Comté et Morteau, au carrefour des saveurs comtoises

Savoureux Circuit Bandeau

N° 25

Dans le Haut-Doubs, la saucisse de Morteau fait plus que bon ménage avec le Comté. Cheminons parallèlement à la frontière suisse, entre Morteau et le plateau de Maîche, pour découvrir les subtiles relations qui unissent ces deux produits d’exception...

Téléchargez
la fiche synthétique du circuit

Le circuit en vidéo
Toutes les étapes du circuit

Étape 1.- À la source du Comté… et de la saucisse de Morteau !

Une terre, des hommes, une culture, un écosystème : les critères du géographe pour définir le terroir trouvent leur parfaite illustration dans les relations entre le Comté, la saucisse de Morteau et tous ceux qui font vivre ce patrimoine agricole et culinaire, des éleveurs aux restaurateurs.
Pour tout comprendre de ce beau et délicieux terroir, partez à sa découverte dans le Haut-Doubs, entre Morteau et les environs de Maîche, sur les hauts plateaux et dans les vallées du Jura…
 

Nous arrivons de bon matin à la ferme de Philippe Monnet, au nord-est de Maîche et à l’écart du village de Trévillers. Très ancienne, puisqu’elle date de 1738, cette exploitation donne une petite idée de ce que pouvait être l’isolement des habitants et des éleveurs il y a quelques décennies encore sur les plateaux du Haut-Doubs. Heureusement, il n’en est plus rien pour Philippe Monnet, qui a su toutefois conserver l’esprit des lieux avec les rénovations successives : « J’ai repris l’exploitation en 1998, après mes parents, qui s’étaient installés en 1968, ma grand-mère, en 1940, et mon arrière-grand-père autour de 1900, nous explique-t-il. Ils vivaient et travaillaient dans ce grand corps de ferme : aujourd’hui encore, le bâtiment abrite à la fois l’étable, la grange… et notre habitation. Tout le monde vit sous le même toit, grâce auquel nous récupérons d’ailleurs l’eau de pluie pour abreuver les animaux. »

Nous le constatons par nous-mêmes en visitant l’immense grange, puis l’étable située juste en dessous. Là, les vaches attendent patiemment la traite sous la surveillance étroite de Lipton, le chien de berger. « C’est ici que mes 30 vaches laitières vivent en hiver, même s’il leur arrive parfois de sortir dans la neige ! Et toute l’année, elles rentrent lorsqu’il est l’heure de la traite. Je possède également 30 génisses, qui sont de futures laitières. Ces Montbéliardes vont produire du lait qui sera transformé en Comté, gruyère et Morbier à la fruitière de Trévillers toute proche. Ensemble, nous formons un vrai circuit court : chaque jour, une vache broute 18 à 20 kilos de foin ou de regain (ou l’équivalent en herbe fraîche) et produit en moyenne 20 litres de lait transformés en deux kilos de Comté. Pendant la fabrication, 18 litres de petit lait [le lactosérum, la phase liquide du lait] sont séparés du caillé [la partie utilisée pour le fromage] : la fruitière me les renvoie et je m’en sers pour engraisser les 600 porcs de mon exploitation, sachant que cette quantité de lait correspond environ à deux saucisses de Morteau. Et il ne faut pas oublier que les cochons et les vaches produisent du purin et du fumier que j’utilise pour nourrir les sols, complétant ainsi le cycle ! »

Après ces explications limpides, nous nous rendons auprès des porcs, élevés dans un bâtiment distinct. Alertes et très curieux, ils viennent à notre rencontre, avant de nous abandonner complètement lorsque leur nourriture est versée dans leurs auges. Tandis que les animaux se nourrissent du petit lait dont ils semblent raffoler, Philippe poursuit la visite : « Ma famille a toujours élevé à la fois des vaches laitières et des porcs, destinés à la fabrication de Comté et de saucisse de Morteau, mais aussi de saucisse de Montbéliard et tout simplement du "porc de Franche-Comté au petit lait" que nous avons nommé Franchou ! Pour que mes cochons soient transformés en saucisse de Morteau, je dois impérativement respecter les critères de cette IGP (Indication géographique protégée). Comme je vous l’ai dit plus tôt, les porcs sont nourris avec du petit lait pour au moins le tiers de leur ration alimentaire, que je complète par des céréales de Franche-Comté ou de Bourgogne. La durée de vie des cochons est au minimum de 180 jours : en fait, plus cette durée augmente, plus ferme est la viande au final. Une fois mes animaux abattus, les meilleurs morceaux sont utilisés pour fabriquer des saucisses, qui seront ensuite fumées et séchées en tuyé, pour devenir des saucisses de Morteau ! »

