Claude Philippe :#"L'URFAC joue la carte du multi-AOP"

Claude Philippe : "L'URFAC joue la carte du multi-AOP"

(publié le 21 juin 2009)

Claude Philippe (photo © CIGC/Petit)

L'Union régionale des fromages d'appellation d'origine comtois réunit 4 AOP* : Bleu de Gex, Comté, Mont d'or et Morbier. Tous volontaires, les membres de l'URFAC ont une vision complémentaire et non concurrentielle des AOP. Leur président en tête.

Question : Quand on est président d'une union régionale qui a maintenant plus de 2 ans, est-ce qu'on peut dire qu'une première étape est franchie ?
Claude Philippe : Vous savez, je suis né dans une fromagerie. Et sur le fronton de cette fromagerie, il était inscrit : “L'union fait la force”. C'est comme une marque indélébile inscrite au fond de moi. Aujourd'hui, plus que jamais, je crois que l'union de nos AOP est une chance et qu'un nombre important de projets vont en découler.

Question : Une union un peu forcée, au début...
Claude Philippe : Il fallait faire face à la lourdeur des contraintes administratives imposées par la réforme du contrôle des AOP et nous avons compris l'utilité de nous unir. Grâce à l'URFAC, nous avons pu diminuer le coût des contrôles par tonne de fromage. Sans cela, vous pouviez multiplier ce chiffre par cinq pour certaines AOP.

Question : Comment se passent les relations au sein de l'URFAC ?
Claude Philippe : Chaque syndicat d'AOP reste autonome dans sa politique, avec la volonté de construire quelque chose ensemble. Lors de la réécriture des cahiers des charges du Morbier, du Bleu de Gex et du Mont d'Or, nous avons voulu être cohérent avec celui du Comté, qui est un peu notre “grand frère” à tous.

Question : Il y avait une certaine concurrence entre les AOP. Hier, il arrivait qu'une fruitière arrête sa production de Comté en hiver pour faire du Mont d'Or. Les choses ont changé...
Claude Philippe : Nous ne parlons plus de polyvalence des fruitières, de cette époque où chacun faisait « ce qui gagne le mieux au moment le plus opportun », mais nous parlons maintenant de complémentarité des productions. Nous sommes passés au “multi-AOP” ! L'URFAC continue à promouvoir cette idée et nous pouvons nous réjouir du respect mutuel qui existe entre nos AOP : une petite filière est écoutée au même titre que les autres.

Question : Malgré de faibles moyens, vous êtes capables de lancer de grands chantiers pour les AOP...
Claude Philippe : Après avoir créé un service technique commun aux AOP régionales, notre effort porte maintenant sur la partie sanitaire. Les enjeux sont énormes, le lait cru est une matière vivante et de nouvelles responsabilités pèsent sur tous les maillons de nos filières : producteurs, transformateurs et affineurs. Avant, chaque AOC essayait de résoudre son problème dans son coin. Grâce à l'URFAC, nous avons pu bénéficier d'un coordinateur sanitaire mis à disposition par le CTFC qui réalise une veille sanitaire 7 jours sur 7. Les grands enjeux de demain seront la recherche et une meilleure connaissance des flores du lait. D'autres enjeux seront à prendre en compte comme les aspects environnementaux. Le rôle de l'URFAC est de toujours anticiper, de donner des facteurs d'alerte. En gardant une vision d'ensemble.

*AOP : Appellation d'origine protégée, remplace le sigle AOC depuis le 1er mai 2009.