Vie de la filière

Economie des exploitations laitières : une mécanisation qui coûte très cher

Depuis quelques années, le visage des exploitations laitières en Bourgogne Franche-Comté se modifie. Globalement, la taille des bâtiments et celle des troupeaux augmente. Mais les résultats économiques sont-ils à la hauteur des investissements ?

"Nous nous sommes rendus compte qu'en 2015, le lait supplémentaire produit générait deux fois moins d'excédent brut d'exploitation que son équivalent en 2010. Cette dégradation de la valeur ajoutée de chaque millier de litres de lait produit nous a posé question", explique Pierre-Emmanuel Belot, délégué régional de l'Institut de l'élevage de Bourgogne Franche-Comté.

C'est sur cette base de réflexion que le réseau d'élevage a collaboré avec le service statistique et économique de la Draaf pour mener une étude poussée sur la typologie des élevages laitiers. Nommée "Concentration et intensification des élevages laitiers", cette étude s'appuie sur les 4 600 exploitations laitières de la grande région et montre globalement que la production de lait par hectare et la taille des troupeaux augmentent, mais pas la main d'oeuvre, qui stagne voire diminue. Ce constat induit un recours plus important aux frais vétérinaires et alimentaires. Mais le poste de charges qui affiche la plus haute progression en cinq ans est celui du matériel de mécanisation, suivi des investissements dans les aménagements et les bâtiments.
Toutes ces dépenses signifient amélioration des conditions de travail et modernisation de l'exploitation, mais aussi recours à l'emprunt. Hormis dans les systèmes les moins intensifs, l'étude constate la diminution globale de l'excédent brut d'exploitation entre 2010 et 2014. Dans tous les systèmes sans exception, une part plus importante de cet excédent est consacrée aux emprunts (+ 5 % en AOP montagne et + 18 % en plaine) provoquant des coûts de production très importants.

Résultat : si demain, le prix du lait AOP venait à chuter, ne serait-ce que de 50 euros la tonne, pas mal d'exploitations seraient en difficulté.

(Publié le 31 janvier 2017)