Les éditoriaux d'Alain Mathieu

Printemps 2011 : La fin des quotas laitiers

Les 5 réunions décentralisées du CIGC qui se sont tenues au cours des dernières semaines ont fait émerger un souci majeur partagé par tous, celui créé par la suppression programmée des quotas laitiers. Chacun pressent le poids des bouleversements qu’elle contient, même s’il est difficile d’en mesurer l’impact et toutes les conséquences dès aujourd’hui. Au cours des réunions de terrain, nous avons clairement ressenti la prise de conscience collective de la nécessité que la filière Comté se garde de toute explosion de production qui détruirait l'image positive du produit que nous avons mis des décennies à bâtir et provoquerait un effondrement durable des cours.

Bien entendu les mesures de plafonnement de la productivité contenues dans le cahier des charges du Comté ainsi que le plan de campagne constituent une première réponse.

Mais il y a unanimité dans la filière AOP régionale pour considérer que cela ne suffit pas. Suite à ces 5 réunions décentralisées, je fais le pari que nous saurons aller plus loin et gérer collectivement la problématique de la sortie des quotas : savoir garder le bien précieux que constitue la confiance du consommateur et que nous avons progressivement acquise grâce à nos pratiques respectueuses du terroir, de l’environnement et de la biodiversité.

J’ai noté que l’ensemble des structures syndicales des producteurs de lait, des transformateurs et des affineurs partagent exactement la même analyse : oui pour une gestion régionale organisée d’excédents de lait marginaux, et non à la duperie du consommateur que constituerait un double système de production.
Chacun a conscience en effet que l’on ne peut avoir le beurre et la crème, et que les performances de notre filière en termes de progression des ventes et de prix du lait à Comté s’expliquent par la confiance construite depuis des décennies au bénéfice du produit. Nous allons donc ensemble poursuivre sur cette voie, préférant autolimiter notre production pour éviter une crise durable qui empêcherait l’agriculture du Massif Jurassien de vivre correctement et dignement.

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