Ainsi, avec le petit lait issu de la fabrication du Comté, les cochons de Philippe Monnet font le bonheur des amateurs de saucisse de Morteau. Grâce à cette complémentarité, tout un terroir s’articule et vit autour de l’élevage et des verts pâturages du Haut-Doubs. Nous n’avons d’ailleurs nullement besoin de nous en éloigner beaucoup pour remonter à la source de la production du petit lait, et donc, du Comté…

Escale à la fruitière de Trévillers

C’est à deux kilomètres seulement de la ferme Monnet que le lait des Montbéliardes est transformé, dans la fruitière de Trévillers. Réunissant les productions de 41 éleveurs répartis sur le plateau de Maîche, à Trévillers et sept villages alentours, la fruitière transforme près de 9 millions de litres de lait par an. Les six salariés de la coopérative fabriquent principalement du Comté et du gruyère français IGP, ainsi qu’un peu de Morbier AOC, de raclette au lait cru, ou encore du beurre et de la crème avec les excédents de matière grasse.

Ces produits rencontrent d’ailleurs un franc succès dans le magasin attenant à la fruitière, qui ne désemplit pas. Sur place, les crémières nous informent que nous pourrons aussi retrouver les fromages de Trévillers à Valentigney et Danjoutin, dans les deux autres points de vente de la coopérative, mais également sur Internet ! Et en plus des fromages, nous ne manquons pas d’emporter pour la route, du miel, des yaourts… et surtout des saucisses, du jambon et du lard fumés !

Infos pratiques

Ferme de Philippe Monnet
La Craute
25470 Trévillers
03 81 44 40 09

Fruitières réunies de Trévillers
11 rue des Fruitières
25470 Trévillers
03 81 44 40 27

Étape 2.- Pause gourmande à l’Étang du Moulin

Depuis Trévillers, prenez la direction de Morteau, pour continuer votre voyage au pays des délicieuses salaisons du Haut-Doubs. Pour vous sustenter, arrêtez-vous à mi-chemin à l’Étang du Moulin, chez Jacques Barnachon et Sandrine Boissenin, deux amis de longue date du Comté…

À l’écart du village de Bonnétage, entre les champs et les bois, et bien sûr, au bord d’un bel étang, l’hôtel-restaurant l’Étang du Moulin se présente comme une très grande maison dont le toit rappelle ceux des bâtisses du Haut-Doubs. L’établissement partage également le sens de l’accueil chaleureux et généreux de la région, et nous sommes tout de suite confortablement installés par l’équipe de Jacques Barnachon et Sandrine Boissenin. Frère et sœur, tous deux ont perpétué l’héritage de leurs parents, tout en transformant l’Étang du Moulin en restaurant gastronomique étoilé et en hôtel**** doté d’un spa.

Une délicieuse aventure familiale

Créé par Maurice et Renée Barnachon, l’établissement était auparavant réputé pour sa cuisine régionale et familiale, dans la lignée de la Cabane initialement installée au bord de l’étang ! C’est donc progressivement, grâce à sa formation au cœur d’établissements réputés et auprès de chefs étoilés, que Jacques Barnachon a donné une nouvelle orientation à la carte du restaurant, à partir de 1994. Un choix gagnant puisqu’il finit par convaincre et séduire la clientèle, puis les guides gastronomiques. L’histoire d’un beau tandem familial aussi, car Jacques est parfaitement complété par sa sœur Sandrine qui, outre la gestion de la salle et de l’hôtel, affirme magnifiquement sa fine connaissance des vins.

« C’est vraiment la passion de ma sœur, s’exclame Jacques Barnachon. Nous avons près de 1100 références à la carte et la clientèle adore, d’autant que nous offrons une sélection très large. Elle accompagne notre carte, dont vous découvrirez aujourd’hui la 123e édition, car nous la changeons six à sept fois par an en fonction des saisons, des saisons de chasse, des fêtes… Au menu, il y a toujours les incontournables, à l’image du foie gras, pour lequel j’ai gagné un premier prix national en 2000. Je travaille aussi les produits locaux, comme la saucisse de Morteau ou le Comté. Ce fromage est proposé à chaque carte, car c’est un produit qui reflète nos valeurs, nos coutumes et même la base de notre éducation. Et puis, ici, les éleveurs font du très bon travail et les vaches ont des champs plutôt sains. C’est pour cela que je collabore avec neuf fromagers, dont la fruitière de Bonnétage. J’utilise leurs Comtés en fonction des affinages pour cuisiner des royales, des croûtes de Comté, mais aussi des plats gratinés, des poissons et même des coquillages. Vous retrouverez cette association avec le poisson dans le cabillaud en croûte de Comté servi à midi ! » 

Gastronomes, à table !

