Randonnée : échappée jurassienne au Pays du Comté

Savoureux Circuit Bandeau

N° 19

Reculées, tufs, échelles, cabordes… les habitants du Jura ont parsemé la région de termes bien étranges ! Pour en percer tous les mystères, cheminez le long de l’Échappée Jurassienne à la recherche de ces spécificités du terroir, qui participent pleinement de la richesse du Comté.

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Le circuit en vidéo
Toutes les étapes du circuit

Étape 1.- Le premier plateau les sens dessus dessous !

De Lons-le-Saunier à Poligny, la capitale du Comté, les chemins de l’Échappée Jurassienne vous emmèneront au cœur du territoire des reculées, à commencer par celle de Baume-les-Messieurs. Mais qu’est-ce qu’une reculée ? Cette première étape de 13 kilomètres vous apportera la réponse en vous faisant passer des hauteurs du premier plateau, aux profondeurs de la terre…

Entre Dole et Saint-Claude, l’Échappée Jurassienne relie la plaine aux massifs du Jura, en passant par les plus beaux sites de ce territoire d’exception ! Que vous désiriez randonner deux ou 16 jours, cet itinéraire balisé offre l’avantage de pouvoir réaliser une excursion à la carte, avec les étapes de votre choix. Gastronomique, sportive, familiale… l’Échappée Jurassienne présente de nombreux visages en fonction de vos envies et de votre soif d’aventure. Il est même possible de confier vos bagages à un service de transport qui les emmènera pour vous d’étape en étape. Toutes les conditions sont donc réunies pour une délicieuse Échappée en terre de Comté ! 

Premier contact avec le plateau

Pour effectuer notre périple, nous choisissons tout d’abord de laisser notre véhicule à Poligny, avant de gagner notre point de départ en train. Arrivés à Lons-le-Saunier, nous rejoignons l’Échappée Jurassienne en suivant, depuis la gare et sur la droite, le GR et le balisage jaune en direction du village de Perrigny qui surplombe la ville. Arrivés à l’église, nous continuons à gauche le long du GR59 et de l’Échappée Jurassienne en direction de l’abbaye de Baume, qui sera désormais toujours indiquée. Après une belle montée et un dénivelé de près de 300 mètres, nous arrivons au lieu-dit la Plaine (559 m), pour admirer la vue sur Lons et ses alentours. Nous évoluons ensuite en pente douce en suivant les pancartes jaunes, à travers la forêt et les champs.

Moins d’une heure de marche nous suffit pour déboucher sur une vue spectaculaire, que nous nous empressons d’admirer depuis le belvédère des Roches. De part et d’autre de deux falaises, nous voyons se dessiner une vallée au fond de laquelle semble reposer le village de Baume-les-Messieurs. Il s’agit de la fameuse reculée, un relief atypique, résultat d’érosions et d’éboulis causés par le lent travail des eaux. Longue de 9,5 et large d’1,1 kilomètres, cette reculée est un site classé et l’un des plus beaux représentants du genre.

Quittant ce magnifique point de vue, nous entreprenons ensuite une descente abrupte en empruntant les Échelles de Crançot, en direction des Grottes de Baume. Rassurez-vous, le nom est trompeur et les échelles d’antan ont été remplacées par des escaliers ! De plus, si les randonneurs les moins expérimentés appréhenderont le dénivelé de 150 mètres avec prudence, les autres le descendront sans grande difficulté.

Au cœur des grottes de Baume

Arrivés au pied des grottes, nous commençons par pénétrer sous terre grâce à une passerelle en bois construite à flanc de roche. Pour l’occasion, nous nous sommes bien vêtus, car la température y est de 11 °C en permanence. À l’intérieur, Pierre, notre guide du jour, nous invite à parcourir avec lui les 600 mètres de galerie dédiés à la visite. « N’ayez pas peur si vous voyez des chauves-souris, nous précise-t-il d’abord. Elles sont protégées et sont inoffensives. Elles vivent ici, au sein de ces grottes creusées par l’eau dans le calcaire. Vous remarquerez d’ailleurs que l’atmosphère et les parois sont assez humides. »

