Sur les Routes du Comté avec… l’Équipe de France de Saut.

Une vision artisanale.- Comme dans le Comté, le saut est une histoire de passion, de personnes qui se sont battues pour que la discipline persévère et se développe. Sans le même professionnalisme qu’en Autriche ou en Norvège, mais avec au moins autant de motivation.

Le saut aurait pu n’être qu’un vieux souvenir en France, celui de la victoire de Nicolas Dessum – unique tricolore vainqueur d’une coupe du monde – sur le tremplin de Sapporo en 1995. Il aurait pu être enterré en 2006 après les Jeux de Turin par manque d’enthousiasme de la jeune génération mais quelques amoureux ont tenu la discipline à bout de bras. Puis les filles ont formé leur cocon et Coline Mattel, médaillée olympique et mondiale et vainqueur de deux épreuves de coupe du monde, a médiatisé la discipline. Aujourd’hui, le saut a rebasculé dans l’inconnu. Chez les garçons, il n’y a plus de véritable équipe. Quelques coureurs tentent d’accrocher le wagon emmené par Vincent Descombes-Sevoie, leader des sauteurs français. « Il manque une dynamique, des résultats, des  jeunes qui découvrent notre sport. ça se joue à peu de choses mais nous avons déjà des tremplins dans la plupart des régions, c’est une force sur laquelle nous devons nous appuyer . » confie Gérard Colin, le coach français. Vincent Descombes-Sevoie, auteur d’un premier top 10 il y a un an, confirme : « C’est Comme dans le Comté, le saut est une histoire de passion, de personnes qui se sont battues pour que la discipline persévère et se développe.

Sans le même professionnalisme qu’en Autriche ou en Norvège, mais avec au moins autant de motivation. Difficile d’obtenir les mêmes résultats que les grosses nations sans les mêmes moyens, sans bénéficier d’outils comme une plateforme de force, un farteur à temps complet ou la possibilité de faire coudre les combinaisons en France qui nous permettrait d’être plus réactif . »
Le sport est souvent une histoire de budget. Le saut est d’abord une histoire de règles, de contraintes qui sont les mêmes pour tous. La performance passe par la légèreté et l’explosivité. « À partir de mai, je fais attention à mon poids, précise le Chamoniard. Il faut trouver du plaisir dans la restriction. On doit être léger mais en même temps être en forme physiquement. C’est un compromis que l’on maitrise de mieux en mieux avec l’expérience. » Le poids est mesuré, le centre de gravité sur les skis, la longueur des chaussons ou les combinaisons le sont également.

Le saut demande plus de rigueur que la plupart des autres sports. De la rigueur pour atteindre l’excellence, même artisanalement, à l’image de la filière Comté qui met tout en place pour obtenir la meilleure qualité.

Regards croisés :

Laurent et Franck Courvoisier, agriculteurs, producteurs de lait à Comté à Chapelle-des-bois (Doubs).

« Le ski de fond est dans nos gènes. Nous sommes nés à Chapelle-des-Bois, depuis tout petits la Transjurassienne passe sous nos fenêtres. Notre père était agriculteur mais ils tenait également un magasin de location l’hiver, nous ne pouvions donc pas échapper au ski. Nous avons couru à un bon niveau régional, Franck a même été en Équipe de France Juniors (il était notamment aux côtés de Christophe Perrillat et Jean-Marc Gaillard). Depuis, nous avons repris l’activité de notre père mais le ski est resté une passion.
Nous avons évidemment participé à la Transju mais également plusieurs fois à la Vasa au milieu de 15 000 coureurs (2e français en 2014) et dans des paysages magnifiques, cela reste de grands moments. Aujourd’hui, nous sommes tous les deux parents de trois enfants et avec notre travail astreignant, nous ne prenons quasiment plus le départ à des courses mais le ski reste un plaisir et un moyen de s’évader… »

Actualité suivante

Herbe : bien nourrir ses vaches sans trop dépenser, c’est possible ! (janvier 2016)