Poligny est à 1h30 de ma ferme ! Je trouve important d’être acteur de la filière, pour faire entendre la voix des producteurs et veiller ensemble à un maintien du prix du lait. Je suis rassuré de voir qu’avec les autres producteurs, nous sommes dans la même optique : assurer une valeur ajoutée sur le lait pour obtenir un prix rémunérateur. Les discussions sont parfois très techniques notamment sur l’économie de la filière. C’est plus facile pour les « anciens » de prendre position, même s’ils nous font sentir qu’ils sont contents que des jeunes s’investissent. Concernant la commission Suivi Qualité, on se sent vraiment très acteur : c’est là où donner notre avis sur l’application du cahier des charges par exemple. C’est très important. »

Florence Liégeon : "Un renouvellement de générations, des idées nouvelles"

Entreprise Jura Terroir (fabricant affineur), Collège «Transformateurs», membre de la CEC (Chambre des entreprises de l’Emmental et du Comté), membre des commissions Technique et Economie. (Photo © CIGC / Petit)

« Cet élargissement est synonyme de renouvellement avec des personnes plus jeunes et je l’espère, des idées nouvelles, plus modernes. Ces nouvelles têtes permettront de trancher avec l’image parfois vieillissante du CIGC. Sans rien nier de la réussite passée, tout système a besoin d’évoluer et je pense que c’était une volonté des élus en place au CIGC d’ouvrir le débat à la nouvelle génération. Il faut vivre avec son temps et le CIGC l’a bien compris. Je souhaite que ces jeunes délégués soient porteurs de nouvelles avancées, de nouvelles techniques. Est-il possible d’être plus réactif sur le plan de campagne par exemple ? Rien n’est simple et je n’ai pas de solution miracle, mais le débat est élargi à la nouvelle génération et cela me semble une bonne nouvelle. »

La parole à tous les membres de la filière !

Grâce aux nouveaux statuts du CIGC mis en place à partir du 1er janvier 2015, les organisations syndicales sont représentées en fonction de leur importance. Les 72 délégués désignés au printemps 2015 ont intégré les différentes commissions du CIGC et participent activement à la vie et aux décisions du Comité Interprofessionnel.

Les acteurs de la filière, à tous ses stades, peuvent s’exprimer à travers leurs délégués et ceux-ci les informent des décisions prises. L’interaction entre tous les membres de la filière est ainsi facilitée, permettant une bonne communication autour des besoins et des volontés des uns et des autres.