Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Automne 2005 : Les prix du Comté

Ces derniers temps, nous avons pu constater des écarts de prix « consommateurs » considérables : de 6 à 36 euros le kilo! Qu’en penser ?

Les bas prix ? Ils mettent à coup sûr la filière en grand danger. L’on sait les risques d’un bradage de lots : l’effet boule de neige qui se répercutera sur toute la filière. Dans ce contexte, l’équilibre du marché est notre souci permanent. Lutter pour élargir les débouchés, développer la publicité, adapter la production aux capacités de vente : les derniers numéros des Nouvelles du Comté sont largement revenus sur toutes ces initiatives.

Les prix élevés ? Il faut relativiser l’importance de ces offres à plus de 30 euros/kg : elles sont très marginales en tonnage et peuvent être justifiées par un investissement important comme un affinage très prolongé. Ces prix élevés n’ont-ils pas aussi la vertu symbolique de tirer l’ensemble des autres Comtés vers le haut ? C’est pourquoi, sous réserve d’une rémunération correcte des maillons de la filière et d’une non généralisation du prix élevé, celui-ci est favorable au Comté et bénéficie indirectement à tous.

Avec une production supérieure à 50 000 tonnes, il n’y a pas qu’un seul, mais un grand nombre de marchés de Comté. Dans ce contexte, il est impératif de ne pas trop subir la pression des prix. Le nombre important de maisons d’affinage est alors un atout. Leur diversité permet d’aller d’une vente « quantitative » à prix moyennement rémunérateur, à une vente à haute valeur ajoutée ciblée sur des clientèles spécifiques.

Au final, battons-nous ensemble, producteurs et affineurs, pour vendre plus et ne produisons pas plus que nous ne vendons. C’est la condition première et impérative d’un prix rémunérateur.

Tous les éditoriaux