Gestion des fruitières à Comté : La force de la solidarité

Chargement des Comté à Flangebouche

Pour illustrer ce dossier, nous avons pris l'exemple de trois coopératives à Comté qui réunissent chacune une vingtaine de sociétaires et qui transforment un litrage similaire. Chacune a choisi un mode de partenariat spécifique.

Un profil identique mais pas de modèle unique. Chaque coopérative possède un mode de fonctionnement original selon son histoire, la personnalité et la manière de travailler du président qui imprime un style de gouvernance : centralisé ou réparti, mais toujours démocratique.

Comment impliquer les producteurs dans leur fromagerie, quelle que soit la taille de la fruitière ? Décider ensemble, en conseil d'administration, et informer les sociétaires semble être le minimum requis. Les sociétaires peuvent-ils participer davantage à la vie de la coopérative ? En devenant administrateur, certes, mais pas seulement : il arrive des moments où les rangs se resserrent, les énergies se concentrent autour d'un projet, pour des travaux, une fête, une difficulté... La base d'une coopérative, c'est la solidarité.

La filière Comté vient de mettre en place un groupe de travail FDCL-CIGC pour préserver ces atouts et renouveler le sociétariat. Un voeu formulé par tous : que les jeunes générations de producteurs de lait à Comté soient prêtes à prendre la relève !

Fruitière de Flangebouche : une gouvernance originale

Le chargement des Comté, 4 fois par mois : un lieu de rencontre entre sociétaires et membres du conseil d'administration
Le président Olivier Vivot fortement impliqué dans la gestion quotidienne
Tableaux, montages informatiques... les administrateurs ont tous les éléments pour décider

À Flangebouche, le président consacre 3 jours par semaine à la gestion de la coopérative. Les 9 membres du conseil d'administration connaissent l'ensemble des dossiers et se réunissent une fois par semaine.

Olivier Vivot s'est installé sur la ferme familiale en 2007, un Gaec à 4 associés, « bien structuré, où chacun a des responsabilités extérieures ». Il a très vite été choisi par le conseil d'administration comme président de la coopérative.

Non parce que son père était l'ancien président mais à cause de sa disponibilité et de son expérience : il a travaillé comme responsable d'un secteur agricole au Crédit Agricole. Gérer une fruitière, c'est une responsabilité qui lui plaît et qui lui permet de garder un pied à l'extérieur de l'agriculture. « J'ai investi beaucoup de temps la première année. Aujourd'hui je suis à fond dedans. C'est vrai que ça a empiété sur mon installation. J'ai deux petits enfants... On ne peut pas être partout », résume le jeune agriculteur.

Quelles sont, selon lui, les conditions pour bien manager une coopérative ? « Une fruitière, c'est une entreprise. Il faut qu'elle avance tous les jours. Il faut avoir du dynamisme, de la niak ! Le jour où le président n'a plus ça, il devrait arrêter et passer la main. »

Le management du personnel est fait par le fromager ; le président a un rendez-vous quotidien avec le fromager.

Le président prépare les réunions avec des supports assez vivants : montage Powerpoint, beaucoup de tableaux, de chiffres, une feuille de suivi de la campagne laitière... « Cela apporte de l'animation, du débat. » Un tour de table permet d'avoir l'avis de chacun. « S'il n'y a pas eu de débat, je reviens sur le sujet... Par contre, une fois qu'un projet est lancé, comme l'achat d'un matériel par exemple, on ne revient pas dessus à chaque réunion. On en reparle que si j'apporte un élément concret à discuter comme un devis. »

Pour impliquer l'ensemble des sociétaires, le conseil d'administration dispose de plusieurs outils : un bulletin informatif (L'écho du CA), le chargement des fromages auquel participent un ou deux membres du CA pour faire le lien avec les sociétaires et enfin une réunion annuelle d'information-débat, située à 6 mois d'écart de l'assemblée générale.

