Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Automne 2020 : des paroles et des actes

Bien qu’inachevée, l’année 2020 s’inscrit déjà comme particulièrement marquante pour notre filière sur le plan sanitaire et climatique évidemment, mais également médiatique avec les accusations dont elle a fait l’objet au sujet de la dégradation de la qualité de nos rivières.

Les répercussions factuelles liées à tous ces évènements sont mesurables et quantifiables. Mais ce sont peut-être leurs aspects imprévisibles et plus encore les sentiments de vulnérabilité, voire d’injustice, qui génèrent le plus fort impact pour les acteurs de la filière.
Nul ne peut être totalement épargné par cette période de trouble et de doute. Notre filière mise à l’épreuve peut, grâce à l’engagement de tous ses acteurs et la confiance des consommateurs, regarder avec fierté et soulagement la situation et se sentir plus forte pour les temps à venir.

De l’autosatisfaction ? Non ! D’abord de l’humilité et beaucoup de reconnaissance devant la robustesse de l’héritage qu’est devenu le Comté. Et surtout une détermination collective inébranlable, non pour réagir, mais pour continuer d’agir. Les défis communs et en particulier la préservation des ressources s’imposent à nous aussi, sans conteste. Mais il est paradoxal que notre filière, fortement engagée dans la préservation de l’environnement, puisse être considérée comme une cause plutôt qu’une solution.

Elle est pourtant reconnue partout et de longue date pour ses exigences environnementales. Et nous déployons une énergie sans égale pour faire reconnaitre les engagements de notre futur cahier des charges qui apportent de nouvelles réponses concrètes à ces défis. Alors, fidèles à nos 700 ans d’histoire, à nos 60 ans d’appellation d’origine, nous allons poursuivre inlassablement la consolidation et le renforcement de nos engagements.
Les objectifs que la filière Comté s’est fixés, uniques en Europe, témoignent de notre volonté d’avancer : baisser de 20 % la fertilisation azotée par hectare tout en augmentant de 30 % la surface disponible par vache laitière, plafonner la productivité des vaches laitières après l’avoir plafonnée sur les hectares, limiter la taille des fermes ainsi que le nombre de vaches par producteur...


De plus, ces quelques exemples de mesures du volet environnemental ne sauraient être pris isolément : les 50 pages d’engagement de notre futur cahier des charges se veulent une promesse globale. Au-delà d’enrichir et de préserver la diversité et les goûts du Comté, il s’agit d’assurer la durabilité du modèle social, économique et évidemment environnemental de notre filière. Notre détermination est totale pour que nos engagements novateurs soient reconnus et validés au plus vite par nos organismes et ministères de tutelles, jusqu’à l’Europe. Le concept d’appellation d’origine protégée se doit d’être en phase avec les attentes de la société.
La confiance des consommateurs l’impose et le justifie. C’est l’engagement qu’a déjà pris le Comté.

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