Des foins de qualité, mais des rendements faibles

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Début juillet après la seconde coupe, les rendements étaient estimés en baisse de 20 à 30 % par rapport aux volumes moyens habituels. La qualité, elle, est au rendez-vous de cette fenaison précoce.

Sur son agenda, Jean-Marie Curtil, conseiller à la chambre d’agriculture du Doubs, a inscrit une note autour du 22 mai : « Ça fauche partout ». La fenaison 2026 a été particulièrement précoce, avec les premiers foins en plaine autour du 20 avril. Les zones de plateau ont suivi vers le 20 mai et en montagne, les faneuses ont débuté leur bal aux alentours du 25 mai.Les rendements apparaissent hétérogènes selon le type de sols (profonds ou superficiels), le niveau de fertilisation et le type de prairie (permanente ou temporaire), mais Jean-Marie Curtil et ses collègues estiment qu’ils sont en moyenne entre20 et 30 % moins importants que les rendements habituels. « La première coupe, qui constitue entre 60 et 65 % du rendement annuel, a donné entre 3,5 et 4 tonnes par hectare en plaine sur des parcelles bien suivies. En montagne, on est autour de 2,5 à 3,3 tonnes à l’hectare. C’est assez peu et la seconde coupe a elle aussi enregistré des rendements faibles,de l’ordre de moins de 1 à 1,5 tonnes par hectare », explique le technicien agricole.
La raison ? L’épisode de froid tardif, avec la neige apparue dé-but avril et le gel nocturne, a généré un stress important de la végétation, qui a favorisé et accéléré sa montée en graines. L’épiaison précoce a nécessité des foins en avance. La seconde coupe a été précipitée par la sécheresse : elle a eu lieu en moyenne trente jours après les foins, alors que les regains sont habituellement coupés entre 35 et 45 jours après la première coupe.
En conséquence, « les agriculteurs risquent de manquer un peu de foin, surtout avec le pâturage qui sèche et commence à griller sur certaines zones », estimait M. Curtil début juillet.
Le report de stock, permis par une année 2025 exceptionnelle, devrait néanmoins sauver la mise. Et l’année n’est pas terminée : on a vu des automnes profitables, qui relancent la pousse de l’herbe et permettent un pâturage plus long ou une nouvelle coupe.
Anticiper maintenant le réchauffement climatique !
En tout état de cause, les agriculteurs vont devoir anticiper – et beaucoup le font déjà – les effets du changement climatique. « Il n’y a pas encore eu de succession d’années catastrophiques, caniculaires et très sèches, mais la logique, c’est que cela va arriver et il va falloir le prévoir », assure Didier Tourenne, chargé de mission Agronomie et environnement à la chambre d’agriculture du Doubs. Au 30 juin, les relevés de température à Besançon montraient déjà 19 jours à plus de 30°C. « Sur l’ensemble de l’année, il y en a eu 38 lors de la canicule de 2003, 8 en 2021, 18 en 2024 et 25 en 2025 ». Et si l’on considère un autre indicateur, celui des jours à plus de 35°C, l’année 2026 en a déjà 8, alors qu’on en dénombre 12 sur toute l’année 2003 à Besançon. L’agronome, qui a établi des statistiques de chaleur depuis 1944 à Pontarlier et à Besançon,constate un net réchauffement des températures avec une première bascule au milieu des années 80 et une seconde vers 2010-2013. Son tableau-frise passe nettement du bleu au rouge au fur et à mesure des années. « L’Europe se réchauffe plus vite que le reste du monde et l’Est de la France se réchauffe plus vite que la moyenne de la France », prévient Didier Tourenne.Il faut en prévoir les conséquences.

Et la qualité dans tout ça ?

La qualité du fourrage, elle, est au rendez-vous ! Les récoltes ont pu se faire dans de bonnes conditions météo avec peu de fanage. Les légumineuses ont ainsi pu garder un maximum de leurs feuilles, si nutritives.
« Sur la première coupe, les analyses de valeurs nutritionnelles des foins donnent de bons résultats », assure M. Curtil.

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