A Saint-Gorgon-Main, Comté, convivialité et durabilité

p12 - Fruitière de St-Gorgon-Main - Sociétaires_zoom - Loris Faé

Issu de la fusion de trois fruitières en 2017, ce collectif jeune et dynamique a su créer du lien pour faire avancer sa coopérative vers un environnement durable.

La Fruitière des Sources de la Loue est née, du moins son nouveau bâtiment, en octobre 2017 de la fusion de trois coopératives : Evillers, Ouhans et Fallerans. « Evillers et Ouhans s’étaient déjà regroupées au sein d’une même coopérative,mais avaient gardé chacune leur atelier. Ce projet de nouvel atelier à Saint-Gorgon-Main était déjà en cours de réflexion,puis Fallerans s’est joint à l’aventure », explique le jeune président de la fruitière, Clément Aymonin (25 ans). Il a succédé en octobre 2025 à Roland Tyrode, qui a su au cours de ses vingt-cinq années de présidence, construire une vraie culture du travail collectif, en particulier depuis la fusion, qui a nécessité la création d’un nouveau lien.« Nous fonctionnons avec un système de commissions, auxquelles participent aussi des gens non-membres du Conseil d’administration », explique le président. C’est le cas de Jean-Pierre Gurtner, ancien enseignant au lycée agricole de Levier et auteur d’ouvrages sur le Comté, ou de Sylvia Mercier, ex-productrice de lait. « Cette façon de procéder libère du temps à chacun et renforce la puissance collective », abondent Aline Descourvières et Frédérique Nicolier, coopératrices membres de la commission Communication. Selon elles, tous les sociétaires ou presque s’investissent dans la coopérative, qui organise de nombreux événements : marché de producteurs, pique-nique annuel chez un producteur (jamais le même), fondue de Noël, etc.Ici, la convivialité est reine : à l’issue de la rencontre du jour,une raclette est organisée dans la salle de réunion et peu de temps s’écoule avant que l’on vous tende un verre !
Station d’épuration, consommation d’énergie et de carburant
L’atelier, ses caves et son magasin ont vu le jour au terme de deux ans de travaux à Saint-Gorgon-Main. La première fabrication a eu lieu le 12 octobre, jour de l’anniversaire de la fille du fromager. Celui-ci veille au grain, tout comme les producteurs : la fabrication de plusieurs pâtes pressées non cuites (Morbier,raclette et tomme) impose une grande vigilance sur la qualité des laits et les paysans sont très soucieux de la qualité des eaux d’abreuvement, entre autres, lors de la période estivale.
Par ailleurs, les coopérateurs ont investi dans une station d’épuration autonome et ont aussi réfléchi leur consommation d’énergies. La pose de panneaux photovoltaïques en 2021 leur permet d’auto-consommer 90% de leur production, soit 30 %de leur consommation totale d’électricité. Ces panneaux, rentabilisés depuis mars, seront peut-être complétés par d’autres sur le second pan de toit. La fruitière vient aussi de se doter d’un camion de lait à double-ligne pour ramasser en même temps, mais séparément, les laits pour le Comté et ceux pour le Morbier. Une acquisition qui permet d’effectuer 50 km en moins sur chaque tournée.
Le magasin, lui, est ouvert 7 jours sur 7, ce qui permet, précise le président en croquant dans sa tartine de fromage, « à celui qui veut faire une raclette de trouver tout ce qu’il lui faut n’importe quel jour. Des patates jusqu’au fromage en passant par la charcuterie et le vin ». N’est-ce pas là l’essentiel ?

Daniel Tyrode, né pour la cuve
Mathieu (aide-fromager), Lenny (second), Daniel (maître-fromager), Marielle et Chloé (aides fromagères) et Timéo (apprenti)

Faune et flore locales

La lycose renard / Alopecosa cuneata

La lycose renard appartient à la famille des « araignées-loups ». Elle chasse à courre dans les prairies extensives riches en proies. Elle participe ainsi à la régulation d’insectes néfastes aux troupeaux et vecteurs de maladie. Les haies et les bandes fleuries sont des lieux de refuge à préserver où l’espèce, indicatrice de la qualité des milieux, pourra veiller à la bonne santé de nos paysages fromagers.

L’alchémille des montagnes / Alchemilla monticola

Cette petite plante de la famille des rosacées se rencontre fréquemment dans les prairies pâturées de montagne et parfois dans les prés de fauche. Elle affectionne les sols argileux assez frais et supporte très bien le piétinement. Elle se développe aussi bien dans des parcelles maigres que des parcelles riches en nutriments. Ses petites fleurs vertes sont très discrètes.

Une richesse aromatique bien affirmée

Palette aromatique des Comté de la fruitière fabriqués entre 2024 et 2025 affinés par Vagne et Petite

Dégustés entre 12 et 16 mois, les Comté de Saint-Gorgon-Main prennent rapidement du caractère avec l’affinage,offrant une belle richesse aromatique et une bonne persistance.Au nez, la pâte dégage de douces odeurs de miel, vanille, pâte au gratin et parfois légèrement aillées. Ces pâtes sont plutôt onctueuses en bouche, mais quelquefois un peu sèches laissant quelques grains. Les saveurs bien présentes sont équilibrées et mettent en valeur les arômes, avec de temps à autre un peu plus d’amertume et de piquant. En bouche, les arômes torréfiés s’installent et s’intensifient avec l’affinage : de l’oignon blondi pour certains à oignon grillé, puis amande grillée et chocolat noir pour d’autres, parfois légèrement tabac.Les notes fruitées ne sont pas en reste, surtout la noisette ou la noix, et l’agrume confit peut venir enrichir la palette. Les arômes cuir, humus ou poivre apparaissent sur les Comté les plus poussés. Les notes de lait cuit ou de chocolat blanc, parfois de lait caillé, adoucissent l’ensemble.

Le mot de l’affineur – Yoann Grandjean, Fromageries Marcel Petite
 » Les Comté de cette fruitière présentent des arômes subtils,fruités et torréfiés, et des saveurs équilibrées, reflets de ce terroir du premier plateau du Doubs « 


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