Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Printemps 2010 : La moitié féminine de la filière, par Véronique Rivoire-Spahis

Il y a des années que dans une filière aussi avancée que celle du Comté, universellement citée en exemple pour sa discipline, l’intelligence de sa construction, l’indépendance de ses membres et de ses maillons, les femmes ont pris leurs places et leurs responsabilités. Elles ont pallié le départ de leurs fils et époux sur les fronts de nombreuses guerres, sacrifié à la cruelle loi du veuvage et de la nécessité de nourrir leur famille ou simplement réalisé dans ce monde dur mais enthousiasmant, un engagement passionné, raisonné, et choisi.
Il y a de nombreuses années que les productrices dévouées, travailleuses et discrètes aidaient ou suppléaient à la ferme leurs maris engagés dans des organismes collectifs pour le service de tous.
Il y a des années aussi, que dans les fruitières, les épouses des fromagers secondaient leurs maris dans la fabrication du Comté, la vente au détail et l’accueil des producteurs et des clients.
Les entreprises d’affinage ont elles aussi souvent été dirigées, au fil de leur longue histoire, par une épouse, une mère, une fille, sans lesquelles un mari, un père, un fils n’auraient pu assurer la continuité de l’exploitation. Il en existe encore de très respectées, mais si discrètes qu’elles n’ont pas souvent les honneurs des pages glacées des journaux.
Il me semblait qu’avec l’arrivée dans la vie active d’une génération élevée, éduquée, diplômée dans la mixité la plus totale, il ne serait plus nécessaire de distinguer les êtres humains selon leur genre, mais enfin et uniquement selon leurs qualités humaines, leurs compétences professionnelles et la profondeur de leur engagement. L’actualité nous montre encore chaque jour que tel n’est pas le cas.
Pour mettre toutes les femmes de la filière en valeur, un numéro spécial des Nouvelles du Comté me paraissait une action bien modeste, inversement proportionnelle sans doute au travail monumental de celles qui, très nombreuses, font le quotidien de cette filière, mais toujours pas celui des médias...
Je suis donc tout spécialement heureuse que quelques-unes parmi celles-ci, soient aujourd’hui mises à l’honneur dans ce thème spécial. Je suis certaine que désormais plus visible, la moitié féminine de la filière, déjà très respectée, saura mieux se faire connaître et porter toujours plus haut les couleurs du Comté.

Véronique Rivoire-Spahis
Vice-présidente du CIGC

--> A lire également le dossier spécial "Le Comté au féminin pluriel" !

Tous les éditoriaux