Accompagnateurs en montagne

"Les vacanciers viennent ici pour les paysages"

(publié le 04 août 2020)

Durant la balade, l'agriculture s'invite forcément dans les discussions !

Les guides qui accompagnent les touristes en randonnée mettent en valeur le «travail bien fait» des agriculteurs, au cœur des paysages typiques du Jura.

Au sein du Parc Naturel Régional du Haut-Jura, un réseau d’accompagnateurs en montagne s’est formé en 2015 afin d’effectuer des actions de « maraudage » à destination des randonneurs amateurs, locaux ou vacanciers. « Les guides vont à la rencontre des gens sur des sites fragiles ou à forte fréquentation touristique et les sensibilisent au fait que les montagnes du Jura sont à la fois des lieux de production et des paysages à préserver : nous les invitons à rester sur les sentiers balisés, à fermer les barrières derrière eux, à tenir leur chien en laisse, à ramasser leurs déchets, à ne pas approcher les troupeaux près d’un patou, etc.», expliquent Jean-Yves Vansteelant, chargé de mission Agriculture, et Julien Ruelle, chargé de mission Activités de pleine nature au Parc. Les réactions des randonneurs sont presque toujours très positives, comme le confiment Valentin et Eric, accompagnateurs du bureau de montagne Natur’Odyssée Jura basé à Chapelle-des-Bois. D’autant que durant les sorties que ces guides organisent, l’agriculture et le Comté s’invitent forcément dans les discussions.

Parler du Comté, c’est inévitable

« C’est inévitable. Les gens voient les vaches blanches et brunes, pas de chèvres ni de moutons. Le lien avec le Comté s’impose. J’aime leur parler de l’absence d’OGM, de votre système coopératif, etc. Les gens sont surpris de voir autant de fruitières... J’abonde en parlant de la limitation de la collecte du lait dans un diamètre de 25km et je me sers aussi de la présentation qui nous a été faite récemment par le Parc, lors d’une formation dédiée aux accompagnateurs, sur le nouveau cahier des charges. La limitation du nombre de vaches par exploitant ou encore les parcelles en herbe autour de la ferme sont des aspects que j’aborde. Quand ils achètent du Comté, les gens sont contents de savoir que le producteur est rémunéré à sa juste valeur », assure Valentin. Mais qu’il s’agisse d’Eric ou de Valentin, aucun ne tait les problématiques actuelles : « Les pré-bois, les pelouses sèches, les dolines, on les traverse. Alors, quandles paysages sont modifiés, ça nous fait mal au cœur. Une partie de notre patrimoine commun, la nature, se disloque. On devrait tous être conscients de ce qui nous unit : les gens qui viennent découvrir la région et font vivre les acteurs du tourisme sont aussi ceux qui achètent du Comté avant de repartir chez eux. Ce sont les meilleurs ambassadeurs pour relayer la beauté de nos montagnes fleuries », avance Eric.