Forte implication du CA.
- Le conseil d'administration ne travaille pas en commissions mais en groupes de travail ponctuels. Ses membres, dont le nombre est volontairement restreint, suivent tous les dossiers et se réunissent fréquemment. « Je préfère que tout le monde soit au courant des détails et qu'on décide ensemble », explique le président. Lors de chaque déplacement ou réunion à l'extérieur, il demande également à un ou deux membres du conseil de l'accompagner. « Deux oreilles valent mieux qu'une ! »

Fruitière du plateau de Bouclans : des challenges à relever

Emmanuel Mathey a accepté la présidence il y a un an et demi à condition « d'être entouré ». À l'époque, les questions sur le prix du lait ont mobilisé les producteurs qui se sont davantage intéressés au fonctionnement de la coopérative. L'organisation mise en place est assez traditionnelle : un conseil d'administration de 15 personnes qui se réunit tous les 2 mois, une réunion de bureau tous les 2 mois en alternance, une communication entre chaque CA aux sociétaires (Les nouvelles de la coop) et 5 commissions. Par exemple la commission matériel-bâtiment a travaillé sur le projet de robot de cave. Les 5 producteurs de la commission ont apporté des éléments au CA pour peser le pour et le contre. Ils ont visité des coopératives équipées de robot et assisté à l'assemblée générale du CTFC sur ce thème. À chaque réunion de conseil, ils ont présenté l'avancement du projet et affiné le dossier pour le CA suivant. « Avec ce processus de décision, plus long mais aussi plus riche, le président doit vouloir le dialogue, faire confiance », explique Emmanuel Mathey. Le maître fromager peut être invité aux commissions et participe aux CA.

Le président (ancien directeur de la Maison familiale de Vercel) a rédigé un document sur le fonctionnement de la coopérative qui tient sur une feuille recto-verso : “Pour que le CA et les commissions fonctionnent bien, il faut des outils”. Les membres du CA apprécient d'avoir une personne avec des compétences de management d'équipe. « Je me sens plus comme un animateur, un chef d'orchestre, qu'au-dessus de la pile ! », remarque Emmanuel Mathey.

Un tableau de bord est remis à chaque CA avec les prix en net, en brut, ce que la coopérative paye... Transparence complète. « Nous avions un challenge à relever : on s'est retroussé les manches tous ensemble pour augmenter notre prix de lait en travaillant sur les aspects techniques, rendement fromager et vente », insiste Ghislain Poignard, vice-président de la fruitière.

L'enjeu actuel n'est pas moins important pour l'avenir de la coopérative : des administrateurs piliers vont partir en retraite, d'autres producteurs, dont les exploitations ont été fragilisées, ont dû cesser leur activité (2 arrêts). « Maintenant qu'on a retrouvé un prix du lait attractif, notre objectif est de faire revenir vers nous des gens qui ont l'esprit coopérateur parmi ceux qui sont retournés en lait industriel », termine Emmanuel Mathey.

13 villages.
- La fruitière du plateau de Bouclans est née de la fusion de 4 coopératives en 1992, qui rassemblaient des producteurs en Comté et en Emmental. La coopérative a tenu à conserver des points de vente à l'ancienne fromagerie de Nancray et à Naysey-le-Grand « pour qu"il reste quelque chose après la fusion ». Aujourd'hui, la fabrication se fait uniquement en Comté, la collecte se répartit sur 13 villages.

Convivialité, respect de chacun, fierté d'être coopérateur...

- « Travailler sur la convivialité, pas que sur le professionnel » : si une réunion sur la qualité du lait est prévue le matin, elle se poursuit par le repas le midi. En 2008, la coopérative a organisé une journée en bus pour visiter les caves Juragruyère à Vevy et l'atelier de découpe.

