Journée Recherche Comté#du 23 avril 2015

(publié le 23 avril 2015)

Le CIGC a tenu sa Journée Recherche le 23 avril 2015 à Poligny.

• Ouverture de la journée par Claude Vermot-Desroches, Président du CIGC : "Si nous avons souhaité organiser un tel évènement, c’est bien pour partager ensemble les programmes de recherche que nous menons en partenariat avec d’autres structures.
En effet, ces travaux apporteront à chacun d’entre nous des éléments de réponses aux questions que nous nous posons pour satisfaire les attentes multiples des consommateurs et de la société en général. Cette journée illustre aussi le modernisme qui nous habite. Nous sommes en effet bien loin des images d’Epinal que certains publicitaires veulent coller aux produits alimentaires !
Je voudrais tout d’abord remercier Mme Christine Cherbut, directrice scientifique de l’INRA. Votre présence parmi nous est un grand honneur et une grande reconnaissance pour les travaux que nous menons. Votre position au sein de l’INRA est stratégique : vous avez en effet la charge de tous les programmes de recherche de l’INRA sur l’alimentation. Vous avez donc une vision à la fois transversale et prospective sur les grands enjeux sur la nutrition, la santé, la durabilité de nos systèmes alimentaires.
Je souhaite ensuite vous livrer quelques convictions qui animent le CIGC sur le sujet de la recherche.
Pour nous, investir dans la recherche est une nécessité pour chaque acteur économique quel qu’il soit, s’il veut être là demain. Cela vous paraît certainement une évidence, mais il est bon de la rappeler.
Dans un monde qui évolue en permanence, il nous faut nous adapter sans renier nos racines et nos valeurs.
Le Comté que nous dégustons aujourd’hui est très différent de celui que nous mangions il y a 20 ou 30 ans. Pour s’en convaincre il n’y a qu’à regarder les anciens panneaux promotionnels.
La qualité du Comté s’est grandement améliorée, sans renoncer à ses fondamentaux d’authenticité liés à la fois au terroir et à la place des Hommes et à leurs savoir-faire. Et le succès commercial a été au rendez-vous : les ventes de Comté ont quasiment doublé en 30 ans. Le Comté est un des moteurs économique de l’arc Jurassien !
Cette réussite n’est en rien de fruit du hasard : elle doit beaucoup à la clairvoyance de nos ainés qui ont su investir dans la recherche. Ainsi, très tôt, la filière Comté s’est dotée de moyens tant humains que financiers, pour d’une part apporter des réponses aux questions toujours plus nombreuses qui lui étaient posés et d’autre part anticiper sur les futurs défis auxquels elle serait confrontée. Ceci est toujours valable, d’autant plus qu’avec l’accélération du monde, les questions et les défis sont toujours plus nombreux, les réponses complexes et multifactorielles.
A titre d’exemple, je citerai le programme de recherche « Terroir » mené dans les années 90. Ce programme a permis à la filière de bien caractériser le lien entre les terroirs et les goûts du Comté.
Il a ainsi renforcé son caractère d’appellation d’origine. De ce programme de recherche nous en avons tiré des mesures comme l’arrêt du refroidissement du lait à 4 degrés pour le rafraichissement à 12 degrés, qui permet de conserver une diversité de goût du Comté à travers une biodiversité microbienne.
Puis la mesure des 25 km, qui permet de maintenir un dynamisme économique sur les territoires avec le maintien d’un tissu fort aujourd’hui de 153 fruitières, véritable référence nationale pour le maintien de l’emploi en milieux rural.
Cette culture de la recherche, nous la poursuivons, nous l’intensifions même, car nous sommes convaincus que c’est bien dans la science que nous puiserons les innovations qui nous permettrons de toujours créer de la valeur pour tous les acteurs de la filière, agriculteurs, fruitières, affineurs et ainsi de pérenniser notre filière.
Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 12 programmes de recherches qui seront présentés. Là encore, peu de filières peuvent se prévaloir d’une telle intensité et diversité de programme !
Cela démontre, s’il en était nécessaire, le dynamisme de notre filière !
Cela démontre aussi notre capacité à nous s’organiser car trop souvent les appuis à la recherche son fait pour les grands groupes. Grâce à notre culture du collectif, nous avons pu accéder à des financements sans lesquels certains programmes n’auraient pas pu se réaliser.
Mais cela doit interpeller les décideurs dans la sélection des programmes de recherche pour les rendre plus facilement accessible aux structures interprofessionnelles comme les nôtres qui sont de vrais agrégateurs d’opérateurs économiques.
Une AOP n’est en rien un objet figé, une sorte de musée hors du temps.
Une AOP, c’est au contraire une production vivante, dynamique, inscrite dans son époque. Ce qui fait son succès c’est bien le mariage entre science et terroir, entre modernité et tradition qui rencontre un écho auprès des consommateurs.
Compte tenu de notre caractère de fromage d’excellence AOP, la recherche revêt un caractère particulier : il nous faut intégrer les innovations en accord avec nos valeurs et la vision à long terme que nous avons de notre produit, de nos terroirs, de notre territoire.
Dès lors, pour le CIGC, la recherche ne se limite pas à des aspects purement techniques de la technologie laitière.
Elle embrasse un large spectre dans une approche du champ à l’assiette. C’est ce que nous verrons tout au long de notre journée, où il sera question aussi bien de biodiversité ou de fertilisation dans les pairies que la qualité fromagère des laits.
Il s’agit bien là d’affirmer dans cette approche, le caractère durable de la filière et la prise en compte des aspects environnementaux, sociaux et économique dans une vision long terme.
C’est cette vision optimiste de l’avenir, à travers les programmes de recherche qui seront présentés aujourd’hui, nous devons aussi la partager avec les autres filières, celles qui partagent les mêmes valeurs, notamment autour du lait cru !
A plus court terme, cette journée a aussi pour vocation à vous écouter, à créer du dialogue entre les acteurs de la filière : agriculteurs, fromagers, affineurs et le monde de la recherche et aussi Mme Cherbut. En effet c’est aussi à travers les questions, les remarques, les débats sur les présentations qui seront faites, que les sujets à instruire par la recherche émergeront pour préparer notre avenir, inscrit dans la marche de la recherche !"

La synthèse des contributions :