Vie de la filière

Sur les Routes du Comté avec... Vincent Vittoz, d’athlète à coach

A l’image de la filière Comté (lire ci-dessous le témoignage de Véronique Rivoire), la réussite du ski nordique tricolore est en partie due à la transmission. La transmission d’un savoir et d’une passion.

lls sont en saut (Nicolas Dessum, Nicolas Bal…) ou en biathlon (Stephane Bouthiaux, Franck Badiou, Julien Robert…) ces anciens champions devenus entraîneurs nationaux. Ils le sont également en fond, comme Alexandre Rousselet. Comme Vincent Vittoz surtout. Premier tricolore vainqueur d’une coupe du monde, premier Bleu sacré champion du monde, le Cluse a ouvert la voie qu’avaient préparée Jean-Paul Pierrat et Hervé Balland. Retraité des pistes au printemps 2011, « Toz » a pris la responsabilité de l’équipe de France espoirs dans la foulée. « Je n’avais plus l’énergie suffisante pour rester athlète mais la passion du ski était toujours là, explique le fondeur des Aravis. Je sentais que je pouvais apporter quelque chose et j’avais envie de transmettre mon expérience comme ont pu le faire Patrick Remy ou Hervé Balland -ils étaient encore athlètes- avec moi lorsque je suis arrivé en coupe du monde ». La recette Vittoz n’a pas mis longtemps à porter ses fruits. Le doublé d’Adrien Backscheider et Damien Tarantola aux Mondiaux espoirs 2014 en est l’illustration.
Aujourd’hui, ils s’appellent Valentin Chauvin, Jules Lapierre ou Jean Tiberghien et apprécient le discours de celui qui a été leur modèle lorsqu’ils débutaient le ski. « J’avais une crédibilité lorsque je suis arrivé du fait de mon parcours, ajoute l’ancien numéro 2 mondial. Mais c’est très différent d’être coureur ou entraîneur. Je suis passé d’un statut ou tout était centré sur moi à celui d’être au service des athlètes. » Il termine : « Le fait d’avoir été à leur place me permet de leur faire gagner du temps pour qu’ils ne reproduisent pas les erreurs que j’ai pu faire, pour qu’ils se focalisent sur ce qui est important et laisse de côté ce qui ne l’est pas. » L’éclosion précoce de jeunes talents le confirme. Ces dernières hivers, plusieurs Bleus ont découvert la coupe du monde dès leur première année senior.

• REGARDS CROISÉS.- Véronique Rivoire, PDG de la maison d’affinage Rivoire-Jacquemin : "Il y a une forme de responsabilité de poursuivre le travail."
"Je n’étais pas programmée pour reprendre l’entreprise,j’avais un autre métier, j’étais juriste, mais mon père est décédé brutalement. J’étais la seule de la famille à vouloir reprendre. Ce fut un défi. Lorsque j’étais juriste, les clients venaient vers moi, maintenant,c’est à moi de les démarcher. C’est parfois difficile,c’est un métier assez dur mais c’est une passion et honnêtement, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. Il n’y a pas de routine, on se lève le matin sans savoir ce qui nous attend. Lorsque je suis arrivée, le métier ne m’étais pas inconnu, j’avais vu mes descendants travailler mais le faire, c’était autre chose. Il y a une forme de responsabilité de poursuivre le travail réalisé par les quatre générations précédentes (depuis 156 ans). Cette entreprise est le plus beau lien et c’est toujours notre point de rencontre familial alors je pense que je suis plus prudente, que je prends moins de risque que des collègues qui sont plus récents dans le métier."

(Publié le 21 novembre 2016)