Réunions de la filière Comté : Débattre d’un avenir commun

Devant le succès des réunions de secteur organisées début 2010, le CIGC a décidé de renouveler en 2011 le même type de rencontre.

Ainsi 5 réunions ont été programmées et ouvertes à tous les opérateurs de la filière Comté, c’est à dire éleveurs, fromagers, affineurs, afin de débattre de leur avenir commun. « Il est en effet de notre plus grand intérêt de réfléchir ensemble sur les valeurs de notre AOP et sa place dans son environnement technique, social et économique. Nous devons nous positionner, anticiper, afin que notre filière continue à participer à l’essor de l’agriculture et de l’agroalimentaire régional », indique le président Claude Vermot-Desroches.

Questions/Réponses

Nous publions ci-dessous les questions les plus souvent posées et les éléments de réponses apportés par les professionnels représentants le CIGC.

La fin des quotas signera-t-elle l’explosion de la production laitière ?
Les récentes réattributions de volumes de production sur ces dernières campagnes donnent un avant goût de ce que sera un marché du lait sans limitation de production. Certains producteurs sont tentés de produire plus. Il est donc urgent de se pencher sur ce problème et de réfléchir collectivement pour de produire plus de lait que ce qui peut se vendre. Ce qui est en jeu, c’est la capacité des opérateurs de la filière à maintenir leur revenu. La surproduction est synonyme de dépendance et de perte de pouvoir de négociation.

Que faire des éventuels excédents de lait ?
Nous devrons gérer collectivement et solidairement avec les autres filières AOP, Morbier, Mont d’Or et Bleu de Gex la question des éventuels excédents de lait qui apparaîtront avec la sortie des quotas. Produire du fromage qui viendrait concurrencer le Comté serait suicidaire ; aller reporter la surproduction sur les autres AOP n’est pas envisageable. Quant à l’autre marché (lait standard), les débouchés seront incertains et limités.

Dans ce contexte, quel peut-être le rôle du cahier des charges du Comté ?
Il ressort de ces réunions un premier élément de consensus, le CIGC est plus que largement approuvé d’avoir procédé à une première anticipation de la fin des quotas en enrichissant le cahier des charges du Comté de mesures plafonnant la productivité : le plafonnement des engrais minéraux azotés à 50 unités, celui des aliments complémentaires à 1800 kg par vache, celui du lait/hectare à 4600 litres sont autant de garde-fou. Il a surtout été demandé par la base des producteurs que les plans de contrôle nouvellement mis en place prouvent leur efficacité rapidement en empêchant tout dépassement de ces plafonds.

Le cahier des charges peut-il, à lui seul, constituer un élément d’équilibre du marché ?
Non, bien sûr. Il se contente de définir des plafonds. La pratique moyenne se situe bien en deçà de ces plafonds, et chacun a conscience qu’il serait doublement suicidaire que la pratique moyenne devienne la pratique maximale, parce que la filière Comté y perdrait son âme, et parce que le marché répondrait par un écroulement durable des cours.

Le plan de campagne est un outil important de la filière Comté pour mettre en adéquation offre et demande. Quelles sont les conditions de sa réussite ?
Le Comté est, avec le Beaufort, le seul fromage AOP à bénéficier d’un plan de campagne négocié annuellement entre les différents partenaires de la filière et validé par l’État. La reconduction du plan de campagne Comté par France Agrimer pour 2011/2012 manifeste l’incroyable force de cette filière qui sait depuis 15 ans trouver les compromis nécessaires pour concilier intérêts individuels et intérêt collectif. Mais en contrepartie le Comté n’a pas le droit de refuser la croissance.

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