INSCRIPTION A LA NEWSLETTER


>> Une filière organisée et solidaire / Economie (juillet 2009) : les nouveaux défis de l'export 


Economie : Les nouveaux défis de l'export

Juillet 2009.

Jean-François Marmier au JaponLa progression des ventes à l'export se fait grâce à un travail de promotion sur le long terme. Dans les pays où le marché est arrivé à maturité, une nouvelle étape se met en place.

Les agences de communication locales basées à l'étranger ont commencé à s'adresser directement aux consommateurs, par le biais de salons grand public ou encore de campagnes nationales de publicité. Ces actions, qui nécessitent un investissement important, sont menées actuellement sur les marchés de proximité, Allemagne et Belgique, qui sont aussi les plus anciens historiquement. Ailleurs, l'interprofession continue à cibler en priorité les prescripteurs (importateurs, distributeurs, presse, restaurateurs, écoles de cuisine...) pour construire la notoriété du Comté et s'assurer de sa disponibilité dans les circuits de distribution. Autre évolution à noter : l'utilisation d'Internet comme outil de promotion, de plus en plus prégnant. L’ensemble des ventes à l’export constitue environ 6 % du volume total.

> Chiffres clés.- Pour accompagner la progression des ventes à l'export, le CIGC a investi 1,165 millions d'euros en 2008 :
• 540 000 € en Allemagne
• 260 000 € en Belgique
• 205 000 € aux USA
• 160 000 € au Japon
Le CIGC investit en synergie avec les entreprises et intervient uniquement dans le domaine de la promotion.

Campagne pub Belgique 2009> Belgique.- La partie francophone (Sud de la Belgique) bénéficiait par capillarité des campagnes de publicité menée en France. Le Comté communique depuis peu en Flandres. Cette particularité exige une stratégie biculturelle et bilingue à l'échelle d'un petit pays mais elle a porté ses fruits : le tonnage de Comté exporté en Belgique a augmenté de 75 % en 5 ans.
--> www.comte.be
- Évolution des tonnages Comté exportés en Belgique (déclarations des entreprises de la filière, hors autres courants d'exportation tels Rungis, crémiers... non chiffrés) :

Graphique_Marché_Belgique

Comté news USA> États-Unis.- Le marché américain est en pleine évolution et aujourd'hui les chaînes de supermarchés s'intéressent de plus en plus au Comté. Ce qui, à l'échelle d'un territoire comme les États-Unis, augmente rapidement les tonnages. Comme chaque année, un voyage de presse a permis d’accueillir en mai une délégation de journalistes américains en provenance de New York, Californie, Floride, Minnesota et Iowa. Quelques semaines plus tard, les représentants du Comté étaient présents au Fancy Food Show de New York, un important salon dédié à l'agroalimentaire qui a eu lieu du 28 au 30 juin.
--> www.comte-usa.com
- Évolution des tonnages Comté exportés aux USA
(déclarations des entreprises de la filière, hors autres courants d'exportation tels Rungis, crémiers... non chiffrés) :

Graphique_Marché_USA

Site web Comté Japon> Japon.- Il y a 20 ans, la consommation de fromage français au Japon était de l’ordre de 180 à 200 g par an et par habitant. Aujourd’hui, elle est aux alentours de 2 kg et il existe même une journée du fromage au Japon ! Malgré tout, nous sommes loin des habitudes de consommation occidentale et l'approche plus récente du Comté (2004) passe par la construction d'une relation forte avec les prescripteurs (organisation de séminaires, de cours de dégustation) et l'accueil de journalistes. Le marché japonais du Comté a démarré très vite puis les volumes se sont stabilisés depuis 2005 autour de 50 tonnes. La consommation est basée surtout sur la qualité et la connaissance du produit. Le Japon est un marché essentiel en terme d'image car il est une porte d'entrée vers l'Asie.
--> www.comte.jp

Site web Comté en Allemagne> Allemagne.- Avec un volume de vente de 1 300 tonnes, l'Allemagne est le marché leader en matière d'export. Kits, recettes, newsletters sont envoyés à plus de 2 000 détaillants et quelques 160 grossistes.
Mais la moitié du budget est aujourd'hui consacrée à la réalisation de campagne vers les consommateurs qui peuvent prendre plusieurs formes : salons grand public, campagne dans la presse gastronomie/art de vivre, affichage et dernièrement sponsorisation d'émissions de télé. Le volet Internet est également très développé.
--> www.comte.de

Haut de page p

Crémiers-détaillants : L'art du fromage sur la scène internationale

Philippe et Romain Olivier privilégient les contacts humains avec les producteurs et les clients.Les chiffres officiels de l'exportation de Comté sont basés sur les déclarations des affineurs. Mais ces chiffres sont en dessous de la réalité car chaque année, des dizaines de meules passent les frontières françaises sans être comptabilisées dans les volumes exportés. Ce sont celles vendues par les crémiers-détaillants. Philippe et Romain Olivier, fromagers bien connus du Nord de la France, ont su faire apprécier le Comté aux quatre coins de l'Europe et jusque sur les tables des très selects hôtels de Singapour et de Dubaï.