Nous suivons ensuite Pierre à travers les différents passages, tantôt obligés de nous baisser, tantôt surpris par l’impressionnante hauteur des grottes. « Nous voici dans une salle autrefois surnommée la "salle des fêtes", car les habitants de Baume-les-Messieurs venaient y écouter des concerts de cors de chasse. Sa hauteur est de 71 mètres. » Étonnés par les différentes couleurs et les formes que semble dessiner la pierre, nous poursuivons à travers les salles du Lac, du Hibou, des Chauves-souris... Pierre fait aussi appel à notre imagination et nous invite à deviner des hiboux, un gorille, et même le tombeau de Napoléon ! C’est avec cette dernière forme surprenante que se conclut la visite : nous retournons alors sur nos pas pour retrouver l’air libre. Sans nous en rendre compte, nous avons passé près d’une heure sous terre, au plus près des couches géologiques qui font la richesse du sol jurassien… et donc, celle du Comté !

À la sortie des grottes, nous reprenons le GR en direction de Baume-les-Messieurs, que nous apercevons au loin. Nous nous arrêtons devant la cascade des Tufs, résultat d’un phénomène bien connu dans le Jura. Infiltrée dans le plateau, l’eau ressort ici en de nombreuses cavités creusées dans le tuf, donnant son nom à la cascade. Après ces quelques minutes de contemplation des eaux ruisselantes, nous poursuivons sur un chemin en pente douce le long du Dard, qui nous mène directement à un mystérieux petit village, au fond de la vallée…

Infos pratiques

Grottes de Baume-les-Messieurs
39210 Baume-les-Messieurs
03 84 48 23 02

• Fichier GPX de la randonnée ICI.

L’Échappée Jurassienne
TopoGuides® complet "L’Échappée Jurassienne" disponible ici.

• Fichier KML de la randonnée ICI.

Étape 2.- Ce village au fond de la vallée…

Ces paroles si célèbres sont celles des Trois Cloches, la chanson interprétée par Édith Piaf et écrite par Jean Villard en 1939. Ce que l’on sait moins, c’est que le village en question n’est autre que Baume-les-Messieurs, dont l’auteur avait déjà pu apprécier la situation atypique, au cœur de sa reculée. À vous maintenant d’en percer les secrets au cours d’une étape aussi historique que gastronomique !

Découverte de l’abbaye impériale

Après les richesses naturelles de Baume-les-Messieurs, nous entreprenons de découvrir le patrimoine historique de cette « Petite Cité comtoise de caractère » et « Plus beau village de France ». En effet, le village s’est construit autour d’une imposante abbaye dont nous avons admiré maintes fois la silhouette se dessinant depuis le fond de la reculée. Pour en savoir plus, nous suivons les explications de notre guide, Anne-Marie Cardinal. Celle-ci nous emmène tout d’abord dans la grande cour puis au cœur de l’ancien cloître, pour débuter notre visite à travers le temps. « La présence des religieux est très ancienne sur le site de Baume, mais c’est à la fin du IXe siècle qu’elle se développe sous l’impulsion de l’abbé Bernon, qui suit la règle bénédictine, nous précise-t-elle. À l’origine, la cité se nomme donc Baume-les-Moines. Ce n’est qu’en 1759, lorsque les moines laissent la place à des chanoines séculiers – qui ne sont pas soumis à la clôture –, qu’elle est renommée Baume-les-Messieurs. »

Voilà donc l’origine du nom du village ! Nous pénétrons ensuite au sein de l’église Saint-Pierre – ancienne abbatiale puis collégiale. Notre guide poursuit ses explications, nous faisant voyager de l’art roman jurassien jusqu’aux maîtres flamands du XVIe siècle : « Ce retable que voici aurait été offert par la ville de Gand à l’abbé de Baume en 1525. Ses dimensions sont très importantes puisqu’il mesure 5,6 mètres de large ouvert, ce qui en fait l’un des plus grands d’Europe. Il représente la vie de Jésus : si vous ne savez pas comment le lire, souvenez-vous que l’on procède généralement de gauche à droite puis du bas vers le haut, comme pour aller de la Terre au Ciel ». Avec de telles explications, les pierres, les statues et les peintures révèlent progressivement leurs secrets, et c’est en voyant désormais l’abbaye sous un jour nouveau que nous quittons à regret ces lieux qui n’ont pas encore dévoilé tous leurs mystères aux historiens et aux archéologues. 

