Benoît Cantin : "le fromage et le métier en partage"

(publié le 02 février 2016)

(Photo © CIGC / Petit)

Viscéralement attaché à sa profession et à sa fruitière de Passavant-Chazot, Benoît Cantin se décrit lui-même comme gardien d’une certaine tradition. Une rigueur, qui, grâce à l’aide de son épouse Marleyne et la confiance de ses producteurs, n’est cependant pas  incompatible avec une grande volonté de développement...

Il est arrivé en 2003 à Passavant (Doubs) en provenance de Chazot, justement lors de la fusion des deux coopératives facilitée par ce lien humain. C’est peu dire qu’en 13 ans, la fruitière passinoise a connu quelques petites révolutions en grande partie liées à la confiance que vouent ses 19 sociétaires à leur fromager Benoît Cantin. « Les sociétaires me font confiance à 100% et c’est tant mieux parce que je n’aime pas les relations plombées par le doute » dit l’intéressé, lui-même fils d’agriculteur, diplômé (BTS) de l’ENIL de Mamirolle.

Benoît, 42 ans, n’est pas seulement l’homme qui, assisté d’un second et d’un apprenti, transforme 4,5 millions de litres de lait/an en Comté. « J’ai toujours aimé vendre le produit et partager mon métier », raconte-t-il. Le chalet ne comportait pas de magasin. Benoît a commencé à vendre du Comté pour les habitants locaux. Puis la vente s’est développée, profitant de l’axe Baume-les-Dames-Pontarlier sur lequel la fromagerie se trouve. Un magasin s’est ouvert, d’abord exigu. En 2008, du fait de l’essor de la boutique, Marleyne, épouse du fromager, est embauchée. En plus du Comté (trois âges de 9 à 24 mois), du beurre et de la crème, Benoît fabrique un fromage blanc maison, envisage d’y ajouter une autre spécialité. L’étal comprend d’autres AOP comtoises fournies par d’autres fruitières, du miel... Le magasin est à nouveau agrandi fin 2014. Sur le dernier exercice, il affichait 400 000 € de chiffre d’affaires.

La progression n’est peut-être pas terminée. Benoît fait l’homme sandwich pour la fruitière en allant « fromager » à l’ancienne dans diverses manifestations locales. Et fin 2014, avec les travaux d’agrandissement de l’atelier, les coopérateurs ont fait installer une passerelle de visite qui surplombe les 4 cuves de cuivre. « Avec l’office du tourisme de Baume-les-Dames, on a mis en place des visites les mardis et jeudis de juillet-août » indique celui qui se décrit dans un rire en « gardien de la fromagerie » parce que sa famille habite le lieu. Gardien ? C’est un peu plus que ça...