Vie de la filière

AG CIGC : "La filière veut l’augmentation de la valeur ajoutée de ses Comté"

L’assemblée générale du CIGC, le 23 juin dernier, fut l’occasion de revenir sur une campagne 2016-2017 atypique, avec un volume de ventes en stagnation, mais une valeur en hausse.

Le CIGC devrait commencer son assemblée générale par un point météo, tant la nature et les conditions climatiques ont de l’importance pour tous les producteurs de Comté.
Cette campagne 2016-2017 en est la parfaite illustration avec une légère baisse de production (-1,3%) due aux conditions météorologiques, conduisant à une stagnation du volume des ventes.
A l’inverse, la valeur du Comté sur son marché s’est accrue de 8% par rapport à 2014. Cette situation particulière, préférable à celle d’une surproduction qui nuirait à la qualité des stocks, provoque des tensions sur les marchés et fragilise le Comté jeune, face à la concurrence grandissante des copies en tous genres, rivalisant de subterfuges marketing pour ressembler au Comté sans en avoir ni le naturel, ni le goût.
Claude Vermot-Desroches, Président du CIGC, tient bon le vent et réaffirme la volonté d’exigence de la filière : "La filière veut la croissance de la valeur ajoutée de ses produits. Cette année, la nature a été plus forte que le plan de régulation de l’offre que nous nous étions fixé, puisque la plupart des exploitations n’ont pas atteint la production espérée."

Dans ce contexte d’exigence sur la qualité des Comté et leurs modes de production, la révision du Cahier des Charges est un outil essentiel pour assurer aux consommateurs un fromage bien au-dessus de la mêlée. Les discussions sont en cours et portent sur des critères d’amélioration tels que le développement du pâturage, l’encadrement des fourrages complémentaires, l’interdiction d’un certain nombre d’auxiliaires nutritionnels dans les aliments concentrés… Et bien d’autres critères que de nombreux débats devront éclaircir afin de rapprocher les opinions tant les écarts existent sur certains points tels que l’affouragement, le maïs ou la taille des exploitations.
Le respect de l’environnement est lui aussi une préoccupation des filières et le dialogue est entamé entre le CIGC, l’URFAC et les associations environnementalistes. Les travaux sur le bilan carbone des exploitations et la biodiversité vont être démultipliés.
Enfin, le Président du CIGC a une nouvelle fois mis en garde contre les tentations individualistes d’une marchandisation des droits à produire, rappelant que ceux-ci sont attachés à l’atelier dans sa globalité et non à chaque exploitation.

> Pour tout connaître des actions du CIGC en matière de communication, de contrôles, de recherche ou encore de défense du Comté, consultez notre rapport d’activité en cliquant ici.

Modification du Cahier des Charges : quelles avancées pour le Comté ?

Le Cahier des Charges du Comté constitue une garantie, aux consommateurs et plus largement à la société, d'usages locaux, loyaux et constants. C'est la promesse d'un produit de terroir, issu des savoir-faire traditionnels, riche d'une très grande diversité. Inscrite dans la modernité, la filière Comté est loin d'être un musée. Elle sait intégrer le progrès. Cependant, force est de constater que certaines évolutions peuvent remettre en cause la promesse du Comté. Comment parler d'usages locaux si le pâturage régresse au profit d'un affouragement en vert ou que le maïs se développe en altitude ? Comment être loyal et constant si les savoir-faire traditionnels disparaissent ?
Face à la concurrence et l'évolution des structures et des modes de production, la préservation de l'identité du Comté à travers un approfondissement des mesures du Cahier des Charges est une nécessité. Ainsi, la commission technique du CIGC, alimentée par les travaux de groupes d'experts, a fait des propositions au Conseil d’Administration qui les a validées.
Loin des rumeurs, zoom sur les mesures validées par le Conseil d’administration pour le nouveau Cahier des Charges.

Les principales mesures sont les suivantes :

• Création d’une commission Innovation
> L’enjeu ? Evaluer la compatibilité des innovations avec l’identité du Comté.

• Interdiction de l’affouragement en vert au printemps, assortie d’une limite en nombre de jours
> L’enjeu ? Préserver le lien entre la prairie et la vache, renforcer les flux de micro-organismes entre les sols et le lait, source de typicité.

• Présence de 50 ares/vache laitière autour des lieux de traite
> L’enjeu ? Garantir un pâturage de proximité suffisant et prévenir la surdensité.

• Préservation des gestes manuels de la traite (nettoyage-tirage des premiers jets et connexion des faisceaux trayeurs)
> L’enjeu ? Préserver le savoir-faire et le professionnalisme que nécessite le lait cru.

• Principe de plafonnement de la taille des exploitations
> L’enjeu ? Conserver une agriculture familiale source d’emploi et de dynamisme du tissu rural.

• Accroissement du nombre d’espèces pour les re-semis de prairies
> L’enjeu ? Favoriser la biodiversité et la richesse organoleptique des Comté, sources de compétitivité.

(Publié le 23 juin 2017)