Une pause gourmande au Grand Jardin

Nous n’avons pas besoin d’aller très loin, puisque le Grand Jardin se situe juste en face de l’abbaye. Il s’agirait en fait de l’ancienne demeure du moine jardinier, dont les parties les plus anciennes auraient été édifiées au milieu du XVIe siècle. À l’époque déjà, les plantes étaient hivernées dans la partie basse de la bâtisse. C’est dans cet édifice chargé d’histoire que Didier et Christine Favre cultivent leur sens de l’accueil depuis 15 ans. « Lorsque nous avons découvert ce lieu magique, nous avons tout de suite été séduits, nous expliquent-ils. Le cadre est magnifique et nous ne nous en lassons pas. Nous avons effectué beaucoup de travaux, par exemple pour remettre le jardin en état. Et le résultat en valait la peine ! ».

Si Christine est jurassienne, Didier est un restaurateur originaire du Vercors, qui a pris fait et cause pour la gastronomie de sa terre d’adoption. « J’adore les produits du Jura : en cuisine, je privilégie les circuits courts et le patrimoine culinaire local, quitte à le retravailler pour apporter de la variété. Je fais d’ailleurs partie du Cercle des Jurapicuriens, réunissant des restaurateurs, artisans, producteurs et hôteliers qui partagent ces mêmes valeurs ! » Ces choix très marqués se retrouvent d’un coup d’œil sur la carte du Grand Jardin, où la charcuterie franc-comtoise côtoie des vins essentiellement jurassiens et bourguignons, ainsi que des fromages issus de la maison Poulet de Granges-sur-Baume, voisine de Baume-les-Messieurs.

La faim aiguisée par nos découvertes du jour, nous nous empressons de vérifier les dires de nos hôtes en goûtant une salade jurassienne et son croustillant aux noix et au Comté, une pintade de la Dombes et l’un des nombreux desserts maison. Une réussite, où les saveurs du terroir sont subtilement mises en valeur par quelques délicieuses touches de créativité. Nous retrouvons ensuite ce même état d’esprit pour notre nuit dans l’une des trois chambres du Grand Jardin. Valorisant la chaleur du bois jurassien tout en restant dans la sobriété, le décor invite à se reposer paisiblement sous la charpente de cette maison décidément pleine de caractère.

Infos pratiques

Abbaye de Baume-les-Messieurs
03 81 49 02 36
03 84 44 61 41 (hors saison touristique)

Le Grand Jardin
39210 Baume-les-Messieurs
03 84 44 68 37

Étape 3.- Des reculées aux coteaux du Jura

Explorez les reculées de Baume-les-Messieurs et de la Seille au cours d’une randonnée de 12,5 kilomètres qui vous promet de belles ascensions… et des descentes tout aussi pentues.

En sortant de Baume-les-Messieurs, nous entreprenons de remonter sur les hauteurs du plateau, d’une manière plutôt sportive : en à peine 1,2 kilomètres, nous nous élevons de 180 mètres le long du GR 59. Mais nos efforts en valent la peine, puisque nous découvrons un nouveau point de vue sur Baume-les-Messieurs depuis le belvédère de Granges-sur-Baume. Après cette vue spectaculaire, nous reprenons notre route le long de l’Echappée Jurassienne en direction de Nevy-sur-Seilles, puis de Blois-sur-Seille. Chemin faisant, nous gardons l’œil ouvert afin de dénicher les cabordes, d’anciennes cabanes de bergers, ainsi que les murgers, des murs en pierre sèche qui jalonnaient autrefois le paysage. Ces vestiges, au nombre de 300 dans les reculées et sur le premier plateau, témoignent de l’histoire agricole encore vive sur le territoire de la Haute-Seille.

