Sur les Routes du Comté avec… les fondus du relais olympique

À l’instar du Comté où producteurs, coopératives et affineurs travaillent main dans la main et s’entraident pour produire un fromage de grande qualité, les relayeurs du fond (médaillés olympiques) mettent en avant leur solidarité pour une satisfaction collective et une addition de haute valeur ajoutée.

Ils trépignent dans l’aire d’arrivée de Rosa Khutor. Jean-Marc Gaillard, Maurice Manificat et Robin Duvillard sont en train d’écrire une page de l’histoire de leur sport. Ils n’attendent qu’Ivan Perrillat-Boiteux pour partager cet instant magique. « Finisher » des Bleus, le Bornandin déboule au bout de la dernière ligne droite. Le clan tricolore a la banane. Le quatuor vient de signer un exploit collectif, se parant du bronze olympique en récoltant la seule médaille française par équipe de ces XXIIe Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi.
« Le relais est une course qui nous tient à coeur culturellement, raconte Jean-Marc Gaillard, le plus expérimenté du quatuor. La réussite se partage, elle a une autre saveur que lors d’une course individuelle. C’est d’ailleurs la victoire du relais tricolore en Coupe du monde à La Clusaz en 2004 (avec Alexandre Rousselet, Christophe Perrillat, Vincent Vittoz, Emmanuel Jonnier) qui a fondé cet esprit d’équipe et qui a montré que nous pouvions réussir collectivement. »
Robin Duvillard file dans la trace. « Le relais nous habite depuis toujours. Il tisse des liens entre les générations. Lorsque je suis arrivé en équipe de France, j’étais motivé à l’idée de courir aux côtés des anciens. »
En 2010, Maurice Manificat était le petit nouveau de la bande. Au Canada, la médaille d’argent tendait les bras aux fondeurs français, battus sur le fil par les Norvégiens et les Tchèques. « Sur le coup, Manu (Jonnier) notre dernier relayeur l’avait très mal vécu. Mais deux jours plus tard, soutenu par l’équipe, ce n’était plus qu’un mauvais souvenir. »
La solidarité est une valeur forte du relais que l’on retrouve également dans la filière Comté quand un producteur ou une fruitière rencontre un coup dur, un incendie par exemple. « On n’en voudra jamais à un coureur s’il rate son relais, termine Ivan Perrillat-Boiteux. Cela fait partie de la course et lorsque cela marche comme prévu, c’est un grand moment que l’on peut partager avec tout le staff. »

Mais dis-nous, Maurice, tu l’aimes comment ton Comté ?

Et toi Jean-Marc, tu l’aimes comment ton Comté ?

Et toi Robin, tu l’aimes comment ton Comté ?

Enfin, toi, Ivan, tu l’aimes comment ton Comté ?

Regards croisés : François Guy*
« Depuis une vingtaine d’années, j’ai repris l’exploitation familiale et je travaille dans la filière Comté. Avant cela, j’ai couru quelques années en équipe de France de ski de fond, j’ai notamment terminé 15e lors du 30 km des Mondiaux juniors en 1992, quelques semaines après le titre olympique en combiné de Fabrice, mon cousin. Cela reste d’ailleurs le plus grand moment sportif que j’ai vécu, j’étais au bord de la piste aux Saisies pour les Jeux d’Albertville. Après avoir arrêté ma carrière, j’ai poursuivi le ski de fond.Notre métier nous permet d’être plus disponible l’hiver et je peux entraîner les jeunes du Risoux-Club Chaux-Neuve. J’ai souvent participé à la Transjurassienne (régulièrement dans les 30 meilleurs, ndlr). Traverser mon village et être encouragé par mes proches, cela donne des frissons. Depuis deux ans, je ne participe plus à l’épreuve car je suis responsable du tracé entre Chapelle-des-Bois et Mouthe. La Transju, c’est un moment fort pour notre région, comme l’est également la Coupe du monde de combiné à Chaux-Neuve où je donne également un coup de main dans la préparation de la piste. C’est une semaine intense mais qui apporte beaucoup de bonheur…”

Visionnez le reportage vidéo sur la journée de François Guy au coeur de la Coupe du monde de Combiné nordique de Chaux-Neuve !

*producteur de lait à Comté et ancien fondeur de l’Équipe de France.

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