Fromagerie d'Arbois


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Crédits photos :
Thierry Petit / Editions Tigibus.


  Histoire et anecdotes
 Aux origines de la fruitière

Maurice Etiévant, président de la fruitière dans les caves de pré-affinage.Dans sa forme actuelle, la fruitière existe depuis 1922.

« On ne sait pas trop comment ça fonctionnait, avant » raconte Maurice Etievant, président. Il y avait d’autres fromageries dans le secteur (Montigny-les-Arsures, Pupillin…).

Ci-contre: Maurice Etiévant, président de la fruitière
dans les caves de pré-affinage.
Elles ont été creusées par les fondateurs de la fruitière.

La petite histoire raconte que la fruitière est née du rapprochement des Arboisiens avec leurs collègues de Mesnay, lesquels avaient quelques soucis.
Pour un motif bien de l’époque dans ce pays où les affrontements entre les « rouges  » et les « blancs » étaient vifs : le fromager de Mesnay aurait été prié d’aller faire cailler du lait ailleurs, au prétexte qu’il allait à la… messe !

cette cave existait avant la construction de la fruitière. On y accueille aujourd'hui les visiteurs

Les fondateurs ont pu créer leur fruitière avec leur propre argent et en bénéficiant
de quelques dons.

 L’installation

Entrée de la fruitièreDès 1922, la fruitière s’installe sur son site actuel, dans ce qui sert aujourd’hui de logement au fromager. L’affaire était précaire pour tout le monde (« Il paraît qu’il pleuvait sur le lit du fromager »). L’agrandissement vient assez vite et les coopérateurs se retroussent les manches. La fruitière est bâtie sur une bande de terrain étroite où tous les centimètres carré comptent et les escaliers y sont étroits. Des temps anciens restent une cave voûtée qui sert aujourd’hui de salle d’accueil en clôture des visites. Les caves de préaffinage ont été creusées par les adhérents et c’est une fierté encore palpable de nos jours. Elles n’ont pas bougé.


Dans un souci d’intégration au vieil Arbois, le bâtiment final s’est couvert d’un joli toit à l’identique des maisons environnantes.

 Des premières années à nos jours

Jean GauthierNous sommes dans un pays où la polyculture est la règle avec une importante activité viticole. A l’origine, les paysans vignerons élèvent 4 ou 5 vaches, ceux qui ne font pas de vignes moins d’une dizaine. Les apports de lait de chacun ne sont pas élevés. Dans une ville comme Arbois, les coulées quotidiennes mettent de l’animation. Une quarantaine de producteurs qui débarquent, ça ne passe pas inaperçu. Souvent avec des carrioles qui ont fait la légende des coulées. Il n’a pas que les paysans. Il y aussi les gens du pays qui viennent acheter leur lait pour leur consommation quotidienne. Au risque de ne pas en laisser suffisamment pour la fabrication des fromages.
(ci-contre : Jean Gauthier)

« Quand Jean Gauthier a pris ses fonctions en 1961, pour le mois de février, il n’a fabriqué que 17 fromages ! » On buvait donc aussi beaucoup de lait à Arbois. Le trésorier de la fruitière buvait du « petit-lait » : la caisse se remplissait plus vite que les cuves. La vente de lait était aussi une sécurité. On se souvient aussi qu’après la coulée, quelques sociétaires s’attablaient au Café des deux pins, juste à côté. Et, cette fois, pas pour boire du lait.

 Des années 1960 à aujourd’hui

Thierry BobillierProgressivement, le paysage agricole change. On se spécialise un peu plus dans la vigne à partir des années 1960, le nombre de sociétaires diminue ; on accueille toutefois de nouveaux venus des coopératives alentours qui ferment leurs portes. Les temps changent d’autant plus que le comté se structure et que chacun s’attaque à la bataille de la qualité.
(ci-contre : Thierry Bobillier)

La production se modernise (du chauffage des cuves à la fin du tirage à la toile). La coulée sera abandonnée progressivement sur deux années en 1993 et 1994.

Au fil des années, la fruitière accumule les récompenses pour son Comté, mais aussi pour son Morbier. Elle obtient un joli doublé en 2001 au concours général agricole (médaille d’argent en comté et morbier) et trois médailles d’or successives pour son Morbier à la Foire du Jura de Lons-le-Saunier (2002, 2003 et 2004).

Vaches

 Particularités

Depuis 1961 la fruitière n’a connu que deux fromagers :
Jean Gauthier (jusqu’en 1997)
puis Thierry Bobillier.

Fromagerie d'Arbois
1, rue des Fossés, 39600 ARBOIS
Téléphone : 03 84 66 09 71 - Fax : 03 84 37 47 01
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