L’itinéraire nous amène d’ailleurs au bord de la reculée de la Seille, d’où nous pouvons admirer la vue sur Blois-sur-Seille. Nous sommes également intrigués par la présence d’un curieux téléphérique : il s’agit en fait d’un ancien monte-lait, reliant Blois et le hameau du Chaumois-Boivin. Après la traite, les agriculteurs faisaient descendre le lait deux fois par jour dans la vallée où se trouvait la fruitière à Comté. Un système ingénieux qui fonctionna de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1980.

Suivant le chemin de bois, nous descendons à Blois-sur-Seille pour voir le téléphérique de plus près, avant de… remonter de l’autre côté de la reculée, en suivant les panneaux qui nous mènent à Château-Chalon. C’est donc après 200 mètres de dénivelé négatif, puis positif, que nous terminons les trois derniers kilomètres en pente douce pour retrouver l’extrémité nord de la reculée, où les Jurassiens ont su habilement tirer profit des pentes qui impressionnent les randonneurs…

Sur les hauteurs de Château-Chalon

En arrivant à l’est du village, nous découvrons une vue digne des plus belles cartes postales : Château-Chalon dévoile un profil singulier, entre l’ancienne abbaye, l’église Saint-Pierre, les terrasses et les vignes en contrebas. Figurant parmi « Les Plus Beaux Villages de France », labellisé « Cité comtoise de Caractère » et « Site du Goût », Château-Chalon est également classé au paysage viticole avec les communes qui l’entourent. Au cœur de ce patrimoine préservé – que nous explorerons plus avant à l’occasion d’un petit détour – nous nous mettons en quête des traces du Comté, qui tient lui aussi une bonne place dans l’héritage local.

L’ancienne fromagerie du village

Située en plein cœur de Château-Chalon, l’ancienne fromagerie est aujourd’hui devenue un magasin, mais aussi un espace dédié à l’histoire du beau métier de fromager. C’est d’ailleurs ainsi que madame Seyssel, chargée de l’accueil et de la vente, nous présente les lieux : « Nous sommes ici dans l’ancienne cave d’affinage du Comté, qui est aujourd’hui consacrée à la vente des fromages et des produits régionaux. Les fromageries Vagne ont rénové l’édifice en 2002 et ont aménagé un petit musée dans la pièce où étaient produits les fromages. » Nous la suivons à travers l’ancienne bâtisse jusqu’à une salle où des vestiges d’un autre temps sont exposés : « Voici une cuve en cuivre et un tranche-caillé, instrument avec lequel le fromager découpait le lait caillé à la main, avant de le chauffer, de le brasser, puis de l’égoutter, le mouler et le presser. Observez aussi ce registre, où les fromagers notaient les données de production. D’après les anciens du village, il est possible de reconnaître l’écriture des fromagers suisses venus remplacer les Français mobilisés pendant la Première Guerre mondiale. »

Malgré nos efforts, les connaissances en paléographie nous manquent pour reconnaître nos voisins suisses. Nous retournons donc à des préoccupations plus terre-à-terre pour découvrir les produits proposés au magasin. Bien sûr, figurent en bonne place les Comté et les Morbier affinés par les fromageries Vagne dans leur cave de Poligny.  Sans oublier les saucisses de Morteau, jambons fumés, confitures, bières artisanales, vins du Jura et autres délices régionaux mis en valeur au sein de cette magnifique salle voûtée où s’affinaient autrefois les Comté du village.

Infos pratiques

Fromageries Vagne
Rue Saint-Jean 39210 Château-Chalon
03 84 44 92 25

• Visites individuelles libres.
• Visites guidées avec dégustation de vin et de fromage possibles sur réservation.

Étape 4.- Une soirée de rêve à Château-Chalon

Cité historique et viticole, Château-Chalon est également très réputée pour sa gastronomie et la qualité de son accueil. L’idéal pour reprendre des forces après une journée de randonnée.

Plein la vue… et l’assiette !

