Insolite : ils passent l’option “traite” au bac !

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D’autres ont musique ou sport… Au lycée Lasalle de Levier, Pierre Bouveret propose une option traite à ses étudiants de Terminale. La traite, ça ne s’appréhende pas d’une traite !

« Il faut valoriser les gestes de la traite des vaches, c’est un geste à l’égal du toucher du fromager qui teste le grain de caillé ou du caviste en train de sonder un fromage. » Enseignant au lycée Pierre Lasalle de Levier, Pierre Bouveret parle de noblesse des gestes quand il évoque ce moment particulier qui, aussi sûrement que le balancier de l’horloge comtoise va une fois dans le tic et revient une fois dans le tac, est un éternel rendez-vous quotidien du matin et du soir. Pour valoriser cet instant, Pierre Bouveret propose une option traite aux lycéens qui préparent un bac sciences, techniques de l’agronomie et du vivant. En première et en terminale, les étudiants se retrouvent chaque semaine pendant 2h30, d’abord pour suivre des travaux dirigés jusqu’à la fin de l’hiver, puis sur le terrain dans les fermes des alentours. Cinq producteurs de lait du pays ont signé une convention et accueillent une dizaine d’étudiants dont un bon nombre de filles. « À Levier, la proximité avec les AOP est forte puisque nous sommes dans le secteur du Comté, du Morbier et du Mont d’Or. La production est travaillée en lait cru, cela donne à la traite encore plus d’attention, de remises en cause quotidiennes. »

Les étudiants n’ont plus le parcours balisé des générations précédentes où tous, ou presque, étaient élevés « au cul des vaches ». « Ils n’en sont pas moins passionnés, volontaires, attentifs. Les agriculteurs qui les accueillent sont très pédagogues », explique Pierre Bouveret. Les moments passés dans les fermes en compagnie des tuteurs ouvrent des pages qui ne sont pas dans les manuels, celles où s’écrivent l’intimité de l’étable, les petits trucs de chacun, qu’on irait jusqu’à appeler les secrets maison. « Quand l’un des éleveurs partenaires me dit : celui-là ou celle-là je lui laisserais bien le troupeau, c’est une belle satisfaction » souligne Pierre Bouveret.

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