Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Printemps 2015 : Volonté, Fierté, Exigence

À l’heure où la tournée des réunions de secteur du CIGC s’achève, il importe d’en dresser le bilan.

Le premier constat partagé a été celui de la réussite économique de notre filière. L’augmentation des ventes et de la production associée au maintien des prix face à la pression de la grande distribution ont été salués par tous. Il s’agit là d’une réussite exceptionnelle qui n’est en rien due au hasard. Nous récoltons le fruit d’un travail exigeant engagé depuis de nombreuses années de la part de chacun – éleveurs – fromagers – affineurs. Cette toile de fond, enviée de tous en France et en Europe, a permis d’aborder avec sérénité le débat animé de la définition de la productivité par hectare, qui servira à chaque exploitation de référence pour le cahier des charges de production.

Pêle-mêle, les réactions pour et contre se sont très vite opposées et parfois la contestation a émergé. On peut comprendre les inquiétudes de certains qui ont vu à travers cette référence individuelle, une limite à la liberté d’entreprendre. Mais au fil des explications détaillées, chacun, évaluant son impact pour sa propre exploitation et mesurant tout son intérêt pour le collectif, a amené son soutien à cette mesure. Il s’agit en effet avant tout d’un symbole fort de notre vision pour l’AOP Comté : une vision de qualité et de respect de l’environnement.

Sur le plan pratique, il faut l’avouer, cette mesure de limitation de productivité se télescope dans les esprits, avec les règles de régulation de l’offre. Ces notions sont complexes, il faut en convenir. Aussi, nous devrons faire preuve de beaucoup de pédagogie pour bien expliquer que nous avons d’une part ce qui relève du cahier des charges à travers la limitation de la productivité et d’autre part des droits à produire du Comté pour les ateliers, gérés par les règles de régulation de l’offre.

Mais ce que je retiens de ces réunions de secteurs, c’est surtout un fabuleux engagement de tous les acteurs de la filière ; éleveurs, fromagers, affineurs, pour toujours renforcer et consolider l’oeuvre du Comté, véritable moteur de l’économie agricole et agroalimentaire du Massif Jurassien.

Au-delà des quelques contestations, nous avons senti un élan collectif d’adhésion aux évolutions du cahier des charges. Cet élan est notamment entraîné par les jeunes agricultrices et agriculteurs, lesquels, fiers de leur Comté, veulent une pérennité dans leur métier. Aussi sont-ils parfois plus exigeants sur les mesures que ceux qui ont la charge de la gestion de la filière !

C’est donc un encouragement que les responsables du CIGC ont reçu lors de ces réunions de secteur. Mais c’est aussi une lourde responsabilité à l’heure où toutes les règles de régulation des marchés disparaissent les unes après les autres. La filière Comté, elle, souhaite continuer à écrire l’Histoire de ses prairies et Montbéliardes, de ses fromageries, de ses caves ainsi que des femmes et hommes qui chaque jour, donnent le meilleur d’eux-mêmes !

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