Nous ne nous faisons pas prier et nous installons pour goûter au plat recommandé par le chef. L’association du terroir et des saveurs de la mer est d’ailleurs présente dès le début du repas où, après une gougère au Comté accompagnée d’une mousse de vieux foie gras, nous dégustons de surprenants maquereaux avec une vinaigrette aux morilles de la maison Dutruy. S’ensuit notre délicieux cabillaud en croûte de Comté, suivi du fromage, consistant bien sûr en un Comté, accompagné d’une royale de Comté aux fruits secs et suc de Vin Jaune. Un délice dont on se resservirait bien plusieurs fois, s’il n’était suivi d’un dessert non moins succulent, le "dessert autour de la myrtille" imaginé par le chef, sorte de mariage parfaitement équilibré entre un sorbet à la myrtille, un gâteau à la myrtille et une mousse au yaourt.

Pris au sein d’une salle lumineuse et confortable, ce délicieux repas gastronomique peut également être complété par un séjour à l’hôtel, pour qui voudrait s’attarder dans ce havre de paix. On pourra aussi choisir la table du « Bistrot cuisine traditionnelle », ouverte en hommage à la Cabane et proposant des plats plus accessibles, mais qui n’en portent pas moins la signature de Jacques Barnachon.

Infos pratiques

L'Etang du Moulin
25210 BONNÉTAGE

03 81 68 92 78
www.barnachon.com

Étape 3.- Remontez le temps à la Ferme du Montagnon

Depuis Bonnétage, partez en direction d’Orchamps-Vennes et quittez la route au niveau de Fuans pour rejoindre le hameau de Grandfontaine. C’est là que Noël Myotte a patiemment restauré une ancienne ferme et son tué, les lieux où a commencé il y a bien longtemps l’histoire des salaisons du Haut-Doubs…

En arrivant à Fournets-Luisants, au hameau de Grandfontaine, nous repérons tout de suite la Ferme musée du Montagnon, une imposante bâtisse dotée d’une singulière cheminée d’où sort déjà de la fumée. À l’intérieur, nous sommes accueillis par une délicieuse odeur de fumé et par Noël Myotte, qui s’affaire dans la pièce voisine. « Venez-voir le tué ! », nous dit-il. Nous pénétrons alors dans une pièce où pendent des jambons, du brési, des filets mignons, des saucisses au Macvin et bien sûr, des saucisses de Morteau Label Rouge, en dessous de la grande cheminée que nous devinions de l’extérieur.

« Nous sommes ici dans le tué [qu’on appelle aussi tuyé] de l’ancienne ferme, qui date de 1736. J’ai acquis l’ensemble, qui était en très mauvais état, en 1979. Nous avons tout refait, en commençant par le tué. Mon but était alors de fumer mes jambons ici, ce que nous faisons encore un peu, comme vous le voyez ». À l’époque, Noël Myotte avait déjà bien développé sa boucherie, créée en 1962 à Orchamps-Vennes, et il faisait partie de l’association à l’origine du premier label régional « Véritable saucisse de Morteau ». Petit à petit, la ferme de Grandfontaine attira ses clients, curieux du procédé de fumage traditionnel employé par ce passionné. L’entreprise se développa également, avec l’aménagement d’un atelier de fabrication des salaisons en 1985, puis l’agrandissement et le déménagement à Noël-Cerneux en 2009.

