Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Eté 2008 : Faire face aux augmentations des charges

Les producteurs de lait sont en colère, les entreprises de l’agroalimentaire sont en colère. Tout augmente, les prix des engrais, des aliments du bétail, du fuel, etc. Cela est partout pareil et donc la colère est générale dans le secteur laitier européen.
C’est une colère légitime puisque les prix de vente des produits laitiers, bien qu’en augmentation, ne parviennent pas à couvrir aussi rapidement les augmentations de charges. Et cela sera d’autant plus difficile qu’avec la loi de modernisation économique, nos affineurs, comme toutes les PME, vont être un peu plus affaiblis dans leur capacité de négociation. Il y a donc de quoi être en colère de voir les exploitations agricoles et les PME de l’agroalimentaire être ainsi pris en otage dans la lutte contre l’inflation alors qu’elles en sont les premières victimes.

Mais sous peine d’erreurs graves pour l’avenir, il ne faut pas se tromper de combat. La filière Comté, dans une pareille situation, doit faire preuve d’un supplément de solidarité, si elle veut passer le cap. C’est grâce aux efforts de tous, de qualité et de dynamisme commercial, et à l’action de l’interprofession, que le Comté connaît depuis des années des indices de vente remarquables, qui font que les stocks sont bas, ce qui permet à nos commerciaux d’être moins fragilisés sous la pression de la grande distribution.

Le poids des charges supplémentaires induites par la hausse des prix des intrants, et même si le cahier des charges du Comté en plafonne les quantités, fragilise nos trésoreries. Cela peut nous rendre nerveux et revendicatif. Pour autant, ce n’est pas la faute de la filière Comté, ni de ses producteurs, ni de ses fromageries, ni de ses affineurs et commerciaux, ni de son interprofession, ni du Comté lui-même. Le succès du produit qui se constate sur le marché chaque jour, est le fruit de l’action de tous. Si nous voulons passer ce cap difficile, il convient de toute façon de ne pas s’en prendre à ce qui marche et au contraire faire front ensemble en s’appuyant sans hésiter sur nos valeurs communes, l’amour du travail bien fait, l’obsession de la qualité, le respect du consommateur et de ses attentes, et la solidarité entre nous, producteurs, fromageries et affineurs. En dépend la poursuite de la progression de nos ventes et de leur valorisation.

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