Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Eté 2013 : une image se construit dans le temps

Le Comté vient de recevoir les résultats de l’étude d’image réalisée en avril 2013. Réalisé tous les 7-8 ans, ce type d’étude représente un investissement coûteux, mais il est précieux pour aider un annonceur, comme l’est le CIGC, à ne pas faire d’erreurs de communication, aux conséquences qui seraient encore plus coûteuses.

En 1987, la première étude de ce type nous a permis de poser la première pierre d’une communication basée sur le temps de maturation en cave d’affinage, qui permet à chaque meule d’exprimer toute sa palette aromatique.

Depuis, nous avons évolué vers une communication plus tournée vers la consommation, mais en gardant le fameux tempo «Comté, Comté». Notre dernière étude a corrigé le tir à temps : il faut certes que le Comté parle de l’ennoblissement qu’il donne aux plats qu’il accompagne, mais sans renoncer à ses fondamentaux, et sa spécificité d’arômes issus de son affinage.

Pour le reste, l’étude confirme le caractère très positif de l’image du Comté selon les personnes enquêtées. «Il est raffiné, assure force et présence. Il a capacité à allier les contraires : fort et doux, dur et tendre, sec et moelleux, raffiné et quotidien, jeune et mâture, ferme et fondant. Le Comté se mature lentement, égrène doucement le temps, suit les saisons.» Ces compliments sont à relier à l’augmentation constante du nombre de ménages acheteurs, passé à 54 % en 2012, et in fine à l’augmentation constante des ventes du Comté depuis 20 ans.

Devant de tels résultats, point de cocorico, et au contraire un grand élan de reconnaissance à nos anciens. Alors que nous venons de fêter le cinquantenaire du CIGC, un grand merci à tous ceux qui depuis 50 ans ont participé à la construction de cette réussite. Merci à ceux qui ont créé le syndicat de défense du Gruyère de Comté en 1945, à ceux qui ont bataillé pour obtenir l’AOC en 1958 et pour obtenir la création du CIGC en 1963. Merci aux professionnels innombrables qui ont investi pour la qualité, qui se sont battus pour interdire l’ensilage, pour garder le lait cru, pour obtenir la règle des 25 km, qui ont limité leur rémunération à court terme pour bâtir une fruitière ou une nouvelle cave.

Enfin je dis aussi merci à vous tous qui vous battez aujourd’hui pour garder son âme au Comté, son excellence, son image positive, pour absorber sans casse la sortie des quotas. J’anticipe ce merci au nom de nos successeurs qui dans 20 ou 30 ans recueilleront, je l’espère, les mêmes fruits que nous récoltons en ce jour, des choix courageux des générations précédentes.

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