Retour sur… Passeurs de passion à la fruitière (exposition à Pontarlier)

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«Il est temps de “Comté” la fruitière » : le titre de l’exposition présentée à la Chapelle des Annonciades de Pontarlier du 24 octobre (le jour du Super Comice) au 15 novembre 2015 sonnait un peu convenu. Son vrai thème, « passeurs de passion autour de la fruitière », est plus original. Il correspond mieux à la sève irradiante qui pousse les hommes à faire vivre les fromageries du massif jurassien que traduisait l’expo. On doit l’initiative à un quatuor enthousiaste : Michel et Jean-Pierre Gurtner, enseignants respectivement à l’ENIL de Mamirolle et au lycée agricole de Levier, Martine Matton, enseignante à Mamirolle aussi, et Annie Brischoux, directrice des archives de la Ville de Pontarlier.

Les archives pontissaliennes recélaient un trésor : le recensement des fruitières par le subdélégué du baillage de Pontarlier en 1784. A l’époque, les fruitières s’identifient moins à un chalet qu’à une association de paysans réunissant assez de vaches pour fabriquer une meule de « gruière ». On mêle le lait uniquement pendant la saison d’herbe, de fin avril à octobre. Chaque foire de la Saint Georges à Pontarlier est l’occasion pour l’émissaire de la fruitière d’aller « louer » un fromager suisse. Charge à celui-ci de fabriquer dans une ferme puis la suivante selon le « tour de fromage ».
Celui qu’on désignerait aujourd’hui comme le sous-préfet de l’arrondissement dénombre alors 305 fruitières ! Une seule dans certains villages, mais jusqu’à 10 aux Hôpitaux Vieux et à Arc-sous-Cicon, 13 à Montlebon, 14 à Rochejean et 17 à Jougne !

Dans une démarche audacieuse, les frères Gurtner ont mis leurs pas dans ceux du subdélégué de Louis XVI. Ils sont allés visiter chacune des 63 fruitières de l’arrondissement en 2015, ont immortalisé présidents et fromagers. Cela valait aux Annonciades une grande toile de 5 mètres de long avec un patchwork original de tous ces hommes de l’art.
L’exposition présentait cette histoire sur des panneaux. Ses instigateurs ont également repris plusieurs extraits de best-sellers abordant le Comté : « Les Misérables » de Victor Hugo, « Le Tour du monde par deux enfants » (manuel scolaire très populaire fin XIXe), jusqu’à des ouvrages références plus récents de Michel Vernus et d’André Dasen.

Autre singularité de l’exposition, le tapissage de 60 ans d’affiches de publicité du Comté (du CIGC) par lesquelles on mesure les stratégies successives de communication. Et les deux grands murs de la chapelle garnis de la ligne colorée de 72 grandes étiquettes rondes de Comté. Une initiative originale puisqu’elle faisait découvrir l’intégralité de chacune de ces étiquettes d’affineur apposées sur le plat de chaque meule dont, par nature, le consommateur ne connaît que la bande réduite attachée à son morceau de Comté.

L’exposition a fait l’objet de l’édition à 2500 exemplaires (déjà épuisés) d’un livre éponyme édité par la Ville de Pontarlier…

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