Issu d'une grande famille de collecteuraffineur et marchand de fromages, Philippe Olivier a jeté les amarres à Boulogne-sur-Mer en 1974. Il lui fallait un port. Pour le bruit des bateaux qui arrivent à quai et déchargent les marchandises, les accents iodés qui se mêlent aux accents du Nord... Mais aussi pour exporter car l'Angleterre n'est pas loin. Dès 1976, Philippe Olivier commence à vendre du fromage Outre-Manche. « C'était rock'n'roll ! Il fallait de nombreux documents sanitaires pour exporter depuis le continent. Heureusement, les choses se sont améliorées... », sourit Romain Olivier. Le jeune chef d'entreprise connaît toute l'histoire. Il a suivi les traces de son père depuis qu'il est tout gamin.
Avec Claude Vermot-Desroches, président du CIGC, en 2008.Leurs périples à travers la France pour dénicher les meilleurs fromages et les rencontres avec les petits producteurs fermiers sont pour lui des moments inoubliables. L'histoire du grand-père fromager dont le magasin avait été rasé par les bombardements, et qui recevait chaque semaine 3 meules de Comté Michaud par le train, a fait le tour de la famille. « Nous avons gardé notre fidélité à ce fournisseur jusqu'au moment de sa fermeture », raconte Philippe Olivier.
Depuis 35 ans, le magasin de Boulogne-sur-Mer est un paradis pour les amateurs de fromage : les 40 AOP laitières y sont présentes et 300 sortes de fromages s'y côtoient au fil des saisons. L'élégante petite boutique est située entre le port, avec ses quartiers d'après-guerre entièrement reconstruits et la vieille ville, protégée par de magnifiques remparts.
Romain Olivier, après une visite de la boutique, nous entraîne de l'autre côté de la rue. Une fois la porte poussée, quelle surprise ! 17 personnes travaillent là, essentiellement pour préparer les commandes qui seront expédiées en France ou à l'étranger. La société Philippe Olivier possède un deuxième magasin à Lille et 8 concessions (épiceries fines ou crémeries), réparties dans la grande moitié Nord de la France. Dans les bureaux, 4 personnes gèrent les commandes, jonglant avec le change et le décalage horaire. Trois responsables de caves assurent l'affinage des fromages achetés à des petits éleveurs et des artisans fromagers.
Philippe Olivier a su fédérer une quinzaine de détaillants au sein d'une amicale, le Cercle des fromagers affineurs, répartis dans toute la France. Il milite aussi avec le Syndicat national des crémiers fromagers affineurs dont il est le président depuis un an, « pour que les détaillants de produits laitiers, partageant les valeurs chères aux AOP, puissent être représentés dans les organismes de filières ». À un an et demi de la retraite, l'homme garde intacte la foi qui l'anime. La relève est assurée et aujourd'hui, celui qui est aussi vice-président de la Chambre de commerce de Boulogne-sur-Mer et vice-prévôt de la Guilde des fromagers, se consacre à ce qu'il aime le plus : créer des événements autour du fromage, surprendre, amuser. Être le passeur d’un patrimoine et d’une culture dans un contexte où règne l'hyper-marketing. Pour la famille Olivier, « le fromage est un art ». Un art de vivre qu'il faut partager.

> 40 Comté par mois.- La société Olivier choisit 4 sortes de Comté provenant de 4 fruitières différentes. Des fromages d'été, en majorité, et pas que des vieux Comté ! Elle se limite volontairement à 17 meules de 24-30 mois par an. Dans les autres catégories, la société écoule chaque semaine 3 meules de 18-24 mois, 4 meules de 12-18 mois et 1 meule de 6-12 mois. « Un Comté doit rester beurré, très floral. En ce moment, je prends un réel plaisir avec une baguette, un bon verre de vin et un Comté de 6-8 mois », avoue Romain Olivier.

> 35 % des fromages partent à l'export.- L'exportation se fait dans plus de 20 pays, surtout vers l'Europe, en particulier
Angleterre et Belgique, mais aussi vers l'Asie et le Moyen-Orient. Pour le Comté, la famille Olivier s'approvisionne auprès de deux affineurs. « Pas de nom, pour ne froisser personne », explique Romain Olivier, avec tact. Pas davantage d'indices sur les restaurants avec lesquels la société travaille, du simple bistrot-bar à vins de qualité aux tables les plus renommées, et encore moins de détails sur les hôtels de Singapour, Hong-Kong et Dubaï, où s'est engagé un véritable partenariat depuis bientôt 4 ans. La concurrence est rude au pays du fromage.
Du fait du transport, des taxes, du dédouanement et du suremballage, le prix vendu au restaurateur est multiplié par 5 ou 6 par rapport au prix de départ. « Ces pays attendent de nous de la qualité, de l'exceptionnel », indique Romain Olivier qui mise beaucoup sur le Comté à l'étranger. « Le Comté possède un couple goût-odeur qui, pour un novice, est une bonne porte d'entrée et permet d'avancer dans le monde des fromages. Sa texture se rapproche d'une texture connue mondialement, celle du Cheddar, mais avec davantage de goût. »
Le Comté est expédié le plus souvent en morceaux de 400 à 600 g par transport frigorifique, routier ou aérien, dans un emballage papier spécifique, jamais sous vide, et arrive dans un délai maximum de 10 jours pour l'Asie. Pour l'Angleterre, un fromage commandé à 10h le matin arrive à 17 h chez le restaurateur.

Les magasins de Boulogne et Lille font partie des premières Ambassades du Pays du Comté.> La société Philippe Olivier :
- 19 salariés
- 2,9 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008
- 180 à 200 tonnes de fromages vendus par an dont 50 à 60 % d'AOP
- Répartition des volumes vendus dans les deux magasins (10 à 15 %), les 8 concessions (45 et 50 %), la restauration (10 à 15 %), l'export (35 %), l'événementiel (5 %)

Haut de page p

Comité Interprofessionnel du Gruyère de Comté - 39800 POLIGNY - 03 84 37 23 51 - cigc@comte.com