Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Eté 2005 : Le Comté est-il lié à l'Europe ?

Quelles sont les conséquences pour le Comté des événements liés à l’évolution de l’Union européenne : la PAC, puis le Traité Constitutionnel? Apparemment aucune, sauf sur un point : le libéralisme communautaire qui a focalisé tant d'hostilité porte, dans le domaine agricole, un nom, celui de la surproduction organisée.

Le découplement des aides communautaires comporte derrière son paravent de moralité – ne pas aider ceux qui produisent beaucoup –, une réalité très tangible : produire toujours plus. Avec la course à l'échalote que l'on connaît : baisse des prix, augmentation de la productivité, amplification de l'exode rural.

Grâce à l'AOC, l'effort d'autolimitation de la production peut payer. Mais à l'expérience, on sait que, même dans une filière où l'esprit collectif est aussi bien développé que dans celle du Comté, il est difficile d'obtenir de tous de participer à l'effort. C'est pourquoi il y a alors besoin d'un coup de pouce réglementaire pour rendre obligatoire à 100% des opérateurs, ce que 85% d'entre eux feraient spontanément. Et c'est là qu'intervient le Traité Constitutionnel. Le traité de Rome de 1956 est « anti maîtrise de l'offre ». Mais, concernant l'AOC, un certain nombre d'attendus ou de précédents montrent que des exceptions sont concevables quand il s'agit de préserver un haut niveau de qualité et de pérenniser un patrimoine collectif.

S’il doit y avoir une renégociation du Traité Constitutionnel, les AOC pourraient souhaiter que la France et les pays latins agissent pour que soient jetées des bases plus solides à la préservation du patrimoine que constituent leurs AOC.

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