Aux origines de la saucisse de Morteau

Pour satisfaire la curiosité du public et la sienne, Noël Myotte poursuivit la restauration du tué puis de la bâtisse, jusqu’à créer un musée classé « Site remarquable du Goût » en 1994. « Nous avons obtenu cette récompense, notamment parce que le tué est toujours en activité. Ainsi, on peut vraiment comprendre comment ce système fonctionne. À l’origine, cette pièce n’était pas destinée qu’au fumage des saucisses et des jambons : c’était aussi la cuisine et la pièce à vivre de la ferme. On y fumait les viandes pour les conserver et les consommer en hiver, pas pour les vendre comme aujourd’hui. Regardez autour de vous : il y a au moins six portes qui permettent de créer des courants d’air, afin de sécher les salaisons. Car contrairement à ce qu’on croit, ce n’est pas avec de la chaleur qu’on fait la saucisse de Morteau, mais avec le sel et le séchage. Or, nous sommes dans le Haut-Doubs, où le temps est souvent froid et humide. C’est pour cette raison uniquement que nos ancêtres ont fait sécher les saucisses près du feu. Et puis, au fil des saisons, ils ont remarqué que les saucisses fumées avec du bois de résineux avaient un meilleur goût. Voilà comment est née la saucisse de Morteau ! »

Les origines de la « Belle de Morteau » ainsi éclaircies, Noël Myotte nous entraîne dans le reste de la ferme, où il a patiemment reconstitué la vie d’antan : « J’ai retrouvé et chiné tous ces objets du quotidien, ce qui m’a permis de recréer cette salle-à-manger, l’atelier et la chambre à coucher. » Poêle, scies, haches, établi, vaisselle, casseroles, gaufrier, horloge comtoise, lit, machine à coudre… un nombre incroyable d’objets et de meubles sont donnés à voir au public, jusqu’aux vêtements d’époque !

Après cette incursion au XIXe siècle, nous revenons bel et bien au présent, en nous dirigeant vers le magasin aménagé dans l’ancienne étable. Au milieu d’un décor en bois composé d’anciens éléments de la ferme (boxes de chevaux, tonneaux, traineau…), les saucisses de Morteau et les autres salaisons du Haut-Doubs sont joliment mises en valeur. Elles sont bien évidemment accompagnées de vins du Jura et de pays, jus de fruits, miels, confitures et Comtés, qui donnent un aperçu culinaire de toute la région avant de repartir.

Infos pratiques

La Ferme du Montagnon
20, hameau de Grandfontaine
25390 Fournets-Luisans
03 81 43 57 86

• Entrée gratuite.
• Ouverture tous les jours de Pâques au 11 novembre.
• Groupes sur réservation.

Étape 4.- Nuit douillette au Pré Oudot

Pour terminer cette journée au pays de la Belle de Morteau, restez à Fournets-Luisants, mais rendez-vous cette fois dans la partie haute de la commune, à 1000 mètres d’altitude. Dans l’une de ces anciennes fermes qui ont vu naître à la fois le Comté et les salaisons du Haut Doubs, Émile et Laurence Pequignet partageront avec vous leur petit coin de Paradis…

Au Pré Oudot, c’est d’abord l’impression de calme et de sérénité qui domine : « Nous recevons parfois des randonneurs itinérants, à pied, à vélo ou à cheval, puisque nous accueillons les cavaliers et leurs montures, nous explique Laurence Pequignet. Mais ce sont le plus souvent des couples ou des familles qui viennent pour visiter la région, se promener… ou tout simplement, ne rien faire ! En fait, la plupart des visiteurs sont à la recherche des choses les plus simples. »

Situé en pleine nature, le Pré Oudot invite en effet à prendre son temps et à se reposer en profitant des paysages environnants. « C’est en me promenant à cheval que j’ai découvert cette ancienne ferme, datant de 1689, raconte Émile Pequignet. Je l’ai achetée en 1976 et bien sûr, tout était à refaire. Au départ, je vivais à Morteau et je souhaitais de la place pour élever mes chevaux. Mais j’étais tellement bien ici que j’ai vendu mon appartement pour venir habiter sur place. »

Entre confort et authenticité

Les chambres d’hôtes ont ensuite été aménagées avec goût par Laurence, qui a pris le soin de s’entourer d’artisans locaux talentueux – en témoignent les ferronneries qui décorent l’ensemble du Pré Oudot. Outre trois chambres pour deux personnes, deux suites offrent une vue sur le manège où les chevaux sont entraînés. La suite du Manège, sous les toits, invite à la détente dans un esprit très montagnard, tandis que la suite d’Albert est parfaite pour accueillir les familles ou les groupes d’amis. Un sauna et une salle de sport sont même en projet, afin de compléter ces hébergements où il est possible de vivre en toute autonomie.

