Sécheresse 2015 : la filière Comté demande des dérogations

Compte tenu de la situation météorologique particulièrement exceptionnelle pour les éleveurs cet été, le Conseil d’administration du CIGC demande ce jour à l’INAO des dérogations concernant l’alimentation des animaux.

La sécheresse qui sévit depuis plusieurs semaines sur le massif du Jura met à mal les exploitations laitières de toutes les AOP, ainsi que celles de lait standard.
Le Conseil d’administration du Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté (CIGC), réuni le vendredi 31 juillet dernier, se montre très préoccupé par les conséquences de cette situation pour les éleveurs.
En effet, actuellement, nombreuses sont les exploitations agricoles qui ont déjà recours au foin pour nourrir leurs animaux. Par ailleurs, les quantités de foin et de regain récoltées sont très inférieures à la normale. À moyen terme, se posera la question des stocks de fourrage disponibles dans ces exploitations pour nourrir les animaux jusqu’à la fin de l’hiver.

Si les conséquences précises de cette situation ne sont pas encore connues, elles pourraient cependant s’avérer dramatiques pour certaines exploitations. Aussi, le Conseil d’administration du CIGC demande ce jour à l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) de pouvoir bénéficier d’aménagements temporaires du cahier des charges, comme le prévoit la règlementation européenne (article 6.3 du règlement délégué n°664/2014).

En pratique, le CIGC demande dans un premier temps, pour les exploitations agricoles qui seront dérogataires, que soient autorisés :
• L’achat de fourrage à l’extérieur de la zone AOP.
• La distribution, pour les génisses uniquement, d’aliments mélassés sans azote non protéique, afin d’éviter la consommation des stocks de foin prévus pour l’hiver.

Le CIGC rappelle avec force que dans tous les cas, les aliments interdits sur l’ensemble de l’exploitation (aliments fermentés, balles enrubannées) le resteront.

Les dérogations pourront rentrer en application dès l’accord de l’INAO. Les modalités d’application de ces dérogations sont sous-tendues à leur acceptation et seront, dans tous les cas, à motiver par la présentation d’un bilan fourrager de l’exploitation, prouvant les difficultés rencontrées.

Le CIGC demande également à ce que toute exploitation qui aura dépassé le plafond autorisé de concentré demande une dérogation et présente un bilan fourrager comme justification. Dans le cas contraire, le dépassement fera l’objet d’une non-conformité et sera sanctionné. Des modèles de demande de dérogation seront disponibles dans les ateliers de fromagerie.

« Une AOP est toujours l’expression du terroir qui ne peut donner que ce qu’il a, notamment en fonction des aléas climatiques, rappelle Claude Vermot-Desroches, président du CIGC à l’issue du Conseil d’administration. Les éleveurs ne doivent pas courir après une production maximale de lait, mais au contraire viser la qualité du Comté et optimiser leur production en privilégiant le lien au terroir. »

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