Et si l’on apprenait à manger comme on apprend à lire ?

Les classes du goût en Franche Comté, c’est reparti !

Face à la pandémie d’obésité, la France s’est dotée depuis une petite dizaine d’années d’un ensemble d’outils qui visent, entre autres choses, à fournir aux enfants une information et une éducation nutritionnelles. Toutefois, si l’information nutritionnelle permet d’accroître les connaissances nutritionnelles globales, son impact direct sur le comportement alimentaire est moins évident.Ainsi, dans le cadre du Programme national pour l’alimentation (PNA), le Ministère de l’alimentation et de l’agriculture, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, relance le principe des classes du goût, initiées dans les années 70 par le spécialiste de l’éducation au goût Jacques PUISAIS.

La classe du goût, à quoi ça sert ?

Éduquer un enfant au goût l’amène à mieux se connaître lui-même et les autres, et à mieux comprendre son environnement, notamment au travers des différences culturelles alimentaires. Un apprentissage concret et ludique stimule son envie de goûter des aliments nouveaux et même initialement aversifs, comme ceux au goût amer : l’essentiel est de lui donner l’envie de découvrir le coing ou le panais, le plaisir de déguster des endives, ou celui de reconnaître des herbes aromatiques.

Qu’est-ce qu’on apprend pendant la classe du goût ?

A développer sa CURIOSITÉ et sa CAPACITE A VERBALISER ses sensations ! L’enfant a une extraordinaire acuité des sens qu’il ne sait pourtant pas développer. Nombreux sont ceux qui ne prêtent pas attention à l’origine des aliments, à leur préparation : les inciter à accompagner leurs parents sur les marchés, ou à enfiler un tablier pour préparer un repas, ou encore goûter des aliments inconnus, sont les objectifs prioritaires des ces classes gastronomiques. De plus, au-delà de l’aspect culinaire, les classes du goût s’inscrivent dans un programme pédagogique plus large. Elles permettent ainsi de faire comprendre le comportement alimentaire humain, de valoriser la culture culinaire, de mieux connaître le patrimoine et le terroir qui s’y rattache. Elles sont aussi l’occasion d’aborder avec les enfants toute la dimension de l’acte de manger, qui est à la base du modèle alimentaire français : vivre, réjouir et réunir.

6 classes vont ainsi avoir lieu en Franche-Comté en 2012, au moins une par département.

Ce projet est cofinancé par la DRAAF, Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt et par le CIGC, Comité Interprofessionnel du Gruyère de Comté. L’animation est assurée par deux spécialistes régionaux de l’éducation sensorielle et adhérents au réseau national du goût, Claire PERROT et Didier SINTOT. La séance concernant la connaissance des produits du terroir sera coanimée avec l’INAO, Institut national de l’origine et de la qualité.

Concrètement, comment ça se passe ?

Les classent du goût comportent 8 séances pédagogiques d’1h30 chacune, sur les thèmes suivants :
– Séance n°1 : LES CINQ SENS dans la dégustation
– Séance n°2 : LE GOÛT, la ronde des saveurs
– Séance n°3 : L’OLFACTION ou la mémoire des odeurs
– Séance n°4 : LA VUE, première barrière sensorielle
– Séance n°5 : LE TOUCHER, L’OUÏE : sensations tactiles, thermiques et auditives
– Séance n°6 : LA MULTISENSORIALITE EN BOUCHE : rétro-olfaction, stimulations physiques et chimiques
– Séance n°7 : LES SPÉCIALITÉS RÉGIONALES : notre patrimoine
– Séance n°8 : LA GASTRONOMIE

Grâce au CIGC, chaque classe bénéficiera en plus d’une séance complémentaire dédiée spécifiquement au Comté, produit phare de notre terroir. Lors de cette séance, les enfants découvriront le Comté à travers :
– Une présentation vivante du Comté, grâce à des visuels adaptés et si possible une personne de la filière (agriculteur ou fromager)
– Une micro fabrication. C’est à dire fabrication d’un petit fromage à la manière du Comté en utilisant un litre de lait au lieu de 400.
– Une dégustation de 4 ou 5 différents Comté pour mettre en évidence de l’importance des notions de terroir, de saison, de savoir-faire et d’âge.
Par ailleurs, le Comté sera utilisé comme un « fil rouge » dans le cadre des animations, en conclusion des séances chaque fois que c’est possible, par exemple sur l’olfaction (comparaison odeur extérieure et intérieure sur un morceau), sur la vue (comparaison de deux Comté aux odeurs d’herbe et de foin) ou sur l’ouïe (utilisation d’un vieux Comté très cristallisé et crissant ou de la rognure couinante, l’outil de l’affineur : la sonde pour « sonner » les fromages) et, naturellement en l’intégrant aux séances terroirs et signes de l’origine et de la qualité.

Vers la pérennisation des classes du goût par les enseignants ?

Dans le cadre de cette action auprès des enfants, l’animateur propose aux enseignants une sensibilisation préalable à la pédagogie du goût, puis dresse le bilan des classes avec eux. Ces séances permettront aux enseignants motivés de poursuivre la démarche des Classes du Goût de façon autonome les années suivantes, avec l’aide d’outils pédagogiques mis à disposition par le Ministère de l’alimentation.

Le calendrier 2012 :

Doubs

Ecole Guillaume ALDEBERT Naisey-les-Granges
Classe mixte CE2/CE1 de Céline Mullin : 5 avril, 7, 10, 29 mai. Journée Comté le 31 mai.
– Deluz
Classe mixte CE2/CE1 de Marjorie Breney : 21 février, 19 mars, 27 mars et 6 avril; Journée Comté le 5 juin.

Jura

Port-Lesney
Classe mixte CE2/CM1/CM2 de Philippe Dubois : 23 fev, 23 et 29 mars, 3 avril. Journée Comté le 6 avri
– Ecole Jules Grévy de Mont-sous-Vaudrey
Classe mixte CE1/CE2 de Marie-Laure Leroy : 02, 23 février, 20 et 29 mars. Journée Comté le 3 avril

Haute-Saône

Vitrey-Sur-Mance
Classe mixte CM1/CM2 de Michaël Pierret : 13 avril, 7, 11 et 30 mai. Journée Comté le 4juin.

Territoire-de-Belfort

Ecole Emile-Gehant de Belfort
Classe mixte CE2/CE1 de Marie-Laure Doillon : le 26 janvier, 02, 20 février, 27 mars. Journée Comté le 5 avril.

Voir ici le reportage vidéo de Besançon TV !

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