Dans le village de Château-Chalon, le P’tit Castel est une adresse aussi belle que bonne. Voilà qui nous permettra de nous sustenter tout en laissant notre esprit vagabonder. Car ce restaurant se distingue par un atout de taille. Situé dans une ancienne bâtisse, il possède une immense terrasse panoramique qui domine entièrement la vallée et les coteaux. C’est donc devant le spectacle du soleil couchant que nous prenons place pour passer tranquillement la soirée.
Mais au P’tit Castel, le spectacle se déroule aussi dans l’assiette, où règne une délicieuse cuisine traditionnelle...

Nuit douillette à la Tour Charlemagne

Après notre repas, nous partons en direction de la sortie du village pour rejoindre notre hébergement du soir, la Tour Charlemagne. Nous sommes accueillis par Odile Outhier, la maîtresse des lieux, qui nous indique notre chambre nommée l’Oppidum. Elle côtoie l’Elixir, le Naturé et La part des Anges : à l’image de ces noms féériques, l’ensemble du bâtiment a été entièrement imaginé par notre hôtesse. « J’ai eu un véritable coup de foudre pour cette maison, que j’ai achetée en 2008, nous raconte-t-elle. C’est un ancien relais de poste du XVIIIe siècle, bâti sur les vestiges des fortifications de Château-Chalon [qui ont donné leur nom au village] démolies après la conquête française. Malgré tout, une ancienne tour a subsisté à quelques dizaines de mètres d’ici et les habitants ont continué d’appeler cette zone ‘La Tour’. C’est pour cette raison que j’ai nommé ma maison d’hôtes ‘La Tour Charlemagne’.

Il m’a tout de même fallu cinq ans pour rénover entièrement la bâtisse, qui était en ruine. Mais ce projet me tenait vraiment à cœur. Déjà parce que je suis jurassienne d’origine et ensuite parce que j’aime recevoir. Ici, j’ai pu créer un univers qui me ressemble et j’invite ceux qui le veulent à le partager avec moi. » Et il est vrai que notre hôtesse a su instiller une part d’elle-même dans cette demeure : en plus des parquets, des pierres et de la charpente apparentes, la décoration mêlant design et confort est un vrai ravissement pour les yeux ! Sans oublier la piscine, parfaite pour se délasser après notre journée de marche.

Avec juste ce qu’il faut de personnalité, cette ambiance donne l’impression d’être chez soi. Un sentiment qui se confirme au petit-déjeuner du lendemain, lorsqu’Odile nous sert un délicieux clafoutis maison, au milieu d’une table garnie de victuailles. Nous voilà entièrement remis pour entamer la dernière étape de notre périple !

Infos pratiques

• Le P’tit Castel
14 rue de la Roche
39210 Château-Chalon
03 84 44 20 50

La Tour Charlemagne
6 Rue de la Fontenette
39210 Château-Chalon
03 84 47 21 98

Étape 5.- Retour au cœur du Comté

L’objectif de cette dernière journée est de rejoindre Poligny, rien de moins que la capitale du Comté ! Les randonneurs les plus aguerris partiront à la fraîche pour parcourir les 21,5 kilomètres (assortis de 576 m de dénivelé positif et 723 mètres de dénivelé négatif) le matin et visiter Poligny l’après-midi, tandis que les autres consacreront deux journées distinctes à cet alléchant programme.

En quittant La Tour Charlemagne, nous nous éloignons du village en empruntant un sentier sur la gauche, puis le GR 59, qui suit l’ancienne voie romaine en direction de Menétru-le-Vignoble. Ce parcours effectue en fait le tour des derniers reliefs de la reculée et nous dévoile un nouveau point de vue sur Château-Chalon, au milieu de la forêt. Nous poursuivons alors en direction de Frontenay et à l’orée du bois, nous découvrons la croix de Beaumont et son belvédère donnant sur Menétru.

Nous descendons ensuite progressivement dans le bois et effectuons un petit détour pour admirer le château de Frontenay. Possédant des salles voûtées du XIIe siècle, il nous laisse également admirer ses façades XVIIIe édifiées par les descendants de Gauthier de Fallerans, écuyer des seigneurs de Chalons-Arlay qui lui confièrent le château en 1446.

