Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Eté 2007 : Un nouveau cahier des chances pour le Comté

Cette bonne nouvelle est, je l’espère, source de multiples promesses. Le décret du 11 mai 2007 est le fruit d’un très long travail de maturation. Sept années ! Sept années durant lesquelles ont été organisées d’innombrables réunions, consultations, investigations chiffrées, avis d’experts, rencontres très animées, les uns trouvant que le CIGC était trop permissif, les autres contestant vigoureusement ce qui leur paraissait comme des contraintes excessives. De cette fermentation « ascétique » mais conviviale et collective, il en sort un texte sans doute imparfait mais équilibré, dans la droite ligne des modifications réglementaires précédentes.

Il en fut de ce décret comme des précédents, la filière AOC Comté se doit d’anticiper l’avenir, avec une obsession, la confiance du consommateur : le ferment du succès du Comté, c’est le consommateur qui le détient, et rien n’est moins acquis que sa confiance.
À quoi serviraient les modernisations de nos exploitations agricoles, de nos fromageries et de nos caves d’affinage, si elles se faisaient au détriment de cette confiance et donc du prix du produit. La filière Comté est donc condamnée à s’adapter aux contraintes d’aujourd’hui sans décevoir l’attente du consommateur en terme de « produit local, loyal et constant ».

La perspective de la sortie des quotas, que l’on sait inéluctable et sans doute plus proche que prévu, et l’attention de plus en plus exigeante des consommateurs vis-à-vis de l’authenticité d’une AOC, ont servi de toile de fond aux évolutions réglementaires proposées. Le CIGC a notamment défini une stratégie de type viticole AOC, avec un plafonnement du rendement laitier à l’hectare, et une limitation quantitative et qualitative des intrants (engrais, aliment etc.).

Chacune des mesures arrêtées a fait l’objet d’un scénario identique : proposition du CIGC, circularisation, puis prise en compte des remarques, contributions, contestations, de toute nature, qu’elles viennent d’organismes professionnels, de services techniques, d’instances politiques, d’entreprises ou même de particuliers.

Le Comté a eu en plus la chance de bénéficier d’une commission d’enquête INAO de qualité, qui a travaillé de manière complètement indépendante du CIGC, et qui a su exercer à son égard une forme d’exigence sans concession mais réaliste.

Ce décret doit être considéré comme un atout supplémentaire pour préparer l’avenir et une valeur transmissible à nos enfants. Il est bien sûr loin de résoudre tous les problèmes. Le nouveau cahier des charges du Comté est incontestablement plus contraignant. Le pari posé par l’équipe de professionnels qui anime le CIGC est que ce cahier des charges exerce la fonction qu’il a déjà remplie lors de la précédente décennie, d’être un cahier des chances.

Je ne peux que saluer l’extraordinaire travail collectif fourni à l’occasion de cette maturation, et remercier tous ceux qui par leurs exigences et remarques ont contribué à en faire un instrument efficace de préparation de l’avenir.

Tous les éditoriaux