Installé avec son père Rémi au Gaec de la Vierge à Busy (Doubs), le jeune producteur de lait à Comté a investi dans une salle de traite mobile, installée juste à côté des prés où pâturent les vaches.
A lexis et Rémi Poitrey pratiquent la traite aux champs depuis le début des années 2000. « Il fallait faire beaucoup de kilomètres avec nos vaches sur la route départementale et sur les petites routes du village pour les faire venir jusqu’à la ferme, chaque matin et chaque soir, d’où ce choix », explique Alexis, 33 ans. Son père et associé a décidé d’investir dans une salle de traite mobile, plus proche d’une partie des pâtures. Mais cette première salle de traite au champ ne pouvait accueillir que six vaches dans une configuration et un placement peu pratiques. « Nous mettions trois heures chaque matin et chaque soir à traire notre troupeau de 60 vaches laitières. » Avec le nouvel espace de traite au champ acquis en 2024, monté sur une remorque à fourrages trois essieux de 13 m de long, les Poitrey peuvent traire dix Montbéliardes en même temps, par l’arrière. Un distributeur d’alimentation, piloté par Alexis, donne aux vaches un mélange équilibré de céréales pendant que le lait s’écoule tranquillement de leurs mamelles. Il fonctionne grâce à un groupe électrogène, qui sera bientôt équipé d’une coupure automatique. Les vaches sont calmes et habituées à entrer dans ce petit périmètre.

Une première traite épique !
« Au départ, ce n’était pas gagné ! Les vaches étaient craintives et nous devions nous aussi nous habituer à l’outil. Lors de la première traite, cinq personnes ont été nécessaires pour une épopée qui a duré de 17h à minuit », se souvient Alexis. Après quelques semaines d’expérience, plus de souci, bien au contraire : le producteur savoure le gain de temps et le confort pour les animaux comme pour les hommes.
Les génisses en préparation au vêlage sont amenées quelques semaines à l’avance dans le pré d’à côté et bénéficient d’un doux apprentissage, en amont de leur future traite. « On les fait seulement traverser le couloir, pour les habituer », explique Alexis.
Le lait part directement du pis jusqu’à une « boule à lait » métallique, dont le contenu est rapidement amené dans le tank à lait de la ferme. La salle de traite au champ dispose d’un système de lavage automatisé performant, complété par un lavage manuel au jet.
Cette salle de traite sur-mesure, la première du genre réalisée par leur prestataire Greg G Agri Solution basé L’Hôpital-du-Grosbois, a coûté 130 000 euros HT, auxquels se sont ajoutés 2 000 euros HT pour la maçonnerie que père et fils ont réalisée eux-mêmes. Alexis envisage désormais de construire une petite étable proche des prés et de la salle de traite pour traire ici toute l’année. Il aime particulièrement ce travail en plein air, sans avoir à attacher les vaches (l’étable au village possède des stabulations entravées). « C’est plus agréable et plus facile,pour elles comme pour moi ».
