Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Hiver 2019 : au-delà du goût, la durabilité

La filière Comté vit actuellement une période économique favorable, très enviée, qui permet à chaque agriculteur, fromager et affineur de vivre correctement de son métier. Force est de constater que les Comté plaisent aux consommateurs pour leurs goûts et leurs qualités. Ces derniers accordent à la filière un très haut niveau de confiance, ce qui nous oblige dans bien des domaines : la préservation de l’environnement, le bien-être animal, l’emploi, la vitalité de nos territoires.

Toutes ces attentes doivent pouvoir trouver une traduction concrète dans notre cahier des charges, qui offre toutes les garanties d’un produit d’excellence.

Ainsi, les conditions économiques de la filière nous imposent de prendre les dernières décisions importantes. Je pense notamment au nombre de vaches maximum par unité de main d’oeuvre, et à l’encadrement de la croissance des ateliers. Il nous faut aussi apporter des précisions sur des mesures techniques déjà adoptées par l’Assemblée Générale du CIGC. Elles constituent des gages de préservation de l’identité du Comté, basée sur un modèle d’agriculture familiale extensive, ainsi que sur le maintien et la transmission des savoir-faire.

Au-delà, ces décisions participent pleinement au fait qu’une AOP est bien plus que la reconnaissance d’une histoire, d’un savoir-faire, d’un terroir, de goûts. Un produit sous signe de qualité AOP est, par essence, porteur de valeurs additionnelles qu’attendent les consommateurs et la société. Inscrire ces nouveaux critères dans le cahier des charges ne constitue pas un effet d’aubaine ou une démarche marketing dans l’ère du temps. C’est, au contraire, la revendication de valeurs portées depuis toujours et pour longtemps par le Comté. Transparents et contrôlés, ces nouveaux critères renforceront notre crédibilité auprès des consommateurs et notre fierté de mettre en valeur ce patrimoine commun.

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