Après cette petite leçon d’histoire, nous poursuivons en direction de Passenans, entre les vignes et les prés habités par les Montbéliardes. Puis, nous marchons vers Miéry, avant de remonter sur les hauteurs du plateau, à l’issue d’une ascension de 130 mètres de dénivelé. Arrivés au village de Plasne, il ne nous reste plus qu’à redescendre vers Poligny sur la gauche. Les 150 mètres de dénivelé s’effectuent d’abord sur la D68, puis la D256 et enfin, sur un chemin qui nous mène vers la ville. Nous arrivons par l’avenue Foch, que nous traversons pour rejoindre la place centrale et tourner sur la gauche, afin de visiter un haut-lieu du Comté…

La Maison du Comté

À Poligny, la Maison du Comté est le lieu incontournable pour devenir incollable sur le Comté. Située au rez-de-chaussée des bureaux du CIGC (Comité Interprofessionnel de Gestion du Comté), elle propose des visites dans un espace muséographique dédié à la fabrication et à la vie du fromage.

Nous entamons la visite avec Myrtille, notre guide, qui nous explique que Poligny n’est pas n’importe quelle ville, car « elle accueille cinq caves d’affinage contenant 350 000 meules, l’ENIL (école nationale de formation au métier de fromager) et le CIGC ». Myrtille nous propose ensuite de visionner un film de 20 minutes présentant la fabrication du Comté, du pré à l’assiette. Après ces éclairages, la visite se poursuit dans les différents espaces du musée qui donnent à voir la prairie, la fruitière et même la cave d’affinage où notre guide invite les plus forts à soupeser une réplique de Comté et ses 40 kilos !

Puis vient l’étape finale de la visite : la dégustation. Myrtille commence par nous présenter la roue des arômes : « Entièrement naturel, sans colorant ni additif, le Comté contient plusieurs arômes, classés en six grandes familles : lactiques, fruités, torréfiés, végétaux, animaux et épicés. Mais pour parvenir à les identifier, il faut d’abord exercer son odorat ». Notre guide commence donc par nous faire reconnaître plusieurs arômes à l’aveugle, avant de passer aux choses sérieuses : « Pour déguster, observez d’abord l’épaisseur de la croûte et la couleur de la pâte, qui donnent un indice sur l’âge et la saison de production du fromage. Puis, cassez le morceau de fromage sous votre nez afin d’apprécier les arômes, puis seulement, mettez-le en bouche ». Lait, beurre, noix, épices… chacun y va de son commentaire et de son analyse, avant de se rapprocher de la réponse. Un moment convivial qui permet de mieux apprécier toutes les subtilités du Comté !

Découverte de Poligny

Après une dégustation de Comté, plus rien ne nous arrête : infatigables marcheurs, nous entreprenons de découvrir la ville en suivant le parcours de la Tour. Identifiée par un marquage au sol, la boucle du centre-ville permet de découvrir le riche patrimoine architectural de Poligny. Longue de 1650 mètres, elle comporte huit stations qui invitent à voyager dans l’histoire de la cité, entre l’église des Jacobins du XIIIe siècle et son style gothique rayonnant, l’hôtel de ville du XVIIe siècle, ou encore la belle collégiale Saint-Hippolyte du XVe siècle, qui donne sa silhouette si singulière à la ville, comme nous avons pu le constater dans les derniers kilomètres de la randonnée. Enfin, n’oublions pas l’ancienne Tour de la Sergenterie, qui défendait Poligny au Moyen Âge !

Infos pratiques

La Maison du Comté
Avenue de la Résistance
39800 Poligny

03 84 37 78 40
maisonducomte(at)comte.com
www.maison-du-comte.com

• Visites guidées d'1h15 environ, suivies d'une dégustation commentée de 2 Comté différents.
• Ateliers pédagogiques pour enfants chaque mercredi des vacances scolaires, sur réservation.
• Animations sensorielles très originales proposées toute l'année par la dynamique équipe !

Halte gourmande à la fruitière de Poligny-Tourmont

Restez à Poligny pour visiter l’unique fruitière du village – à part celle des étudiants de l’ENILBIO. Implantée depuis le mois de mai 2014 en périphérie de la ville, elle succède à la très ancienne fromagerie de Tourmont, à deux kilomètres de là.

