L'URFAC en 2013 :#une équipe opérationnelle et mutualisée

L'URFAC en 2013 : une équipe opérationnelle et mutualisée

(publié le 02 mai 2013)

De gauche à droite : Emilie Morel, Magalie Grandperret, Sandrine Bourguet et Denise Renard (photo © CIGC/Petit).

L'Union Régionale des Fromages d'Appellation d'origine Comtois (Comté, Morbier, Mont d'Or et Bleu de Gex Haut-Jura - URFAC) est née en 2007 de la volonté des 4 filières AOP du massif jurassien d’optimiser les moyens pour traiter les dossiers communs.

L’URFAC, ce n’est pas "un organisme de plus", c’est la mise en commun des moyens pour éviter les doublons et les déperditions d’énergie. Les 4 syndicats restent en revanche souverains pour ce qui est de l’évolution de leurs cahiers des charges et tous les dossiers propres à chacune des filières.

Après 4 ans d’existence, l’URFAC a atteint une certaine maturité. Elle a d'abord fonctionné uniquement avec les moyens humains existants réorganisés dans les 4 syndicats. En 2010 et 2011, l’URFAC a procédé à l’embauche de 2 personnes (Emilie Morel, responsable des contrôles internes et Sandrine Bourguet, coordinatrice sanitaire) pour faire face aux besoins du processus de contrôles et du développement de la coordination sanitaire.

En 2012, un contrat a été passé avec le CTFC pour la mise à disposition à 100 % de Magalie Grandperret qui réalise des contrôles de terrain et des prélèvements de fromages. L'animation de cette équipe est assurée par Denise Renard, secrétaire générale de l'URFAC. Le conseil d'administration ,composé de 4 membres de chaque AOP, se réunit tous les 2 mois sous la présidence de Claude Philippe pour veiller à l'avancement des dossiers communs.

Les dossiers communs gérés par l'URFAC

• Contrôle
Les 4 syndicats ont les mêmes producteurs et les mêmes ateliers. En gérant ensemble les contrôles AOP, les frais fixes sont amortis sur 65000 Tonnes de produits. Nos filières ont les coûts de contrôle ramené au kg de fromage les moins élevés pour les AOP françaises.

• Sanitaire
La coordination sanitaire est bénéfique pour les 4 filières ; les problèmes sanitaires sur les laits sont gérés pour toutes les filières à la fois, compte tenu de leurs sensibilités respectives. La centralisation des résultats d’analyse des laits par les coordinateurs URFAC –Sandrine Bourguet et Jean-Marie Ducret du CTFC qui se relaient 7 jours sur 7– permet de prendre les problèmes à la source et de maximiser l’efficacité de la surveillance.

• Autres dossiers
Les 4 syndicats réunis en URFAC réalisent des opérations communes de communication (comme le stand du salon de l’agriculture par exemple) et mettent en place ensemble un dispositif de coordination pour affronter la sortie des quotas laitiers. L'URFAC gère aussi la problématique environnementale et en association avec les fromages de Savoie, l'aliment du bétail "AFC". Ce dernier dossier est suivi par Eric de Lamarlière.

Retour historique, avant le suivi technique...

(publié le 02 mai 2013)

Les vases à éprouver qui servaient aux prélèvements d’échantillon de lait (photo © CIGC/Petit).

Il y a un siècle, déjà, on avait compris que pour faire du bon "gruyère" (l’usage de la dénomination "Comté" n’était pas encore répandu), il fallait avoir d’abord du bon lait. Les fromagers ne disposaient pas de laboratoire, comme aujourd’hui, pour réaliser toute une batterie d’analyses physicochimiques et bactériologiques. Mais, grâce à leur sens de l’observation et à leur astuce, ils avaient mis en place un test empirique très efficace pour déceler les fraudes.

À l’époque, ce qui était craint, c’était l’écrémage du lait par la fermière avant la livraison au chalet, pour avoir le beurre et l’argent du beurre. Ainsi, pour contrer la triche, le fromager prélevait un échantillon de lait de chacun de ses apporteurs et le plaçait dans un vase à éprouver (qu’on appellerait aujourd’hui éprouvette). Il laissait les vases, marqués d’un code identifiant chaque producteur, reposer à température ambiante. Après quelques heures, bien sûr, le lait avait "crémé" et l’on pouvait à l’oeil nu observer l’épaisseur de la couche de crème. Si elle semblait fine, il y avait soupçon. Aussi, le fromager repérait-il au crayon le niveau haut et le niveau bas de la crème. Le lendemain, 3 producteurs (pour garantir de la loyauté du contrôle) assistaient à la traite chez leur collègue soupçonné. Ils procédaient à un prélèvement du lait qui était mis à décanter dans les conditions décrites précédemment. S’il apparaissait, grâce aux marques sur le flacon, que la couche de crème différait en épaisseur de celle de la veille, c’est qu’il y avait eu tricherie, sanctionnée par le règlement de la fruitière.

De nos jours, on n’a toujours pas trouvé de solution pour avoir le beurre et l’argent du beurre. Par contre, on peut souvent compter sur le sourire de la crémière.