Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Automne 2016 : Gagner se mérite !

Ces dernières années notre AOP Comté a  le vent en poupe  et nous en sommes tous fort heureux. Et bien naturellement, c'est la loi du marché, des copies voient le jour sur de nombreux étals. Ce sujet fait parfois la Une des médias et il est omniprésent dans nos échanges.  Il faut couper la tête aux fraudeurs !  Facile à dire lorsque l'on ne veut pas regarder les choses en face. Car dans cette affaire, beaucoup sont concernés.

Toute pâte pressée cuite ayant la forme d'une tranche de Comté concurrence notre AOP. Les fabricants se risquent de moins en moins à s'exposer aux représailles des contrôles des fraudes, mais, insidieusement, flirtent avec les règles. Nous basculons alors dans l'univers du détournement de notoriété et du parasitisme.
Quelle ne fut pas notre stupéfaction lorsqu'à la dernière Assemblée Générale du CNAOL (Comité National des Appellations d'Origine Laitières), la représentante de la DGCCRF (Direction Générale de la Consommation et de la Répression des Fraudes) nous explique en toute bonne foi que ce phénomène ne relève pas de ses services...
Dans le même temps l'administration Italienne met 24 heures pour faire cesser toute tromperie concernant une AOP Italienne relevée sur les sites de vente en ligne les plus importants de la planète ... Il est indispensable que nos administrations nous aident vraiment !

De notre côté, face à ce parasitisme grandissant, nous devons apporter des clés aux consommateurs. Le Comté doit rester inimitable et devenir reconnaissable sans ambiguïté. Ses savoir-faire ancestraux et ses valeurs doivent être plus largement partagés.
Nous engageons actuellement toutes nos réflexions sur ces sujets afin d'être bien en phase avec les demandes des consommateurs et de la société en général. C'est l'affaire de tous et chaque producteur de Comté doit avoir cette déontologie.

Nous ne sommes pas seuls, beaucoup d’AOP ou IGP subissent des attaques similaires. Ceci est de nature à anéantir le laborieux travail de plusieurs décennies. Cette richesse venue du terroir doit y rester afin d'assurer la vie économique et sociale sur place. Soucieux du tort que le parasitisme nous cause, nous n'avons pas d'autres choix que de relever ces défis et comme le dit le slogan de la sécurité routière : tous touchés, tous concernés, tous responsables !

Et si cette chute est à la fois tragique et polémique, c'est bien pour inviter chacun à la réflexion.

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