- « Tout le monde n'a pas envie de s'investir de la même manière dans le fonctionnement de la fruitière. Il y a des moments dans la vie où l'on a envie de lever le pied. »

- « Ne pas avoir peur de dire qu'on existe ». Par exemple, depuis que le robot de cave a été mis en service, la fruitière a fait 3 après-midi de visites pour les producteurs, les élus et les techniciens et partenaires... Plus des articles dans les journaux. « Les producteurs se rendent compte qu'il se passe quelque chose d'important, qui vit, qui donne envie... qu'ils sont insérés dans le milieu social. »

Emmanuel Mathey : « Le président doit vouloir le dialogue, faire confiance. »
La commission matériel-bâtiment a travaillé sur le projet de robot de cave.

Fruitière de Plasne-Barretaine : et beaucoup de convivialité...

Les sociétaires se retrouvent un dimanche matin pour vider l'atelier avant d'installer un groupe de soutirage.
Un conseil d'administration motivé et uni.
Paget Claude, Président.
Poncet Mickaël (à droite)
Villet Gislain (à droite)

28 % du lait est valorisé en Comté biologique. La fruitière a également donné naissance à une société, Les Délices du Plateau, chargée de commercialiser une partie de la production en vente directe. De cette diversité d'activités, les producteurs de la fruitière de Plasne-Barretaine ont su faire une force, et le président n'hésite pas à déléguer des responsabilités. Mais le trait le plus marquant de cette coopérative, c'est la convivialité. Un climat cultivé à chaque rencontre, une bonne entente palpable qui n'empêche pas « d'amener les problèmes sur la table ». « Il faut oser discuter de tout ! », insiste le président Claude Paget.

Les 10 sociétaires qui ont pris des parts dans la société de vente avec la coopérative font des foires : Percée du Vin jaune, mais aussi Cantal, Marseille, Lille.

La coopérative organise des portes ouvertes ; elle a fait une fondue pour les 50 ans de l'AOC où étaient invités tous les clients et les producteurs. « Ces contacts cultivent la fierté d'être à la coop, de faire un bon produit. La convivialité soude les producteurs », analyse Claude Paget.

Le président délègue des responsabilités aux 12 membres du conseil d'administration. Par exemple un producteur est responsable du ramassage du lait et il lui arrive de « monter dans le camion » : il peut intervenir en cas de panne la nuit et remplacer les chauffeurs pour les congés et maladie. Avec presque un tiers du lait transformé en Comté bio, il a fallu choisir un responsable pour la vente et le suivi qualité de ces fromages. Ce fut Guy Mottet, qui est aussi président de l'UFBC (Union des fruitières bio comtoises). Pour les producteurs de Plasne-Barretaine, il est important de s'impliquer dans l'aval de la filière.

Le circuit de vente en demi-gros est géré par un groupe de travail permanent avec un responsable.

La coopérative vend son Comté à Juramonts. Un délégué est chargé d'aller aux réunions de cette union et de faire un rapport au CA.

Un responsable organise la pesée des fromages et le chargement, auxquels participent les sociétaires à tour de rôle, ainsi que le repas qui suit. Une responsabilité qui tourne tous les ans et les jeunes administrateurs y font leurs premières armes.

La coopérative a connu 4 présidents en 15 ans. « Quand un président quitte, il reste encore au CA, il garde une partie des soucis », constate Claude Paget qui compte sur ce “noyau dur”. « Changer de président de façon régulière, cela vivifie le CA, c'est à chaque fois une nouvelle dynamique », acquiesce Guy Mottet, qui fut aussi président de la fruitière.

Dominique Prost, ancien président, lui aussi, et aujourd'hui vice-président, résume le sentiment général : « J'y tiens à cette coop, c'est la dernière responsabilité que j'arrêterai ! » 

Le souci de renouveler

Deux jeunes agriculteurs sont entrés au conseil d'administration : Mickaël Poncet est installé depuis 5 ans en Gaec, à mi-temps sur la porcherie gérée par un privé. Il a travaillé à la fruitière comme aide-fromager et il est depuis 3 ans au CA, « comme une continuité ». Il participe aux commissions sérum et chargement des fromages.

