Bien-être animal : des solutions pour lutter contre le parasitisme bovin (2019)

(publié le 15 juillet 2019)

Lionel Grisot, vétérinaire à Frasne, avec Hervé Mivelle, éleveur à Mignovillard.

Les Groupements de Défense Sanitaire Doubs / Jura et les Groupements Techniques Vétérinaires Doubs / Jura proposent une formation sur la « Gestion raisonnée du parasitisme ».

Le parasitisme bovin est un problème majeur et récurrent pour les éleveurs, particulièrement sur une zone comme celle de l’AOP Comté où les vaches vont beaucoup à l'herbe etsont souvent dehors. Sans prévention, ses conséquences peuvent être graves pour les animaux : mauvais état général (et donc baisse de production) pouvant aller jusqu'à la mort. Néanmoins, ce serait un tort d'administrer des antiparasitaires à tout va aux animaux, sans connaître l'ennemi que l'on combat !
D'où la nécessité d'une gestion raisonnée de ces hôtes envahissants, dont les plus connus sont les douves, strongles, tiques, poux, acariens, etc. "Il existe des dizaines de parasites, répertoriés en cinq ou six grandes familles dans notre région, qui se développent en fonction des modes de pâturage, du terrain (sec ou humide, léger ou lourd), de la population d'animaux ayant foulé le sol, etc.", explique Lionel Grisot, vétérinaire à Frasne.

Analyser d’abord, traiter ensuite

La formation "Gestion raisonnée du parasitisme" dure un jour et demi, presque entièrement prise en charge par des fonds européens. Elle réunit une dizaine d'éleveurs et permet de parfaire les connaissances de chacun en donnant des clés générales pour mieux gérer le parasitisme à l'échelle de son exploitation. "Ensuite, on parle tous le même langage. Les éleveurs mettent en place des conditions d'élevage propices à minimiser le parasitisme et si un phénomène est observé, on fait les choses dans l'ordre : d'abord un diagnostic et une analyse (de sang, de lait ou de matières fécales) pour identifier le parasite et ensuite seulement, le bon traitement, au bon moment, à bon escient."
Comme pour les antibiotiques, les éleveurs sont de plus en plus vigilants à n'utiliser les antiparasitaires que lorsqu'ils sont strictement nécessaires. Les vétérinaires s'attendent d'ailleurs à ce que l'Etat agisse dans l'avenir sur ces questions, comme il l'a fait avec les plans Ecoantibio, qui permettent de réduire les risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire.

> Lire aussi notre article sur la phytothérapie et l’aromathérapie.

Témoignages

Marie-Hélène Marion est en GAEC avec Denis Marion et Gilles Jeanningros.
Vincent Gavignet, Christophe Billet et son fils Thomas.

• Marie-Hélène Marion, GAEC des Narbaud, Villeneuve-d’Amont : «Le stage m’a permis de revoir totalement mes pratiques. Nous avons des champs très humides et je traitais systématiquement au tarissement, au vêlage et à la rentrée des vaches laitières. Ce n’est plus le cas maintenant. Nous allons mettre en place un protocole de soins avec le vétérinaire et voir ce qui est nécessaire ou pas. D’ores et déjà, j’ai acquis plusieurs réflexes : je n’ai pas traité les génisses et les jeunes veaux tout de suite à leur entrée au pâturage, afin de les mettre en contact avec le parasite pour les immuniser. Je ne mets pas les animaux dans les pâtures en bordure de marais pendant les périodes humides et je n’installe pas les veaux là où les vaches adultes viennent de pâturer.»


• Christophe Billet, GAEC de la Croix de Vers, Valempoulières : «Je pratique la gestion raisonnée depuis 20 ans. Avec Vincent Gavignet, mon associé, on traite les veaux de l’année à leur sortie au pâturage début juin et on traite les génisses d’un ou deux ans à la même période, mais celles-ci ont déjà passé cinq semaines en champ. Elles sont donc soumises aux parasites et peuvent mieux s’immuniser. C’est un conseil donné par le vétérinaire, Jérôme Frasson. A l’hivernage, des coproscopies sont effectuées sur les 3 lots de génisses et sur les vaches laitières. Selon les résultats, nous traitons seulement si nécessaire. Pour les strongles, en général, il y a toujours besoin (sauf pour les veaux de l’année), pour les douves, ce n’est pas systématique.»