Facile d’accès et entièrement modernisée, la fruitière de Poligny-Tourmont possède un très beau magasin de 80 m², adossé à des installations flambant neuves et dédiées à la fabrication du Comté. Depuis le magasin, il est d’ailleurs possible d’apercevoir l’atelier de fabrication et la cave de garde de la fruitière, destinée à l’affinage final des Comtés vendus sur place. Et il faut dire qu’avec huit sociétaires et 3 millions de litres de lait produits par an, l’activité que l’on devine à travers les vitres ne manque pas. De plus, tous les Comtés produits ne sont pas affinés sur place et la fruitière les confie à la maison Arnaud-JuraFlore, que vous aurez peut-être aperçue à Poligny.

Après avoir admiré ces installations, régalez-vous des trois Comtés d’affinages différents proposés par le magasin, mais aussi de ses nombreux produits francs-comtois du terroir joliment mis en valeur : fromages, vins du Jura, charcuterie de Poligny, jambon des salaisons Thaurin, bières du Jura, confitures artisanales, miels du Jura…

Infos pratiques

Fruitière de Poligny-Tourmont
Rue de l’Orain – ZA Grimont Sud
39800 Poligny

• 03 84 37 20 94
• Ouvert tous les jours
• Vente par correspondance possible

Terroir et patrimoine à Château-Chalon

Cultivé depuis l’époque gallo-romaine, le vignoble de Château-Chalon a été développé par les sœurs bénédictines puis les chanoinesses de la puissante abbaye de la cité. Il est aujourd’hui au cœur de la Maison de la Haute Seille, qui invite à découvrir la richesse du patrimoine de Château-Chalon, en lien avec l’École d’Autrefois, une autre manière de plonger dans le passé du village.

La Maison de la Haute Seille

Située dans l’ancienne hostellerie des abbesses de Château-Chalon, la Maison de la Haute Seille est consacrée au terroir castel-chalonnais. Grâce à une association touristique et culturelle, ce lieu a vu le jour pour mettre en valeur le patrimoine viticole et la typicité des sols et des pratiques de la région. C’est pourquoi le musée évoque aussi l’histoire, la géographie et les activités traditionnelles des reculées et du village, avant de consacrer tout un étage au travail de la vigne.

En descendant dans la belle cave voutée de la Maison de la Haute Seille, vous serez invité à visionner un film sur « Le mystère du Vin Jaune », avant d’en apprendre plus sur l’« or jaune » grâce à des tonneaux interactifs. Et les explications sur les cépages, la fabrication des tonneaux, le vin de paille et les AOC ne manquent pas. Marqué par la culture de la vigne, Château-Chalon est aujourd’hui encore au cœur des 50 hectares de l’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) de Château-Chalon, qui englobe aussi les communes de Menétru-le-Vignoble, Domblans et Nevy-sur-Seille.

Pour conclure cette visite, n’hésitez pas à découvrir les terrasses qui offrent une vue imprenable sur la vallée, tout en dégustant un verre de Vin de Paille, de Vin Jaune ou de Macvin.

L’École d’Autrefois

Enfilez votre blouse, mettez-vous en rang et écoutez sagement la maîtresse ! À l’École d’Autrefois, le temps s’est arrêté quelque part entre les deux dernières guerres et nous redevenons des écoliers, assis derrière leurs pupitres et tâchant de résoudre un problème de calcul ou de situer une sous-préfecture sur l’une des cartes murales. Plumiers, cahiers, manuels, tableau, mobilier, balance de Roberval… tout y est !

Depuis 2002, l’ancienne École des garçons de Château-Chalon, fermée en 1998, est ouverte à la visite. Ce musée très vivant rappellera sans doute aux plus anciens un temps révolu où les parfums du poêle et de la craie flottaient dans l’air tandis que les écoliers s’escrimaient à écrire des pages entières à la plume.

Infos pratiques

Maison de la Haute Seille
39210 Château-Chalon
03 84 24 76 05


École d’Autrefois
39210 Château-Chalon
03 84 44 62 47