Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Hiver 2015 : le Comté doit continuer à tenir ses promesses !

À l’annonce de la mise en oeuvre de la limitation de la productivité par hectare s’exprime une certaine colère de la part de certains producteurs et entreprises. Vouloir le bonheur des gens malgré eux est en effet un exercice difficile, parfois périlleux. Mais soyons sérieux. Le consommateur attend du Comté de la qualité, des goûts exquis, une agriculture qui respecte la nature, de la diversité, de l’artisanat et une économie équitable. Bien sûr, les marchés sont là. Les perspectives sont bonnes. Tous les indicateurs du Comté sont donc au vert. C’est pourquoi il nous faut engager dès à présent des réflexions stratégiques de fond sur l’évolution de notre produit pour les prochaines années. Chacun en est convaincu, nous devons pouvoir répondre aux demandes des marchés. Mais deux voies possibles sont à débattre.

L’une consiste à produire tout ce qui est demandé. Dans ces conditions, qu’en sera-t-il de la qualité du Comté ? De ses valeurs et de ses goûts qui en ont fait jusqu’à présent le succès ? Quelle plus-value générera une telle stratégie pour les différents maillons de la filière ?

L’autre est plus sélective et consiste à produire ce qui se fait de mieux à tous les stades pour des Comté d’excellence. Cela nécessite de l’exigence de la part de chacun car la qualité a un prix, que lui rend bien le consommateur aujourd’hui. N’oublions pas que cette voie est celle qui nous a réussi collectivement jusqu’à présent. Mais cette même recette sera-t-elle toujours la bonne dans 20 ans ?
Parallèlement, nous assistons à la sortie de leur métier traditionnel d’acteurs de la filière : affinage ou vente directe pour les uns, intégration pour les autres... Ces évolutions sont de nature à modifier des équilibres ancestraux.

Toutes les questions qui se posent pour l’avenir de la filière, nous devons y répondre ! Toutes ces évolutions, nous devons en mesurer toutes les conséquences ! Nos limites, nous devons les connaître. Elles se situent entre l’intérêt collectif et l’intérêt individuel. Notre devoir est d’obtenir une surface maximale d’intérêts collectifs et communs. Ces sujets de réflexion stratégique seront au coeur des travaux du Conseil d’Administration nouvellement élu. La filière n’a jamais cédé à la facilité. Elle a toujours privilégié le long terme au court terme. Elle s’est toujours appuyée sur ses valeurs et la recherche de l’intérêt général dans le respect du produit pour prendre ses décisions.

Aussi, je compte bien sur l’engagement de toutes et tous pour tracer ensemble une voie durable et profitable pour chacun.

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