Gislain Villet, installé depuis 8 ans en Comté bio, est entré au CA en septembre 2008. Un oeil neuf qui découvre « une coopérative bien organisée, un CA avec des gens motivés, unis. »

La formation, une clé pour communiquer.
- Le président a suivi la formation au management de coopérative avec la FDCL, l'hiver 2006-2007. L'hiver suivant c'était au tour du CA de faire une formation sur 4 après-midi avec l'ADFPA. « On avait senti un ralentissement », expliquent les administrateurs. Quelques années auparavant, certains se souviennent avoir suivi une formation sur 3 hivers : le bureau et les 2 fromagers se retrouvaient une fois par mois, le soir. « Le rôle du fromager avait évolué : un rôle de manager avec des salariés sous ses ordres, et plus de matériel à gérer. » La formation a permis aussi de définir le rôle de chacun et des modes de communication. Une expérience marquante pour les administrateurs.

3 grandes questions...

Moderne ?
- La coopération était perçue hier comme un modèle "dépassé", aujourd'hui elle suscite l'intérêt et on lui reconnaîtrait même certaines vertus, depuis que la crise financière a mis en lumière les limites de certains modes de gestion peu transparents. Dans une coopérative, cette transparence est possible.

Mais le système "coop" n'est pas à l'abri des dérives et des difficultés. D'où la nécessité pour les producteurs d'être toujours présents et de partager les responsabilités. Une forme de démocratie économique.

Le prix du lait ?
- Pour le sociétaire la “bonne valorisation” du prix du lait est une motivation de plus pour s'impliquer dans la vie de sa coopérative, mais pas la seule. Si le prix du lait n'est plus assez rémunérateur, “on se retrousse les manches” pour relever le challenge.

Bénévolat ?
- Le bénévolat au sens étymologique, non pas le “bon vouloir” mais “vouloir le bien commun”, est-il en voie d'extinction ? Dans les fruitières à Comté, le bénévolat reste une valeur sûre. On n'est pas administrateur pour gérer les retombées d'un investissement d'actionnaires, mais pour coopérer à la construction d'avantages mutuels. Même si la professionnalisation du bénévolat fait son apparition – les responsabilités du président demandent de nombreuses compétences et il n'est pas rare qu'il ait travaillé hors agriculture avant –, l'engagement reste du domaine du “bien commun”. Surtout la motivation n'est pas financière. Il existe une autre forme de rémunération : la satisfaction personnelle de travailler à la réussite collective, une reconnaissance sociale... Pour les sociétaires qui désirent participer à la vie de la coopérative, un frein serait de vouloir donner un cadre institutionnel rigide où l'engagement est cloisonné et exige une compétence bien précise : tout cela ressemblerait alors au monde du travail salarié...

Points de vue

Bernard Marmier : "Une démocratie économique"

« Une coopérative n'est pas forcement une équipe de copains mais un groupe de producteurs qui partagent le même objectif sur le travail de leur lait, qui s'entendent sur le fonctionnement économique de leur fruitière.

Dans une petite coopérative de village, le fonctionnement de la coopérative est souvent le reflet de l'entente du village. À l'intérieur d'une structure plus importante, les producteurs viennent de plusieurs villages, on sort alors du contexte local.

