Vie de la filière

Sur les Routes du Comté avec... les Poneys, troupeau solidaire

A l’image de la filière Comté (lire ci-dessous le témoignage de Patrick Thomet), la solidarité est une des valeurs de la Team Poney. C’est même un des moteurs de sa réussite.

Ils se sont construits ensemble. Ont grandi ensemble. Sont montés sur leurs premiers podiums ensemble. Aujourd’hui, la Team Poney fait peur aux plus grands sprinteurs de la planète. Baptiste Gros, Renaud Jay ou Richard Jouve sont tous montés sur un podium d’une coupe du monde de sprint depuis deux ans alors que seul Roddy Darragon avait réussi cette prouesse auparavant. Et ils pourraient bientôt être rejoint par Lucas Chanavat, le plus jeune de l’équipe, vainqueur des qualifications du sprint de Davos et qui s’était hissé en finale mi-décembre avant de terminer 6e. « Notre force, c’est le collectif, explique ce dernier. C’est l’esprit d’équipe, la solidarité. Il y a deux ans lorsque j’étais blessé, je n’étais pas concrètement dans le groupe, je sortais de mes années juniors mais ils m’intégraient comme si j’étais parmi eux. » Blessé à son tour l’été dernier, Renaud Jay confirme : « Lorsque j’étais en rééducation à Hauteville, l’équipe a souvent pris de mes nouvelles et m’a envoyé des photos pour ne pas m’oublier. »
L’histoire a débuté à l’issue de l’hiver 2014, lorsque Cyril Burdet a créé ce groupe. Le plus ancien de l’équipe, Baptiste Gros, se souvient : « Il nous a parlé d’équipe pour réussir, il voulait amener un collectif au sommet et non pas des individualités. J’ai tout de suite adhéré à son discours. A l’entrainement, il y a une grosse densité. On sait que ça peut sourire à un des gars comme à un autre. » Il ajoute : « Lorsqu’il y a une victoire ou un podium, il est attribué au collectif » Lucas Chanavat confirme : « L’an passé, lorsqu’ils ont été trois en finale (face à trois Norvégiens) à Planica, j’étais frustré de ne pas être qualifié mais j’étais vraiment très heureux pour eux. »
En trois hivers, la Team Poney s’est forgée une identité. Une identité autour de l’esprit d’équipe et de la solidarité : « Nous nous sommes aidés mutuellement pour devenir l’une des meilleures équipes du monde. Notre force, c’est notre ambiance et notre même volonté de réussite. »
Parce que derrière cette image et ces sourires, se cachent des bourreaux de travail. Des gars qui s’entraînent aussi dur que les distanceurs, les vrais chevaux alors qu’eux ne sont que des poneys. En apparence seulement…

• REGARDS CROISÉS.- Patrick Thomet, Producteur de lait à Comté à Labergement-Sainte-Marie et grand fondeur (Transju’, Vasa, Birke…) : "Une chaîne de solidarité énorme"
« J’ai repris la ferme familiale suite au décès de mon père en 1986. Le métier me plaisait, tout se passait bien jusqu’à l’anéantissement de ma ferme en septembre 2013. Une panne électrique a provoqué un feu. En deux heures, le bâtiment que j’avais autoconstruit fut réduit en fumée. Heureusement, c’était pendant la traite, nous avions pu libérer les vaches dans les près entourant la ferme et elles ont toutes pu rester saines et sauves. Pour moi, j’ai eu l’impression que le ciel me tombait sur la tête. Puis, j’ai relativisé, je me suis dit qu’il y avait des choses plus graves. Et je me suis rapidement mis en phase de reconstruction. Cela a duré un an et demi entre les démarches administratives et la mise en place d’un nouveau bâtiment. Durant ces mois, j’ai été soutenu par mes collègues mais aussi par des voisins qui n’étaient pas du milieu. Il y a eu une chaine de solidarité énorme. Finalement, cela a tissé des liens entre nous tous ! »

(Publié le 5 février 2017)