Vie de la filière

Sur les Routes du Comté avec... la filière Biathlon : la formation, atout clé de la réussite

Depuis le début des années 1990, avec seulement quatre cent pratiquants, la France fait partie des nations phare du biathlon. A l’instar de la filière Comté, la formation est un témoin de la performance.

Prémanon, un petit village du Jura. Un cadre naturel fabuleux mais cela semble s’arrêter là. A première vue seulement. Prémanon est souvent cité par les équipes de France. Il abrite le centre national de ski nordique (CNSN) et est le point de rassemblement des jeunes athlètes. Les biathlètes en ont fait leur camp de base.
« Nos athlètes ont leur appartement ici l’automne et l’hiver » confie Baptiste Desthieux, l’un des entraîneurs des juniors avec Fred Jean et Jean-Pierre Amat. Ici, à deux pas des Rousses, ils ont appris à vivre ensemble.
« Cela a été un changement radical pour moi, explique Emilien Claude, le benjamin de l’équipe de France qui a débarqué à l’automne au Pôle France. A Gerardmer où j’habite, je n’avais pas la chance d’avoir un groupe d’entraînement. Arriver ici m’a permis de franchir un cap. » Il y a les infrastructures sur le site des Tuffes (qui accueillera des épreuves des Jeux olympiques de la Jeunesse en 2020) et au centre national (chambres hypoxiques, cibles électroniques, …) mais l’intérêt de ce regroupement est aussi l’encadrement.
« On ne peut laisser des athlètes une semaine sans les voir, précise Baptiste Desthieux. Il y a un réel besoin d’être en lien avec nos coureurs et d’apporter un suivi pour le tir comme pour l’aspect mental. »
Caroline Colombo est au Pôle France depuis trois ans, elle commente : « Sans Prémanon, je ne sais pas si j’aurai continué le ski. Ici, j’ai appris le haut niveau. Je pensais faire le « job » mais j’en étais loin. J’ai réellement compris ce que cela signifiait en côtoyant des athlètes comme Aristide (Begue) ou Emilien (Jacquelin). »
Les groupes juniors sont plus petits qu’il y a deux ou trois ans. Le qualitatif a été privilégié au quantitatif. « Nous avons choisi d’avoir une équipe homogène mais la porte n’est pas fermée pour les autres » raconte Baptiste Desthieux. Le suivi, les liens tissés entre les athlètes et leurs entraîneurs - anciens athlètes pour les trois - est un des ingrédients de réussite.
Le biathlon français se porte au mieux. Le Centre national de ski nordique y contribue largement.

• REGARDS CROISÉS.- Jean-Claude Marguet,
Professeur à l’Ecole nationale de l’industrie
laitière (ENIL) de Besançon-Mamirolle : "
Il faut travailler pour être bon"
« A l’origine, les fromagers venaient chez nous pour compléter leur travail de terrain. Il y a plus de cent ans, les fromagers rataient parfois leur Comté sans comprendre pourquoi, c’est pour cela que nous avons développé des connaissances scientifiques (concernant le lait, l’environnement de fabrication, la bactériologie, la microbiologie, l’affinage…). Comme pour le ski nordique, être fromager est un métier de passion, pour les élèves autant que pour les professeurs. A l’ENIL, nous formons aux différents métiers de la filière Comté : aide fromager, second de fromagerie et maitre fromager à partir de la classe de troisième (CAP, brevet pro, bac pro, BTS, licence pro). Une quarantaine d’élèves est diplômée chaque année. A l’instar du biathlon, des qualités peuvent avoir été développées du fait de son environnement familial mais cela ne suffit pas, il faut travailler pour être un bon fromager. Nous délivrons avant tout des formations pratiques, via nos ateliers, des stages ou des alternances. Le Comté est notre passion mais le biathlon l’est aussi. Cette année, nous étions trois équipes de formateurs de l’ENIL au départ du Challenge biathlon organisé pour la filière Comté. »

(Publié le 20 mars 2017)