AG du CIGC : la filière compte toujours sur l’intelligence collective

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Une centaine de personnes s’est réunie vendredi 27 mai au lycée Hyacinthe Friant de Poligny, à l’occasion de l’Assemblée générale du CIGC.

Ne jamais se reposer sur ses lauriers, c’est un peu la leçon à retenir de l’assemblée générale du Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté. Car si la filière se porte économiquement très bien, avec un prix du lait à Comté satisfaisant, les producteurs, transformateurs et affineurs savent qu’il ne faut ni s’emballer, ni rester sur leurs acquis. Avec + 3,9 % de production sur la dernière campagne et une hausse des ventes de près de 1 % en 2015, la filière est en forme. Oui, mais prudence.
Nous sommes à un virage, observe Véronique Rivoire, 1ère vice-présidente du CIGC. Le Comté a atteint un prix élevé par rapport aux autres fromages. Par conséquent, les Grandes et Moyennes Surfaces se demandent parfois si le Comté est vraiment indispensable dans leurs rayons, face aux imitations parasites. Il y a donc une absolue nécessité de se démarquer, en faisant connaître notre cahier des charges aux consommateurs et en travaillant sans cesse la qualité.
Autre point de questionnement : la cohésion de la filière. C’est humain, quand tout va bien, l’individualisme prend parfois le pas sur la solidarité. Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs, le souligne : la réussite du Comté tient au bon équilibre entre les trois maillons de la filière. C’est pourquoi les projets des coopératives doivent s’inscrire dans la déontologie qui a prévalu lors de la construction traditionnelle de la filière.
Alain Mathieu, président de la FDCL du Jura et 2ème vice-président du CIGC, renchérit : la réussite est là car nous l’avons construite ensemble. Les projets individualistes peuvent connaître un succès économique immédiat, puisque basés sur une réussite collective, mais ils fragilisent la filière édifiée depuis des décennies.
Face aux discours, des actes ! Pour donner l’occasion au Comté de se démarquer, la filière s’engage dans une réouverture du cahier des charges, afin d’améliorer encore les pratiques, et par conséquent l’image et la qualité du Comté. Claude Vermot-Desroches, président du CIGC, voit ici une volonté farouche et toute l’intelligence collective, nécessaires pour prendre ce virage incontournable.

RENCONTRE

Caroline Le Poultier : « Le Comté sait adapter son offre à la demande »
La directrice générale du CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière) a salué la passion et la cohésion des différents maillons de la filière Comté. « Votre filière sait adapter quantitativement l’offre à la demande des consommateurs. Elle sait aussi renforcer son cahier des charges pour mieux se différencier ». Sur la question de l’opposition « lait AOP et lait standard », Caroline Le Poultier a rappelé que « la richesse de la France, c’est sa diversité ». « Il faut à la fois des zones de lait conventionnel pour fournir la quantité qui permet de nourrir les gens et des zones de lait à forte valeur ajoutée, à l’image du Comté. »

EN BREF

Prix AOP : Le prix AOP lancé à l’automne 2015 dans onze comices du Doubs et du Jura sera reconduit en 2016 à plus grande échelle. Symbolique, cette distinction valorise les élevages les plus autonomes du point de vue des ressources fourragères (plus de ressources locales et moins d’intrants).

Les Routes du Comté : Outils touristiques de référence, Les Routes du Comté accueillent chaque année près de 300 000 visiteurs au coeur de la campagne franc-comtoise et des montagnes du Jura. Elles ont reçu le label EDEN de la Commission Européenne, encourageant le tourisme durable en Europe, en juin 2015. « Ces Routes du Comté sont le fruit d’une collaboration entre le CIGC et les collectivités locales », rappelle Valéry Elisseeff, directeur du CIGC.

Préserver le foncier : Le CIGC est désormais systématiquement consulté par l’INAO, lorsqu’il y a projet d’emprise foncière sur les terres agricoles. En 2015, la zone AOP Comté a été impactée à hauteur de 270 hectares, ce qui correspond à un potentiel de production de 80 tonnes de Comté. Le CIGC reste conciliant lorsqu’il s’agit d’aménagements modestes des zones rurales, mais s’oppose dès que l’emprise est importante, ou qu’il y a risque pour l’environnement ou l’image de la région. « La lutte pour le maintien du foncier est un sujet d’avenir pour la filière », estime Philippe Vivot.

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