Pour notre part, nous nous dirigeons vers la chambre de l’Horloger, décorée sur un thème bien familier à Émile Pequignet. Fondateur de la marque éponyme, il a longtemps fait rayonner l’horlogerie du Haut-Doubs en France et dans le monde. Se consacrant désormais à l’équitation et à son autre passion, l’accordéon, il ne nous en détaille pas moins avec une grande précision, tous les meubles chinés par son épouse : « La table de nuit est une layette, un meuble où les horlogers rangeaient leurs outils et fournitures pour fabriquer ou réparer des montres. Près de la fenêtre, vous avez un établi et contre le mur, une lanterne, qui servait à pendre les montres pour vérifier leur bon fonctionnement ».

Après cette visite et quelques instants passés auprès des chevaux, nous terminons la soirée en dégustant un plateau de charcuterie du Haut-Doubs, de saucisse de Morteau et de fromages que nous a gentiment préparé Laurence. Puis nous rejoignons notre nid douillet pour une nuit dans le calme le plus complet. Le lendemain matin, frais et dispo, nous retrouvons toute la famille Pequignet autour de la table dressée par notre hôtesse. Confitures maison, saucisse et charcuterie, viennoiseries, fruits, fromages… locaux et bio de préférence, tous ces mets sont savamment sélectionnés et préparés par Laurence pour nous assurer un repas copieux, avant de repartir sur les routes du Comté !

Infos pratiques

• Le Pré Oudot
25390 Fournets-Luisans

03 81 67 02 31
le-pre-oudot.fr

Étape 5.- De Morteau au Meix Lagor

Si Morteau est réputée pour sa gastronomie dont vous avez maintenant un meilleur aperçu, elle doit beaucoup également à l’industrie horlogère ! Pour cette dernière étape, découvrez le musée de l’Horlogerie et baladez-vous dans les rues de la ville, avant de partir vous rassasier sur les hauteurs du Val de Morteau, à l’auberge du Meix Lagor.

Nous arrivons à Morteau après une belle descente depuis le Pré Oudot : la ville est en fait située dans une large vallée du Doubs, encadrée par les monts et plateaux jurassiens environnants. Cette situation stratégique lui a valu une riche histoire, à l’image des vallées et points de passage du Jura, entre la domination des maisons de Montfaucon, de Neuchâtel et de Habsbourg, puis l’annexion française par Louis XIV. Nous retrouvons les traces de ces époques passées dès l’hôtel de ville, une imposante maison du XVIe siècle flanquée de belles tours carrées. Nous ne manquons pas également de pénétrer dans l’église Notre Dame de l’Assomption, datant du XVe siècle et reconnaissable par sa tour-clocher coiffée d’un dôme à l’impériale… autrement dit, d’un clocher comtois caractéristique de la région.

Nous nous dirigeons enfin vers le château Pertusier, abritant le musée de l’Horlogerie, en bordure du centre-ville. Construit en 1576, il reste l’un des rares témoignages de la Renaissance dans le Haut-Doubs… mais aussi de la tristement célèbre guerre de Dix Ans qui fit rage en Franche-Comté entre 1634 et 1644 : des empreintes de balles tirées par les soldats suédois en 1639 sont encore visibles sur la façade ouest de la bâtisse ! C’est entre ces murs que l’association Traditions horlogères du Haut-Doubs fait vivre le musée de l’Horlogerie et transmet la passionnante histoire horlogère de Morteau aux visiteurs. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, l’horlogerie s’est développé dans le Haut-Doubs et particulièrement dans le Val de Morteau dont elle a fait la prospérité. Plus de 250 ans d’histoire sont retracés dans les deux étages du château, avec un nombre incroyable de pièces d’horlogerie, des outils et appareils de fabrication aux montres, en passant par les pendules et les horloges comtoises. Malgré sa muséographie quelque peu datée, le musée est incontournable, car il est animé par des bénévoles passionnés et présente de nombreux modèles d’une grande valeur historique, technique et artistique !

L’auberge et les greniers du Meix Lagor

Après ces pérégrinations culturelles, nous remontons sur les hauteurs du Val de Morteau, à 1100 mètres d’altitude et à quelques centaines de mètres de la frontière suisse. Comme perdu au milieu des bois et des prés, le Meix Lagor est une ancienne ferme comtoise en pleine nature. Son nom, « Meix », est typique du Haut-Doubs et de certaines régions montagneuses des Alpes et de Lorraine où il désigne souvent une propriété rurale ou une ferme dotées de terres, comme c’est le cas ici.

Aujourd’hui, la ferme a été restaurée par la famille Monnet, qui propose à la fois sa cuisine dans une auberge conviviale et des hébergements destinés aux familles, groupes et séminaires dans son immense chalet privé. Doté de greniers atypiques tout en bois, il est l’idéal pour un confortable séjour d’une semaine, donnant accès aux espaces de détente privatifs – hammam, sauna, solarium, piscine naturelle… et jacuzzi réalisé dans une ancienne cuve de fabrication de Comté !