Dans notre fruitière, tous les producteurs participent au conseil d'administration, les décisions prises reflètent un objectif commun. Mais on ne peut pas demander à chaque sociétaire d'être concerné au même niveau : certains ont une sensibilité “coop”, d'autres sont plus intéressés par la génétique de leur troupeau, cette diversité fait la richesse de l'agriculture. L'important est de respecter le collectif et de ne pas avoir d'exigences personnelles. Qu'un producteur ne s'estime pas avoir plus de voix parce qu'il apporte plus de lait, c'est aussi une forme de solidarité ! Les sociétaires doivent également accepter de laisser une partie du résultat à la coopérative pour lui donner les moyens de préparer l'avenir. C'est le travail collectif de la filière qui tire le prix du lait vers le haut. Vivre le collectif est plus facile quand le prix du lait va bien... »

Rémi Hugon : « Sociétaires, un engagement vital pour l'avenir des fruitières »

« Parmi les enjeux auxquels doivent faire face les coopératives, il en est un qui conditionne fortement leur avenir : la gestion de l'outil de fabrication. Nous sommes conscients que nos outils sont fragiles, qu'ils ont besoin d'une certaine solidarité.

Plus l'outil est petit, plus il repose sur les épaules d'un petit nombre. D’où une certaine difficulté à trouver des sociétaires qui veulent reprendre la gestion de la coopérative. Les petits ateliers sont parfois tentés de baisser les bras. Les difficultés économiques des exploitations peuvent aussi être un frein à l'envie de s'engager. Mais il n'y a pas que l'économique qui compte, l'humain intervient aussi. Des situations permettent de se libérer plus facilement pour participer à la vie de la coopérative : des exploitations plus petites, moins d'engagements à l'extérieur, les GAEC... La solution passe aussi par la formation des personnes motivées, qui pensent que leur coop a un avenir.

Nous notons un changement par rapport aux années passées : les producteurs sont prêts à jeter leurs outils aux orties du jour au lendemain. Pour les jeunes générations, notre fonctionnement peut paraître un peu “ringard”, ils aimeraient savoir, le jour même où ils apportent leur lait, combien ils seront payés... La coopérative, c'est d'abord la vente de fromage et une garantie apportée par la filière !

Je déplore qu'il y ait souvent un tel fossé dans l'esprit des sociétaires entre ce qui se passe à la coopérative et ce qui se passe après, une méconnaissance des mécanismes de le filière comme la prévision des prix, la commission des contrats, etc. Personnel lement c'est ce qui a motivé mon engagement. »

Pour Rémi Hugon, les “plus” et les “moins” d'une société coopérative :

• Réfléchir ensemble, avoir l'assentiment général : « Plus la coopérative est petite, plus c'est vital car si l'on met un producteur de côté, on met l'atelier en péril. »

• Amener des idées, travailler, débattre et convaincre : « Il ne faut pas que l'intérêt de la coop qui repose sur “une gestion ensemble” devienne une faiblesse. »

• Une réactivité moins grande : « Le processus de décision peut être plus long que chez un industriel mais le projet est porté par tous, il soulève une plus forte mobilisation. »

• Avoir des projets : « On se met ensemble pour faire quelque chose. Si l'on s'installe dans une routine de fonctionnement, on finit par se disputer pour des broutilles. »

• Les taches administratives sont de plus en plus complexes : « Un découragement peut s'installer. »

Bernard Marmier, président de la fruitière de Bouverans (7 sociétaires).
Rémi Hugon, président de la fruitière de Monnet-la-Ville (16 sociétaires).

À faire, à lire...

- Des formations existent ! Les FDCL du Doubs et du Jura proposeront à nouveau, en 2009/2010, une formation au management destinée aux présidents de coopératives, en collaboration avec l'ADFPA du Jura. Il sera aussi question de gestion prévisionnelle des ressources humaines en coopérative. 

- Après le guide L'administrateur en questions, le guide “L'accueil des nouveaux coopérateurs en questions” réalisé par Coop de France cible en particulier les jeunes agriculteurs. Inventaire des actions imaginées par les coopératives, commentaires juridiques, recommandations pratiques... Cette deuxième édition 2008, édition SODIAP, est téléchargeable sur www.coopdefrance.coop.

- Un colloque sur la relation entre coopérative et associés sera organisé par Coop de France le 1er octobre à Paris 12e – Espace du Centenaire.