Fruitière du Plateau de Nozeroy, une philosophie pour construire l'avenir#(octobre 2007)

(publié le 21 septembre 2007)

À Bief-du-Fourg, les producteurs ont investi dans la construction d’une nouvelle fromagerie. Leur priorité : la préservation de l’environnement, qui est aussi facteur de développement local.

Sur le plateau de Nozeroy, on appelle les habitants de Bief-du-Fourg les « philosophes » depuis qu’un des leurs « embrouilla », dit-on, rien de moins que Louis XIV (1). À l’heure de faire un choix décisif pour leur avenir, les 40 sociétaires de la Fruitière du Plateau de Nozeroy, installée à Bief-du-Fourg, ont affiché leur philosophie du futur : « Notre projet, explique Dominique Chauvin, vice-président, a été étudié en prenant en compte l’aspect environnemental. »
Les gros chantiers ne font pas peur à Bief-du-Fourg. Initialement, la fruitière du village a d’abord fusionné avec Communailles-en-Montagne. Cette fusion impose la construction d’un nouveau chalet (1967) puis une mise aux normes assez lourde en 1991. Au fil des années, la coopérative accueille de nouveaux sociétaires venus de Plénise, Censeau, Mignovillard, Vaux-et-Chantegrue. Une progression qui place la fromagerie au bord de l’asphyxie.
« Nous aurions pu réhabiliter le bâtiment, explique le président Joël Alpy, nous avons fait le choix de construire une nouvelle fromagerie en renouvelant entièrement le matériel, nous voulions aussi disposer de deux ateliers séparés : un pour le Comté, un autre pour le Morbier et la raclette. Le projet a été piloté par une commission de sept membres et porté par l’ensemble des sociétaires. »
Côté environnement, le plus gros du dossier concerne le mode de chauffage. « Compte tenu des perspectives d’évolution des coûts de l’énergie, nous avons immédiatement fait le choix du bois », explique Dominique Chauvin.
La commission s’est donc rendue chez des pionniers du genre à La Baroche, à Arsure-Arsurette et à Épenoy, et elle a compté sur l’appui de l’ADEME. Problème : le chauffage au bois, granulés ou plaquettes, implique une évolution pour le fromager car on passe de la vapeur à l’eau chaude. Un changement qui peut faire peur au fromager.

Bienvenue à Bief-du-Fourg!
La salle de fabrication

Aide à la décision

« À Épenoy, Jean-Paul Bouveresse, le président, et Philippe Julliard, le fromager, nous ont parfaitement expliqué le mode d’emploi et nous ont convaincus ». Le dossier du chauffage est aussi synonyme de développement local. « Nous avons fait le choix des plaquettes et non des granulés, raconte Joël Alpy. Nous avons rencontré deux jeunes bûcherons qui souhaitaient lancer une entreprise spécialisée dans ce genre d’approvisionnement. Le contrat que nous avons signé avec eux leur a permis de s’équiper et de se lancer. »

L’équipement est certes lourd même avec l’appui de l’ADEME, mais les responsables ne le regrettent pas. « Il faudra certes juger sur le temps, analyse Dominique Chauvin. On note déjà, par rapport à l’ancien chalet, que le coût d’achat de la matière première de chauffage a baissé de 70 %. » 
Les autres points environnementaux concernent la récupération des eaux de pluie et le transport du sérum. Les eaux de pluie sont récupérées et utilisées, après traitement, pour le lavage des sols.
Pour le sérum, la fruitière approvisionne une porcherie et livre le reste à l’UCHP (Union de Coopératives des Hauts Plateaux) de Bannans. Il s’agit d’une porcherie privée située à 600 m de la fromagerie. Pour résoudre le problème de l’acheminement, réalisé jusqu’ici classiquement par voie routière, une canalisation a été construite. Un bon tuyau pour l’environnement ! Les frais de construction ont été pris en charge par le porcher, avec des aides.

(1) À lire sur le site internet de la fruitière www.comte.com/biefdufourg

La chaufferie
Du côté de la porcherie : économie de temps et d'énergie

> Un investissement de 3,8 millions d’euros

Au total l’investissement nécessaire pour construire la nouvelle fromagerie, où le volet amélioration des conditions de travail est aussi important, s’élève à 3,54 millions d’euros (hors système de chauffage).

Plusieurs collectivités ont participé à ce financement : le conseil régional de Franche-Comté, le conseil général du Jura, l’État via l’Office de l’élevage et l’Union européenne via le Feader.
Le coût du système de chauffage s’élève à 260 000 euros (dont 35 % subventionnés par l’ADEME). Soit un total de 3,8 millions d’euros dont auront bénéficié beaucoup d’entreprises locales.

> La fruitière du Plateau de Nozeroy en bref

• Sociétaires : 40
• Villages concernés : Bief-du-Fourg, Communailles-en-Montagne, Plénise, Censeau, Mignovillard, Frasne, Bonnevaux, Vaux-et-Chantegrue.
• Président : Joël Alpy
• Fromager : Joël Parent
• Affineur : Petite et Vagne
• Salariés : 6 (fromagerie et boutique)
• Litrage : 7,5 millions de litres. Deux ateliers de fabrication.
• Produits fabriqués : Comté, Morbier, raclette, fromage blanc, serra.
• Adhérente à la Coopérative beurrière du Val de Mièges.
• Ouverte au public.

Contact : Fruitière du Plateau de Nozeroy, 39250 Bief-du-Fourg - Téléphone : 03 84 51 37 66  - www.comte.com/biefdufourg