Les visiteurs d’un jour pourront quant à eux se restaurer le midi ou le soir, tout en découvrant la bâtisse du début du XIXe siècle, le four à pain et le tuyé. À table, nous goûtons entre autres à la croûte aux champignons et au Vacherin fait maison. L’ambiance y est à l’image des plats : un savant mélange de rusticité et de convivialité dans un cadre très soigné.

Infos pratiques

Musée de l’Horlogerie
17 rue de la Glapiney
25500 Morteau
03 81 67 40 88

Le Meix Lagor
Auberge et Greniers
25500 Montlebon
03 81 67 26 03

La Fruitière de Grégoire Schneiter

S’il est déjà l’heure de repartir, n’oubliez pas de remplir votre besace de bons produits du terroir, à La Fruitière de Morteau, un magasin qui réunit tous les indispensables.

Depuis une quinzaine d’année, Grégoire Schneiter élabore sa sélection de produits locaux dans son magasin La Fruitière. Situé dans une bâtisse du début du XXe siècle attenante à une ancienne fruitière, le magasin n’en conserve plus que le nom depuis l’arrêt de la fabrication et de l’affinage. Néanmoins, la relation avec les producteurs et les autres fruitières est toujours au centre de l’activité : « J’ai à cœur de respecter les produits locaux et le travail artisanal, nous explique Grégoire Schneiter. Je propose beaucoup de fromages de la région, à commencer par les Comtés des maisons Badoz et Marcel Petite. Vous trouverez aussi du Morbier, des fromages de chèvre, des Tommes du Jura, des Bleus de Gex, du Mont d’Or en saison, mais également de la cancoillotte, que nous fabriquons sur place. Je propose aussi des fromages du reste de la France, pour les faire découvrir aux Mortuaciens qui sont nombreux à les demander. Vous trouverez donc du Salers, du Brie, du Reblochon… Pour cela, je travaille avec un affineur lyonnais Meilleur Ouvrier de France, qui élabore sa propre sélection de qualité. »

Figurent également en bonne place, la saucisse de Morteau Label Rouge, ou encore les jambons fumés au Tuyé du Papy Gaby. Pour le reste, La Fruitière propose de quoi combler les appétits et les envies des gourmets et gourmands, avec du beurre, de la crème, des yaourts, des vins du Jura, des confitures, du miel, des chocolats, des caramels, des champignons secs, etc.

Infos pratiques

• La Fruitière
25500 Morteau

Le Saut du Doubs

Entre la France et la Suisse, le Saut du Doubs est une impressionnante curiosité naturelle à ne manquer sous aucun prétexte.

Situé juste sur la frontière entre la France et la Suisse, le Saut du Doubs est une chute d’eau de 27 mètres de hauteur. Sur place, vous pourrez sentir et entendre le vrombissement des eaux, tout en saluant nos voisins Suisses de l’autre côté de cette limite naturelle qu’est le Doubs.

Pour accéder au site, rendez-vous au parking des Vions, en marge de Villers-le-Lacs. De là, une descente d’1,5 kilomètres vous attend pour arriver à l’embarcadère, puis encore 800 mètres pour accéder à la cascade elle-même. Vous pourrez alors admirer la chute d’eau de très près, ou de plus haut grâce à deux belvédères. Il ne vous restera plus qu’à faire le chemin en sens inverse, au cours d’une montée un peu plus sportive.

Si vous souhaitez bénéficier d’une visite guidée ludique et confortable, optez pour une promenade en bateau avec la Compagnie Droz-Bartholet, au départ de Villers-le-Lac. La balade vous permettra de découvrir le lac de Chaillexon, le lac des Brenets et les bassins du Doubs qui précèdent le Saut du Doubs, mais aussi la grotte des Rois de Prusse ou le rocher de la table d’Hercule, d’où l’abbé Simon s’élança pour un plongeon de 35 mètres. Au bout d’une demi-heure, vous débarquerez à 500 mètres de la chute, facilement accessible à pied, avant de repartir pour Villers-le-Lac.

Infos pratiques

• Bateaux du Saut du Doubs
Les Terres Rouges
25130 Villers-le-Lac

Compagnie Droz-Bartholet
03 81 68 13 25
www.sautdudoubs.fr